Thème de l’Émission de la semaine *RDNP 295 News
Orlando le 18 septembre, 2016
Actualités Politiques : Grandes Lignes
Cette saisie d’armes, venant des Etats-Unis, découverte à la douane de Saint Marcle jeudi 8 septembre 2016, en pleine campagne électorale, revêt une signification particulière. Elle met en évidence que le leadership sauvage dominant la scène politique depuis 60 ans, étroitement lié aux puissances hégémoniques occidentales et à l’oligarchie, soit disponible et disposé à s’engager dans la violence, pour que les prochaines joutes ne servent, per fas et nefas, qu’à maintenir le statu quo. Il est clair que son intention soit d’imposer la gestion de la continuité que par la voie des armes. Le commissaire du gouvernement de Saint-Marc, maître Franck Jean, en apportant des précisions sur la quantité d’armes et de munitions et leurs calibres. Il a confirmé que ces matériels ont été achetés et expédiés en Haiti par un certain Charles Durand qui aurait sa résidence à Port-au-Prince.
Si les numéros de série de ces armes, n’ont pas été au préalable effacés ou falsifiés. Remonter à la source d’où ces armes et munitions ont été achetées, peut se faire sans aucune difficulté. Puisque ces armes et munitions saisies à la douane de Saint Marc, ont été expédiées à partir de Miami. L’ambassade des Etats-Unis en plus de l’expression de satisfaction qu’elle a manifestée à l’endroit de la PNH. Elle pourrait aisément offrir ses services pour faciliter la remonte vers la ou les sources aux Etats-Unis où ces armes et munitions ont été achetées et expédiées vers Haïti.
Vu la quantité d’armes et de munitions qui a été saisie. Il est clair que n’importe quel individu, nègre de surcroît, qui placerait une commende aussi substantielle d’armes à feu et de munitions, d’un seul tenant, à Miami ou à n’importe quelle autre ville des Etats-Unis dans un magasin de vente d’armes, provoquerait immédiatement la suspicion du vendeur qui sur le champ alerterait les autorités. A moins que ces armes et ces munitions, aient été achetées à des endroits différents par des personnes différentes, pour ne pas provoquer de suspicion. Ou qu’entre le vendeur et l’acheteur, il y a eu antérieurement, tant de transaction d’armes, que cette dernière commende, aussi volumineuse qu’elle puisse être, n’aurait pas été une exception. Vu la quantité de munitions et des armes toutes neuves, elles ne peuvent pas être achetées, qu’à des magasins spécialisés dans la vente d’armes, mais pas à des « Pawnshops », ni à des « Gun Shows ». Remonter à la source, pourvu que l’on soit vraiment intéressé, ne présente aucun inconvénient.
Face à cette saisie substantielle d’armes à feu, en pleine campagne électorale, la première question qui vient immédiatement à l’esprit. Combien d’autres cargaisons substantielles d’armes, ont pu passer inaperçues à Saint Marc et à d’autres ports du pays qui sont aujourd’hui entre les mains de ceux qui veulent imposer leur volontés politiques par la force. Ou qui simplement veulent empêcher au peuple haïtien d’exprimer les siennes ? Importer l’instrument de la terreur et de la domination, au moment où le peuple est convoqué en ses comices, pour exprimer librement ses volontés politiques par le suffrage universel, est très significatif. Cette action met en exergue le fait que ce leadership sauvage qui a confisqué le pouvoir politique pendant ces 60 dernières années, est en train d’avoir des doutes de ne plus pouvoir cette fois-ci, obtenir à volonté des résultats électoraux que par la fraude, pouvant garantir à ses candidats la victoire à l’urne. Comme il en a toujours eu l’habitude. Mais qu’il soit obligé cette fois-ci d’avoir recours à la violence.
Ayant constaté à partir des faits l’existence d’un nouveau comportement politique, qui témoigne d’un changement de mentalité, qui met en exergue le fait irréfutable que la majorité du peuple haïtien a déjà perdu, son hétéronomie et sa malléabilitéenvers les puissances hégémoniques, l’oligarchie et le leadership sauvage. Cette caste de sauvages, a choisi, pour s’assurer de la continuité du maintien du pouvoir, d’utiliser les moyens forts pour renforcer, comme par le passél’internalisation de la peur, via la menace traditionnelle de la paix des tombeaux. Ce leadership sauvage compte sur l’effet psychologique d’intimidation que cette saisie d’armes de guerre aura, à partir du doute qu’elle aura créé, que d’autres cargaisons d’armes, aient pu être déjà entre ses mains, pour contraindre les partis d’opposition, à ne pas vouloir prendre trop de risques, face à cette nouvelle capacité de violence que représente ces armes de guerre. Ces partis politiques seront forcés, à capituler, pour éviter le pire. C’est du moins ce que ce leadership sauvage, espère comme effet psychologique d’intimidation à partir du scandale des douanes de Saint Marc.
N’étant pas absolument certain, qu’il ait un avenir, au constat du déclin précipité de cette situation qui témoigne du fait que le système qui a justifié sa présence au pouvoir pendant ces 60 dernières années, soit en pleine décomposition, et que les institutions qu’il dirige, soient en déliquescence totale. Le leadership sauvage est contraint à l’utilisation de la force, comme dernier recours et moyen de coercition. Cette situation prenant une acuité particulière, il est prêt, avec ses associés naturels et protecteurs, à faire n’importe quoi pour maintenir le continuum, au service de leurs intérêts En maintenant l’exercice traditionnel de la prérogative du choix du prochain chef d’état.
Peut-on croire, que ces douaniers sophistiqués de Miami Florida, avec toutes leurs technologies modernes, n’auraient pas pu détecter une telle concentration d’armes de guerre amassées dans un seul camion ? Comme ils le font journellement à la frontière mexicaine pour découvrir dans les véhicules, la présence de stupéfiants qui pèsent beaucoup moins que ces armes de guerre. Ce camion est sans aucun doute accompagné de documents qui décrivent son contenu. La différence énorme du poids d’un camion rempli uniquement de pèpè, et celui reçu à Saint Marc rempli d’armes à feu de gros calibre, de milliers de cartouches et de pèpè, suffirait amplement pour provoquer de la suspicion chez ces douaniers de Miami. La vérification de son contenu dont le poids doit être évidemment beaucoup plus élevé que d’ordinaire, aurait dû être automatique, avant de le laisser sortir du port.
Cependant, il est à remarquer que la différence de l’effet politique etpsychologique de ce scandale éclatant plutôt à Saint Marc qu’à Miami, devient dans cette conjoncture électorale, incommensurablement utile ! C’est donc l’effet que l’on a constaté, certes. Mais pas avec l’intensité que l’on aurait souhaitée. Les douaniers haïtiens sont-ils plus sophistiqués que leurs confrères de Miami ? Leur a-t-on mis la puce à l’oreille, avant l’arrivée du camion ? Est-ce par intuition ou par accident qu’ils ont fait cette découverte ? En outre, connaissant le niveau de corruption qui existe dans cette société et particulièrement dans toutes les douanes du pays. Pourquoi Charles Durand le propriétaire du camion n’a pas pu réussir à les soudoyer ? D’où est venue, ce jour là, cette honnêteté exceptionnelle ? Qu’est-ce qui les a motivé à manifester avec une telle insistance ce respect impeccable de la déontologie du métier de douanier ? Hic est quaestio.
Il est clair pour les puissances hégémoniques occidentales, l’oligarchie et le leadership sauvage que ce contexte politique ne présente plus les caractéristiques traditionnelles du « business as ussual » comme ça été le cas durant plus d’un siècle. Ce leadership sauvage qui gouverne le pays depuis ces 60 dernières années en est absolument convaincu. N’est-il pas en train de prendre ouvertement des dispositions pour gérer le maintien du statu quo dans le continuum ? Cependant, préoccupés plutôt que par la compétition électorale, les partis et instruments politiques d’opposition d’une part, et les directeurs d’opinion ayant accès aux média avec l’influence nécessaire, d’autre part, ne s’engagent pas assez dans une campagne soutenue et intense pour la massification de la participation aux prochaines élections.
Ce qui s’est passé à Saint Marc le jeudi 8 septembre 2016, est une interpellation. On est précisément à ce moment crucial où la rupture avec ce système en pleine décomposition et ses institutions en pleine déliquescence, est sur le point de se matérialiser. Où la récupération de la souveraineté est en voie d’accomplissement. Où l’exercice du droit à l’autodétermination, devient un impératif incontournable. Où enfin le respect de l’expression de la volonté générale, est devenu une exigence. Pour que l’on atteigne ses sommets aux prochaines joutes. Il faut que l’expression de cette volonté générale, soit massifiée au point où, l’argumentum ad populum, devient prépondérant et irréversible, face aux manœuvres rétrogrades de ce leadership sauvage et de ses associés, qui ont confisqué le pouvoir depuis60 ans. Il est temps que l’on brise enfin le carcan que ce leadership sauvageimpose, pour s’émanciper finalement de cet état de servage ! Voilà les vraies exigences du moment !
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