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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haïti, un portrait peu ragoûtant des "expatriés"( terme exclusivement réservé aux aventuriers et immigrés Blancs venus se faire du fric au paradis des pauvres))

Publié par Anne-Sophie Faivre Le Cadre sur 20 Novembre 2016, 13:20pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #INTERNATIONAL, #AYITI ROSE RAKET

Sur les quelque 28 700 km² de cette partie d’île (le reste étant occupé par la République dominicaine), 5 000 hommes sont déployés par la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), 15 000 autres par les Etats-Unis, 1 600 par la France et un nombre inquantifiable de missionnaires (ils ont même une compagnie aérienne, la MAF - Missionary Flights International) sont présents. La présence étrangère, très corrélée à l’actu climatique, est estimée entre 25 000 et 50 000 personnes.

Avant les élections présidentielle et législatives de dimanche, l’île antillaise est plongée dans un climat de tensions. Les employés étrangers de l’ONU ou d’ONG vivent entre confort matériel et inquiétude sur leur sécurité.

Alors que les rues de Port-au-Prince se couvrent d’affiches électorales, la situation sécuritaire se tend et inquiète la communauté des expatriés. La fréquence des vols, agressions, meurtres et enlèvements - une Française a été retenue une semaine en otage l’an passé - s’est intensifiée à mesure qu’approche l’échéance électorale. Mais dans ce pays où 78 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté absolue, où cinq familles haïtiennes détiennent le quasi-monopole des richesses et où le budget de l’Etat pour l’exercice fiscal 2015-2016 ne s’élève qu’à 122,6 milliards de gourdes (1,8 milliard d’euros), la communauté des expatriés, qui ont afflué depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, fait figure d’étrangeté.

Fonctionnaire de l’ONU toujours entre deux avions, Charles ne fait que peu de cas des troubles à venir. «Ici, je suis heureux. J’ai une belle maison, de bons amis - dont quelques Haïtiens -, une belle vie.» Mais le trentenaire ne pense pas faire carrière ici, la faute à des «contraintes de sécurité» et à des «raisons éthiques». «Avec mon simple salaire, je coûte des centaines de milliers de dollars à l’ONU par an, lâche-t-il. Il m’est arrivé de voir des programmes à 4 millions d’euros échouer pour un rendez-vous qui se passe mal avec un édile ou un représentant du pouvoir local. Parfois, ça me rend malade.» Sur les quelque 28 700 km² de cette partie d’île (le reste étant occupé par la République dominicaine), 5 000 hommes sont déployés par la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), 15 000 autres par les Etats-Unis, 1 600 par la France et un nombre inquantifiable de missionnaires (ils ont même une compagnie aérienne, la MAF - Missionary Flights International) sont présents. La présence étrangère, très corrélée à l’actu climatique, est estimée entre 25 000 et 50 000 personnes.

Le clan des expatriés se retrouve tous les vendredis soirs à l’Asu Rooftop Lounge, où une faune d’humanitaires, journalistes et riches Haïtiens s’enivrent de mauvais cocktails à 10 dollars en se déhanchant sur du reggaeton. «Regarde tous ces Blancs : ici, c’est le club des friqués, s’amuse Mayena, jeune haïtienne sirotant une bière locale. 5 % des gens les plus riches qui dansent au milieu de quartiers où la plupart des habitants n’ont même pas accès à l’eau courante

Carabine

Les contraintes de sécurité réduisent les loisirs des expatriés à peau de chagrin : de barbecue en bars, ce petit monde se croise et se recroise sous le regard des gardes qui, à quelques mètres des festivités, surveillent leurs clients carabine à la main. «Port-au-Prince, c’est le nouveau Kaboul : une peur de tous les instants, des fêtes inoubliables où tout le monde se lâche comme jamais. L’enjeu n’est pas de s’amuser, mais plutôt de survivre», dit Manu, expatrié de moins de 30 ans.

La situation sécuritaire et financière des expatriés varie selon leur statut : du fonctionnaire de l’ONU rémunéré 15 000 euros par mois au coopérant humanitaire payé à la hauteur du Smic, tous ne portent pas le même regard désabusé sur le pays et ses habitants. «Il y a deux catégories : ceux qui se donnent la peine d’y vivre, et ceux qui préfèrent le confort de l’entre-soi. Ceux-là perdent beaucoup : on a tant à leur apporter», sourit David, Haïtien marié à une Française.

Le clan des expatriés se retrouve tous les vendredis soirs à l’Asu Rooftop Lounge, où une faune d’humanitaires, journalistes et riches Haïtiens s’enivrent de mauvais cocktails à 10 dollars en se déhanchant sur du reggaeton. «Regarde tous ces Blancs : ici, c’est le club des friqués, s’amuse Mayena, jeune haïtienne sirotant une bière locale. 5 % des gens les plus riches qui dansent au milieu de quartiers où la plupart des habitants n’ont même pas accès à l’eau courante. Bienvenue en Haïti.» Vautré près du comptoir, François fixe machinalement les Haïtiennes qui dansent. Il égrène les interdictions qui réduisent sa vie à un triste chassé-croisé entre domicile et bureau. «Pas le droit de marcher dans la rue, pas le droit d’aller dans certains quartiers, couvre-feu, interdiction d’emmener sa famille, obligation d’être accompagné d’un chauffeur, voire de gardes armés.»

Dans son grand appartement sur les hauteurs de Pétionville, municipalité collée à Port-au-Prince et où vivent la plupart des étrangers, Thibault mange des céréales à 11 dollars le paquet avant de fumer cigarette sur cigarette. «Au fond, on ne sait rien du pays, déplore-t-il. On le voit derrière les vitres de nos voitures blindées. On traverse des zones entières sans eau courante, sans électricité, où les gens vivent avec moins d’un dollar par jour. Pour le montrer à nos proches, on prend des photos depuis nos 4 × 4, comme si on était dans un zoo.»«

Dans son grand appartement sur les hauteurs de Pétionville, municipalité collée à Port-au-Prince et où vivent la plupart des étrangers, Thibault mange des céréales à 11 dollars le paquet avant de fumer cigarette sur cigarette. «Au fond, on ne sait rien du pays, déplore-t-il. On le voit derrière les vitres de nos voitures blindées. On traverse des zones entières sans eau courante, sans électricité, où les gens vivent avec moins d’un dollar par jour. Pour le montrer à nos proches, on prend des photos depuis nos 4 × 4, comme si on était dans un zoo.»«

Le clan des expatriés se retrouve tous les vendredis soirs à l’Asu Rooftop Lounge, où une faune d’humanitaires, journalistes et riches Haïtiens s’enivrent de mauvais cocktails à 10 dollars en se déhanchant sur du reggaeton. «Regarde tous ces Blancs : ici, c’est le club des friqués, s’amuse Mayena, jeune haïtienne sirotant une bière locale. 5 % des gens les plus riches qui dansent au milieu de quartiers où la plupart des habitants n’ont même pas accès à l’eau courante. Bienvenue en Haïti.» Vautré près du comptoir, François fixe machinalement les Haïtiennes qui dansent. Il égrène les interdictions qui réduisent sa vie à un triste chassé-croisé entre domicile et bureau. «Pas le droit de marcher dans la rue, pas le droit d’aller dans certains quartiers, couvre-feu, interdiction d’emmener sa famille, obligation d’être accompagné d’un chauffeur, voire de gardes armés.»

Dans son grand appartement sur les hauteurs de Pétionville, municipalité collée à Port-au-Prince et où vivent la plupart des étrangers, Thibault mange des céréales à 11 dollars le paquet avant de fumer cigarette sur cigarette. «Au fond, on ne sait rien du pays, déplore-t-il. On le voit derrière les vitres de nos voitures blindées. On traverse des zones entières sans eau courante, sans électricité, où les gens vivent avec moins d’un dollar par jour. Pour le montrer à nos proches, on prend des photos depuis nos 4 × 4, comme si on était dans un zoo.»«

«En France, je ne suis rien. A Haïti, j’ai une grande maison, un chauffeur, une femme de ménage - heureusement, je n’ai jamais aimé faire la vaisselle. Mais ici, je bois seul, en journée. Ça ne me serait jamais arrivé en France. On boit parce que c’est la seule chose qui nous reste à faire. On grossit, parce qu’on n’a même pas le droit de marcher. On s’aigrit, parce que c’est une vie de chiens.»

Sauveurs de l’humanité»

Thibault vient de reconduire son contrat pour des raisons financières. «En France, je ne suis rien. A Haïti, j’ai une grande maison, un chauffeur, une femme de ménage - heureusement, je n’ai jamais aimé faire la vaisselle. Mais ici, je bois seul, en journée. Ça ne me serait jamais arrivé en France. On boit parce que c’est la seule chose qui nous reste à faire. On grossit, parce qu’on n’a même pas le droit de marcher. On s’aigrit, parce que c’est une vie de chiens.» Une dernière cigarette, et Thibault s’en va vers un énième barbecue. «J’espère qu’il y aura beaucoup d’alcool. J’en ai bien besoin.»

La communauté des expatriés est souvent vue d’un mauvais œil par les Haïtiens. Stevenson, natif de Port-au-Prince, n’a pas de mots assez durs pour décrire les expatriés qu’il voit défiler du haut de 4 × 4 blancs. «Ils se posent en sauveurs de l’humanité avec leurs sacs de riz, mais la plupart ne nous regardent même pas.»

Le regard de Stevenson s’assombrit à mesure qu’il évoque l’accident mortel dont a été victime un enfant de son voisinage. «Il a été fauché par un Européen au volant d’une grosse voiture. Le mec a fui, s’est réfugié dans son ambassade et n’a jamais été poursuivi.» Pour toute compensation, son ambassade aurait gratifié sa famille de quelques liasses de billets : «600 dollars. Voilà ce que ça vaut, la vie d’un Haïtien.» Difficile de vérifier ces dires, mais toutes les personnes travaillant pour des ambassades rencontrées par Libération confirment le fait que leur employeur les incite à commettre un délit de fuite et à se rendre directement à l’ambassade en cas d’accident de la route impliquant des «dommages humains».

Anne-Sophie Faivre Le Cadre envoyée spéciale à Haïti - source Liberation

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S
Toujours les mèmes articles d'Occidentaux qui dénoncent une situation, celle d'Haïti, mais oublient d'incriminer la politique de leurs propres gouvernements....<br /> Un article du journal Le Monde il y a quelques années était dans la mème veine, le bourgeois d'Haïti était accusé d'aller au supermarché, au restaurant, de rouler en voiture, de voyager...<br /> C'est plus facile que de dénoncer les vrais raisons, en fait de géopolitique, de leurs gouvernements.<br /> Haïti n'aurait pas le droit de diversifier sa coopération notamment en direction des pays en émergence. Ici pas question de reconnaitre la Chine Populaire ni d'adhérer à l'ALBA sans subir les foudres du grand frère qui va jusqu'à reprocher à Préval d'avoir d'adhérer au programme PetroCaribe et à Martelly d'avoir accueilli le sommet fondateur de la Zone Economique PetroCaribe.<br /> Toute tentative d'un rapprochement avec la Chine se voit entravée par le Département d'Etat avec, on s'en doute, les pressions et menaces d'usage....<br /> Le président Chavez avait refusé la demande d'adhésion d'Haïti à l'ALBA au président Martelly afin d'éviter au pays des représailles de la part de l'impérialisme.<br /> Haiti est exactement le paradis néo-libéral tel qu'apprécié par l'Occident dans le tiers-monde : république bananière, république des ONG, république des sectes, le pays renonce à sa production nationale de riz afin de ne pas concurrencer celle à l'exportation des USA.<br /> Le paradis néo-libéral je vous dis....<br /> Quant au journal Le Monde, il continue à affirmer que les aides d'urgence suite aux catastrophes naturelles sont dues au fait que l'international laisse les Haïtiens gérer la distribution des fonds, en prenant comme exemple le fiasco de l'après séisme !!! <br /> Le journal ne sait pas (ou fait semblant) qu'aucun fond n'a été versé à des entités haïtiennes mais ont été gérées par des organisations étrangères sur place.<br /> Mais entre l'impact d'un article du Monde et la parole de l'Haitien qui aura le dernier mot ?
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