La démonstration est magistrale. En menant son enquête, Barbet Schroeder s’interroge. « Les principes du bouddhisme doivent nous permettre de limiter les mécaniques du mal, dit un moine qui s’oppose à Wirathu. Dès lors qu’il y a violence, le bouddhisme est détruit. » Non seulement le bouddhisme n’a rien empêché ici, mais il est même devenu le cheval de Troie de l’horreur. Cette désolation pousse le réalisateur vers une méditation plus universelle – et très actuelle – sur le venin de la parole haineuse… qui pourra faire réfléchir jusqu’en France. C’est l’un des constats de la récente campagne présidentielle : la violence du discours peut détruire la démocratie et la paix. Pour Barbet Schroeder, chaque mot compte : les paroles détestables, que l’on tolère parce qu’elles paraissent ordinaires, font germer celles qui s’avèrent totalement insupportables. Et il est très vite trop tard.
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Cannes 2017 - "Le Vénérable W." de Barbet Schroeder, chronique édifiante du discours de la haine
Dans un documentaire exemplaire car méthodique, présenté en séance spéciale à Cannes, le Suisse Barbet Schroeder part à la rencontre de Wirathu. Ce moine birman qui, par ses sermons extrémi...
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