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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Comment un village ougandais tente d’empêcher les pétroliers de saisir ses terres -

Publié par Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Kampala) sur 11 Septembre 2017, 09:37am

Catégories : #INTERNATIONAL

Beaucoup de points communs avec ce qui se passe en Haïti.

Une des différences est,  qu'en Haïti, le régime woz rakèt a trouvé une formule à la fois pour faire de l'argent avec l'émission de passeports et les transferts d'argent des nouveaux immigrés  du Chili, encourager les jeunes à partir pour se débarrasser d'une jeunesse qui, comme partout dans le monde, peut constituer un obstacle  aux menées du pouvoir. Et s'accaparer à bas prix des terres de ceux qui les vendent pour partir.


Des terres rachetées à prix d’or

Mais, pour réaliser ces projets, il faut des terres, beaucoup de terres. Or l’Ouganda est un pays densément peuplé, où la démographie galopante est déjà la cause d’une importante pression foncière. Et beaucoup de personnes tentent ainsi de s’arroger des droits sur les parcelles convoitées par les compagnies, pour se les faire racheter ensuite à prix d’or par l’Etat, seul à même de les acquérir pour les compagnies. C’est ce qu’explique Richard Orebi, coordinateur de Global Rights Alert, une ONG qui tente d’aider les villageois à obtenir les compensations légales. « Vous avez des terres qui n’appartiennent à personne depuis un siècle, et, d’un seul coup, quelqu’un affirme qu’il détient un certificat de propriété », s’insurge-t-il.


A Rwamutunga, les terres prévues pour héberger un centre de traitement des déchets pétroliers ont ainsi été accaparées par un gros propriétaire local, Joshua Tibagwa. Profitant des faiblesses du système d’enregistrement des terres, il s’est déclaré propriétaire de toute la zone et fait ordonner l’expulsion du village. « C’était en août 2014, explique George. La police et les militaires sont venus au petit matin, et nous ont tous forcés à quitter nos maisons, se souvient-il. Ceux qui se sont opposés ont été battus. Les maisons ont été brûlées, saccagées. »

Mais la brutalité de l’intervention n’entame pas la solidarité des villageois. Aidés par des autorités locales et des ONG, ils avertissent les médias nationaux et se font assister par des avocats qui défendent leur cause devant la cour de Masindi, capitale du district du même nom. « Nous avons également reçu le soutien du député Daniel Muheirwe Mpamizo, qui a plaidé notre cause devant le Parlement », poursuit George. L’affaire est devenue nationale, et éminemment politique, dans un pays où la population est à 80 % rurale.

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