M. F. Exantus, on peut supposer qu'en tant que journaliste vous suivez les informations mondiales.
M. Exantus, vous aurez pu observer que même dans les pays "civiliZés", des casseurs sont présents dans les manifestations.
Vous avez peut-être constaté que dans ces pays, les actions des casseurs n'ont jamais été qualifiées de "journée de terreur". De même que dans aucun pays du monde l'acte de lancer des pierres contre un cortège présidentiel - à l'Arcahaie- n'aurait pu être assimilé à un "acte terroriste".
Journée de terreur sans morts ? Acte de terrorisme de l'Arcahaie sans tirs, sans victimes et sans coupables ?
Manifestement, vous ne semblez pas savoir le drame que recouvre ce mot de "terrorisme" qui ne se caractérise pas par des pertes de matériel. Mais par des vies humaines sacrifiées.
Regardez ce qu'a été une journée de terreur en Norvège : 76 morts, tous des jeunes gens et jeunes filles innocents. Observez les réactions des autorités de ce pays.
Vous insistez dans chacune de vos émissions sur cette " journée de terreur", reprenant, en faisant l'économie de questionner sa justesse, la formulation utilisée par le gouvernement, sans même essayer de la comprendre - allez voir de l'analyser.
Considérez, M. F. Exantus, comment, loin de "capitaliser" sur ce drame, comme vous dites en Haïti - ce qui en dit long sur l'exploitation des événements et des hommes dans ce pays - le gouvernement norvégien a pris soin de ne pas semer la panique dans la population, ni de propager la haine et le désir de vengeance.
Vous devriez savoir également, de par votre profession, qu'un acte terroriste est généralement revendiqué. Ainsi pour le tueur d'Oslo, voici quelles étaient ces motivations :
"La vision idéologique de Breivik, qui disait avoir « agi au nom de la légitime défense, pour empêcher l'islamisation de [son] pays »,
M. F. Exantus, en mettant en avant en toutes circonstances les slogans " kite peyi a mache", "kite prezidan an travay", vous faîtes passer systématiquement ceux qui s'opposent à la politique du régime tèt kale, comme des démons dont le seul objectif est de "brize kraze".
Vous vous placez, M.F. Exantus dans les pas des esclavagistes qui dénonçaient les esclaves insoumis, comme des rebelles menés par des individus irresponsables dont l'unique projet n'était pas de libérer les esclaves, mais de déstabiliser l'ordre colonial.
Il me semble que vous ne mesurez pas le ridicule de telles allégations au niveau international. Ce qui, à l'inverse de rehausser l'image d'Haïti que vous prétendez défendre, l'abaisse et la renvoie à cette république de comédiens narrée par Graham Green.
Car, dans tous les pays du monde les populations ont dû lutter pour leurs droits. Et partout les tenants du statu quo et leurs porte-parole, les journalistes chiens de garde, et autres à la Zenny, désignent des boucs émissaires "forces obscures", "kakorat", chimères", kamoken", "anakopopilist" selon les périodes.
Car, dans toutes les démocraties dans lesquelles la justice fonctionne, les journalistes qu'ils soient de sensibilité de droite ou de gauche - en excluant les propagandistes, dont j'ose penser que vous ne faîtes pas partie - tâchent de ne pas stigmatiser les mouvements de contestation populaire en assimilant des casseurs - parfois diligentés par le pouvoir - comme représentatifs de ces mouvements qui s'opposent au régime en place.
Et, M.F. Exantus, ce n'est pas avec des "kite peyi a mache". Marcher c'est bien. Mais encore faut-il savoir dans quelle direction on va. Parce que votre "kite peyi a mache" peut directement conduire à la chute dans une ravine. Je suis originaire de la Grand'Anse et ils sont nombreux les véhicules qui "marchaient" en direction de Jérémie et ont fini dans un gouffre avec tous leurs passagers.
M. F. Exantus, personne n'attend de vous que vous abandonniez votre idéologie, on peut accepter - même si très difficilement- que vous puissiez, vous, un homme jeune, assimiler la dignité du peyi d'Ayiti, à un groupe de militaires défilant au pas devant le Palais national et non pas à un budget qui financerait la santé, l'environnement plutôt que les gens du Palais et ceux du Parlement.
Par contre, le minimum qu'on puisse attendre de vous, c'est que vous évitiez de mépriser les revendications populaires - allant dans votre aveugle parti-pris jusqu'à considérer les manifestants comme des imbéciles, allant jusqu'à laisser entendre que les critiques des économistes sur la loi des finances seraient grandement mensongères.
M.F. Exantus, vous voulez convaincre vos auditeurs qu'il leur faut donner un blanc seing à un homme qui a choisi comme Premier ministre, son médecin personnel, qui pendant 5 ans s'était gardé de payer ses impôts, qui nomme à un poste officiel une personne, Mme Mengual, contre laquelle a été décerné un mandat d'arrêt, qui choisit comme conseillers économiques un homme, Laleau, indexé dans le pillage des fonds PetroCaribe, un autre, Acra, impliqué dans une affaire de trafic de drogue.
Vous voulez persuader la population haïtienne qu'elle doit donner sa chance à un président dont l'itinéraire de vie n'a strictement rien de remarquable, dont l'entourage n'a rien de sain.
Président qui, même si mal élu, aurait pu gagner la confiance de la population en ne se positionnant pas en mode arrogance, affrontements, provocation et mensonges.
M. F. Exantus, les Haïtiens sont fatigués, déprimés, désespérés. Ils se sont engagés après 1986 dans la lutte pour un Etat de droit. Et ce sont des gens de votre secteur professionnel, les journalistes, qui, à force de jouer aux chiens de garde du statu quo, les ont poussés à abandonner ce combat et à s'exiler.
Vous mêmes, et ceux qui partagent votre idéologie, n'ont pas cessé de les harceler, de les opprimer, de déstabiliser le pays par coups d'état, massacres, et à coup de media-mensonges.
Le peuple haïtien a eu droit à 1991, à 2004, au tremblement de terre, au choléra/Minustha, à l'autre séisme Martelly, à Matthew, puis maintenant à l'inculpé fait-président et ses ridicules :" nou ban m pouvoi".
Et voici, que vous, de même que ceux de votre camp veulent absolument que cette population se soumette encore et toujours, yeux bandés, à ces simagrées, à cette nouvelle agression de ce secteur réactionnaire, apatride, anti-peuple, qu'elle ferme sa gueule - "fèmen djòl ou, pa mele nan zafè ki pa gade w", comme ça se disait à l'époque des 2 Duvalier, dont vous semblez être nostalgique.
Ne pensez-vous pas, M. Franz Exantus, qu'il est temps de laisser la population haïtienne, respirer, vivre, rêver et construire son quotidien ?
Que votre rôle en tant que journaliste, qui se vêt du costume de l'honorabilité, serait tout d'abord de laisser tomber votre goût pour le gwo ponyèt et d'encourager le bien commun, la responsabilité collective plutôt que d'enjoindre les citoyens à se remettre au diktat d'un quidam, venu d'on ne sait où et qui se présente comme le messie, l'envoyé de dieu, le papa, le sauveur.
M. F. Exantus, il est venu le temps où chaque citoyen doit avoir le courage de se regarder en face, de se garder de porter des accusations gratuites, de fausses informations, des interprétations biaisées et surtout... de se faire valoir en dénigrant les autres. D'enlever les linges qui recouvrent les miroirs dans leur maison.
Je voudrais vous rappeler que bien plus terroristes sont :
- le pillage des fonds Petrocaribe
- les mots sales de Martelly, ces insultes crapuleuses contre une femme et journaliste,
- ceux du maire de cette ville qui souhaiterait manje un journaliste,
- l'ex-sénateur "je suis Blanc tu es Noir, tu me dois le respect" qui appelle à fusiller 5 familles,
- l'assassinat par le cortège du Premier ministre- qui ne s'est pas arrêté- d'un jeune homme,
- l'assassinat d'une petite-fille de six ans par le cortège présidentiel-qui ne s'est pas arrêté
- l'assassinat d'un bouquiniste et d'une femme marchande par le maire de Pétion-Ville
- le false-flag de "l'attentat terroriste" de l'Arcahaie
- l'augmentation du budget de la sécurité de l'inculpé fait-président,
- l'opacité totale/capitale sur les fonds, le fonctionnement, le plan de la caravane/carnaval
- les kits scolaires sur-facturés et comment l'affaire a été réglée par un sur- facturation de mensonges.
- ETC
M.Frantz Exantus, on peut comprendre - c'est la logique même, - qu'on ne mord pas la main qui vous nourrit - bien que selon le Christ et Aimé Césaire, l'Homme ne vit pas seulement de pain - la majorité des media appartenant à des ardents partisans du statu quo; et que même si - ce qui n'est pas le cas - vous seriez un journaliste, disons un tantinet progressiste, vos marges de manoeuvres seraient limitées- Omerta et corruption spaghetti obligent.
Cependant, ne serait-il pas possible d'exercer cette profession, sans verser dans le chien de garde, ni l'hystérie, ni encore le père la morale ?
En insistant lourdement sur l'image négative offerte par M. Cheramy qui, selon vos dires, serait pire que celle présentée jadis par l'actuel président du Sénat,- ce qui est faux comme le montre la vidéo - qui, lui, hurlait, gesticulait dans tous les sens et voulait en venir aux mains avec un de ses collègues.
Ici, je tiens un blog et ne prétend aucunement faire du journalisme. Ce qui signifie que je suis libre, dans les limites de la loi, de livrer mes opinions personnelles.
Il existe une différence entre être chroniqueur - vous pourriez avoir une chronique dans votre émission, intitulée "Pétage de plomb", dans laquelle se retrouveraient les dérapages des hommes politiques de Tous bords : aussi bien ceux de Martelly, Zenny, Latortue, Sénatus, Fortuné, que du sénateur Cheramy, Jean-Charles Moïse et d'autres opposants au régime tèt kale - lesquels, ceci dit, déraillent moins, manient moins les insultes que les partisans du régime.
Je ne sais pas, M. F. Exantus, si vous avez fait des études de journalisme ou si vous avez appris le métier sur le tas - il n'y a aucun mal à cela, l'expérience étant parfois beaucoup plus enrichissante que les études théoriques.
Mais, l'amateurisme, l'auto-dictatisme engendrent certains handicaps - comme on le voit avec l'inculpé fait-président et son mentor le "bandi legal" - c'est qu'ils méconnaissent les règles de la profession, celle de journaliste ou d'homme d'Etat. Handicaps hautement préjudiciables et à l'éducation des citoyens, et à la gestion de l'Etat.
Des vitres brisées peuvent être remplacées, des voitures cassées peuvent être réparées, même la "marchande de pistaches", des petites gens pour lesquelles vous - je veux parler des media en général et des "zotorite" - de manière opportune, vous montrez tout soudain de l'empathie - peut acheter un nouveau stock de pistaches.
Des journalistes, on n'en trouvera pas pour parler de ces histoires, ni pour s'inquiéter du sort des familles de ces victimes de l'Etat.
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