À son avis, les éléments réprobateurs de l’intelligence sont logés essentiellement dans la finance qui occupe une position stratégique et place Haïti dans un état de manque perpétuel. C’est ainsi, que répondant à sa commande, j’ai établi une sorte de synthèse du système financier et économique qui détruit Haïti bien avant la dette de l’indépendance de 1825. J’ai alors fait défiler les cœurs desséchés et leurs commanditaires organisant les emprunts auprès des commerçants étrangers et le commerce des feuilles d’appointement escomptés à 30 ou 40 pour cent auprès des commerçants étrangers[8].
Cary avait insisté pour laisser de côté le monde imaginaire et surnaturel que des bandits de grand chemin ne cessent d’agiter pour garder le côté mystérieux et flou des malheurs d’Haïti dans un monde où tout est faux. Le résultat a été l’article Anténor Firmin, économiste, gestionnaire des finances publiques que Cary a inséré en 2014 dans l’ouvrage qu’il a publié sous le titre L'actualité d'Anténor Firmin : hier, aujourd'hui et demain : actes du colloque international Anténor Firmin, tenu à l'Université Quisqueya, les 14-16 décembre 2011.
Dans un autre domaine, la politique d’épuration ethnique charriée par le président Trujillo en République Dominicaine aboutissant au massacre des milliers d’Haïtiens en 1937 a empoisonné les rapports haïtiano-dominicains depuis lors. Les jeunes Dominicains ignorent le rôle des Haïtiens dans la Restauration de leur indépendance trahie par l’un de leurs pères fondateurs le général Santana. En effet, c’est grâce à l’appui du président haïtien Fabre Geffrard en armes, en argent et en combattants haïtiens que les Dominicains ont vaincu les Espagnols et proclamé leur indépendance à nouveau en 1865.
D’ailleurs, en reconnaissance de cette contribution, la rue principale de la capitale Santo Domingo s’appelait l’Avenue Fabre Geffrard jusqu’à l’arrivée de Trujillo qui la changea d’abord en 1940 en Avenue Cordell Hull et plus tard en Avenue Abraham Lincoln.
Cette volonté d’effacer Haïti dans la conscience dominicaine sera poursuivie par le président Balaguer en dépit des combats menés par les Hugo Tolentino, Vilfredo Lozano, Max Puig, Junot Diaz et tant d’autres qui soutiennent le jus solis (droit du sol) en République Dominicaine contre le jus sanguini (droit du sang). Cette discrimination a abouti au décret 168/13 demandant l’expulsion de tous les citoyens d’origine haïtienne. Sans hésiter, Cary joint le faisceau des patriotes dominicains engagés dans le combat pour neutraliser la machine raciste dans leur pays.
/https%3A%2F%2Fwww.touthaiti.com%2Fimages%2Fcarry_hector.jpeg)
Cary Hector ou la politique du savoir (par Leslie Péan)
Cary Hector en 2013 à l'Université libre de Berlin faisant son discours de célébration du 50ème anniversaire de sa promotion Par Leslie Péan, 21 octobre 2017 --- Cary Hector est parti de l'au...
http://www.touthaiti.com/diaspora/5346-cary-hector-ou-la-politique-du-savoir-par-leslie-pean
Commenter cet article