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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


“J’ai visité Lula, le prisonnier politique le plus célèbre du monde. Un coup d’État ‘doux’ au Brésil une élection aura des conséquences globales”. Par Chomsky

Publié par Chomsky sur 24 Octobre 2018, 23:34pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA



La réaction récurrente des élites face aux menaces qui pèsent sur le cadre institutionnel de l’économie sociopolitique au Brésil trouve son pendant dans la riposte internationale contre les remises en cause, par le monde en développement, du système néocolonial hérité de siècles de destruction par l’Empire occidental. Dans les années 1950, au début de la décolonisation, le mouvement des pays non alignés a cherché à faire son entrée dans les affaires mondiales. Il a été rapidement remis à sa place par les puissances occidentales. En témoigne dramatiquement l’assassinat du leader congolais, très prometteur, Patrice Lumumba par les dirigeants historiques belges (en devançant la CIA). Ce crime et les violences qui ont suivi ont mis fin aux espoirs de ce qui devrait être l’un des pays les plus riches du monde, mais qui reste « l’horreur ! L’horreur ! » avec une forte participation des tortionnaires historiques de l’Afrique.

Néanmoins, au fur et à mesure que progressait la décolonisation, la voix agaçante des victimes historiques n’a cessé de s’élever. Dans les années 60 et 70, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, avec la participation d’économistes brésiliens, a mis en avant des plans pour un nouvel ordre économique international, dans lequel les préoccupations des « sociétés en développement » – la grande majorité de la population mondiale – seraient examinées. Cette initiative a été rapidement écrasée par la régression néolibérale.

Quelques années plus tard, au sein de l’UNESCO, les pays du Sud ont appelé à un nouvel ordre international de l’information qui ouvrirait le système mondial des médias/communication à des acteurs extérieurs au monopole virtuel occidental. Cela a déchaîné une réplique extrêmement violente qui a traversé tout le spectre politique [occidental, NdT], avec des mensonges éhontés et des accusations ridicules et finalement le retrait du président américain Ronald Reagan, sous de faux prétextes, de l’UNESCO. Tout cela a été dévoilé dans une étude accablante (donc peu lue) par les spécialistes des médias William Preston, Edward S. Herman et Herbert Schiller (Hope and Folly [L’espoir et la folie, NdT]).

L’étude menée en1993 par le « South Centre » [Centre du Sud, ONG de pays en développement qui joue un rôle d’observateur pour le compte de l’ONU, NdT], qui montrait que l’hémorragie de capitaux depuis les pays pauvres vers les pays riches s’était accompagnée d’exportations de capitaux vers le FMI et la Banque mondiale, qui sont désormais « bénéficiaires nets des ressources des pays en développement », a également été effectivement passée sous silence. Il en a été de même de la déclaration du premier « Sommet du Sud », qui avait rassemblé 133 États en 2000, en réponse à l’enthousiasme de l’Occident pour sa nouvelle doctrine d’« intervention humanitaire ». Aux yeux des pays du Sud, « le soi-disant “droit” d’intervention humanitaire » est une nouvelle forme d’impérialisme, « qui n’a aucun fondement juridique dans la Charte des Nations unies ni dans les principes généraux du droit international ».

Sans surprise, les puissants n’apprécient guère les remises en cause, et disposent de nombreux moyens pour y répliquer ou pour les réduire au silence

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