Nous avions fêté les 90 ans de Gérald. Ses deux filles à cette occasion avaient fait les choses en grand, la soirée avait été un vrai bonheur avec un Gérald toujours semblable à lui-même malgré la maladie et l'âge. L'oeil pétillant et le coeur plein d'Haïti où il fera quelques mois plus tard son dernier voyage. Une invitation de l'ambassade de France en Haïti. Je tiens à le préciser, parce ce que il serait impossible pour l'Etat haïtien de rendre hommage à ce " combattant de la liberté"
Gérald je le connais depuis ma jeunesse à Paris. A cette époque, ils étaient peu nombreux les Haïtiens qui se revendiquaient comme tels et surtout osaient militer contre la dictature des Duvalier. Moi-même fille d'exilés politiques du régime fasciste/mortifère, il était tout à fait dans la logique des choses que nos chemins se croisent.Pour moi, Gérald représentait l'Haïti debout, fière de son passé, qui ne désespérait pas de remporter le combat contre l'obscurantisme érigé en culture nationale sous les Duvalier et dont on constate aujourd'hui plus que jamais les séquelles, miasmes et métastases dans la société haïtienne.
Avec mon ami Nixon Amilcar, nous l'avons filmé chez lui à Paris avec sa femme Isabelle et l'une de ses filles. Nous comptions intégrer ces images dans un documentaire ayant pour sujet cette relation jamais coupée avec l'Haïti de sa jeunesse. Nous avions pensé à une co-production avec la TNH qui aurait filmé son séjour en Haïti. Hélas le ministre de la Culture de M. Privert n'a pas été intéressé. A quoi sert une télé nationale si elle ne peut pas co-produire avec les cinéastes de la diaspora ?
Hélas ! Ici et dans le pays face à cette réalité, on entend le même sinistre refrain : ILS S'EN FOUTENT.
Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie...Qui ne diffère en rien de celle de plein d'Haïtiens d'origine vivants à l'étranger, diaspora qui ont tenté d'influer selon leurs moyens.
Et Gérald a toujours été présent dans ce combat aux côtés des déshérités haïtiens. Et pas seulement de ceux là mais également des immigrés portugais en France, de la classe ouvrière de Roubaix dans le nord de la France, tel que l'article dans le lien le montre.
Honneur et respect pour Gérald !
Ayibobo mon ami.
Roubaix - Gérald Bloncourt disparaît mais ses photos du Roubaix ouvrier demeurent
Le photographe qui a immortalisé Roubaix, ses habitants et ses usines entre 1950 et 1960 est décédé à l'âge de 92 ans.
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