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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


RD/ PRIMAIRES/BAGARRES au sein du PLD. Leonel Fernandez refuse les résultats. Le PLD se divise entre...

Publié par siel sur 12 Octobre 2019, 18:05pm

Catégories : #AYITI-RD relations, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ROSE RAKET, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

...Leonelistas (partisans de l'ex-président Leonel Fernandez) et ceux de Medina l'actuel président.

Avant toutes choses, je voudrais vous signaler un point de différence important entre la RD et Haïti. Il se trouve dans cette longue phrase qui introduit l'article :

"La adolescente democracia dominicana, las debilidades institucionales y el imperio del  presidencialismo, del clientelismo y el rentismo, del dinero y la compra de votos quedaron al desnudo marchitando la primera materialización de las elecciones primarias y simultáneas organizadas por la Junta Central Electoral (JCE)."

TRAD : L'adolescente démocratie dominicaine, la faiblesse des institutions ainsi que le règne du présidentialisme, du clientélisme, de la rente, de l'argent et de l'achat des votes ont contribué à dénuder et flétrir la première matérialisation d'élections primaires et simultanées organisées par le Conseil électoral national ( JCE équivalent du Conseil électoral haïtien).

La différence est que l'éditorialiste ne se fait pas d'illusions, il n'affabule pas, il ne fait pas de " voye monte" comme ça se fait en Haïti du style : " c'est aux élections qu'il faut aller"." En faisant semblant, malgré que tout un chacun sait les conditions dans lesquelles se sont déroulées celles avec Martelly et Jovenel.

 L'éditorialiste reconnait que la démocratie, suite à la dictature de Trujillo, est adolescente, c'est-à-dire qu'elle peine à sortir de toutes les formes de corruption que charrient les régimes dictatoriaux.  Il est quasiment impossible d'expliquer en Haïti  que la démocratie ne se décrète pas, ni ne s'improvise; que le chemin est long et ardu pour sortir d'une dictature avec ses habitus d'abus. On voit le temps que ça prend en Espagne par exemple où jusqu'à présent le pays - bien qu'aidé par l'Europe- a du mal à se départir des pratiques de corruption du franquisme. Allez voir en Haïti où en 1986 la population comptait plus de 80% d'analphabètes et que la plus grande partie des lettrés avaient été soient tués, soient chassés du pays.

Cette incapacité de la classe politico-médiatique, de la société civile haïtiennes de se confronter aux réalités de manière à entreprendre un vrai travail en profondeur pour corriger les erreurs; leurs pratiques de fanfaronnades, leurs rodomontades à la Herivaux, Me Georges: Etc, leur jeu infantile de comédiens "gwo soulye" à celui qui crie le plus fort, qui emploie le plus le mot caca dans ses commentaires, ont été le terreau favorable sur lequel des Martelly, des Jovenel ont pu pousser.

Parce qu'au lieu de prendre leurs responsabilités, d'assumer leur mission de dirigeants, de journalistes, de chefs de partis, ils n'ont fait qu'ériger le mensonge en vérité. Ce qui fait que la déconnection quasi-pathologique de Jovenel et de son équipe avec le monde tel qu'il est - avec ce qui se passe en Haïti comme sur le reste de la planète - n'est que la pointe émergée de l'iceberg.

En dessous se trouve toute une armada de hauts et petits fonctionnaires de l'administration publique, de l'institution judiciaire, de la police, des media, du secteur privé qui représentent le soubassement pourri  sur lequel les tèt kale ont été placés par la CI. Feu Georges Anglade, qui a été ministre sous Aristide et conseiller de Préval,  raconte dans le livre  "Entretiens avec Georges Anglade" de Lévy, les murs, barricades, pièges auxquels il été confronté face aux fonctionnaires de l'administration publique, tenants du statu quo.

Les générations ne sont pas seulement physiquement sacrifiées en Haïti, mais c'est aussi l'ensemble de leur travail, de leurs réflexions qui passe aux oubliettes. Comme si la survie du système d'appropriation des ressources du pays par une minorité, avait un impérieux besoin de les enterrer corps et âmes. De surtout couper tout canal de transmission, bâillonner la mémoire et l'intelligence et, étendre un tapis rouge devant les marchands de micro, leurs ragots, leurs agitations de cloche et leurs bondieuseries.

Une analyse comme celle-ci, vous n'en trouverez pas dans aucun media haïtien dont le discours  bourré de poncifs s'articule autour de "kokoratisation de la vie politique", " depuis 1986"," les mains démoniaques et diaboliques de l'opposition" et autres puérilités. 

C'est cette fuite en avant dans le déni (qui, par exemple, analyse les conséquences du coup d'Etat de 1991, avec ses meurtres et massacres des jeunes des quartiers populaires sur l'histoire récente d'Haïti ?)  qui aura  permis aux faux dévots, aux Tartuffe de faire obstacle - de 1957 à nous jours- à l'émergence d'un système démocratique en Haïti.

De sorte que, le sacrifice des générations de 1957 à présentement ( voir l'assassinat récent de ce jeune journaliste) a accouché tout naturellement en la prise du pouvoir politique, économique et médiatique des éléments les mieux armés dans l'escroquerie, les magouilles, la vulgarité, la folie et la violence ( verbale  et physique).

Comment refuser de comprendre que la majorité des Haïtiens de l'extérieur comme de l'intérieur en ont assez d'être maltraités par cette culture néo-macouto/duvaliériste qui barricade leurs droits à respirer, à créer,  à entreprendre  à rêver, à vivre ?

Gonzalo,( au centre en bleu)  le candidat qui a remporté les primaires devant la tombe du leader historique de gauche Juan Bosch

Gonzalo,( au centre en bleu) le candidat qui a remporté les primaires devant la tombe du leader historique de gauche Juan Bosch

Le poulain de Medina  Gonzalo Castillo a remporté les primaires pour devenir le candidat du parti PLD aux élections présidentielles de 2020 avec  48.72% de voix contre 47.29% en faveur de l'ex-président Leonel Fernandez; lequel exige un recompte des voix.

"Los leonelistas argumentan que ni el conteo de los votos físicos ya era confiable, porque cuatro días después pudieron haber sido cambiados, o que en cientos de colegios se llevó gente a votar después del horario establecido, lo que pudiera explicar el fenómeno estadístico de que Gonzalo creció más de 2% en el último 15% del cómputo, rompiendo la ventaja de Leonel, que al 85% nunca llegó al 1%, lo que marcaba una tendencia equilibrada, de ínfimas variaciones."

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