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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Contexte politique et socio-économique de la répression sanglante de 1969 - Par Myrtha Gilbert

Publié par Myrtha Gilbert sur 16 Janvier 2020, 17:29pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire...

A la mémoire des communistes, révolutionnaires et patriotes haïtiens qui ont offert leur vie pour la renaissance d’Haïti ; en particulier Marie Thérèse Féval, et mes instructeurs, Julien Sylaire et Niclerc Casséus.

 Il ne faut pas s’y tromper, cette histoire annonce des massacres.

Jacques Stephen Alexis

L’histoire d’Haïti est d’une dimension impressionnante. Car elle s’est forgée dans le sang d’un peuple, habitué dès sa naissance à lutter et à mourir pour défendre ses droits.

Nicolás Guillén, poète cubain

A son arrivée au pouvoir, François Duvalier organisa la mise à mort de toute opposition. En commençant par ses adversaires de la récente élection présidentielle.

Cependant, comme de coutume, François Duvalier récemment élu se présentera comme l’homme de la rupture, celui qui allait mettre de l’ordre dans les affaires de l’Etat grâce à une gestion honnête. « … Dans cette compétition se dressent d’un côté l’honnêteté, la probité, le respect des valeurs morales et de l’autre côté le produit du vol, de la concussion et des prébendes… (les) fortunes scandaleuses amassées dans le marchandage crapuleux, les transactions dégoûtantes et les concessions antinationales… »(1) Hélas !(2)

Le dictateur François Duvalier faisant le V de la victoire

Mais il faut tout de suite rappeler qu’une répression sanglante s’était abattue sur les partisans de Fignolé avant même les élections du 22 septembre 1957, orchestrée par des officiers duvaliéristes sous la direction de Antonio Th Kébreau, dont, Jacques Laroche, John Beauvoir, Joseph Lamarre, Edner Nelson, Claude Raymond, Max Dominique, Deslandes Duperval, Franck Romain et Pressoir Pierre.(3) Un millier au moins d’habitants du Bel-Air, du Morne à Tuf, de La Saline, de la Croix des Bossales furent mitraillés dans la nuit du 15 au 16 juin 1957 (4)-sans compter des centaines de blessés- parce qu’ils protestaient contre le renversement de leur leader, le professeur Daniel Fignolé.

Le 1er octobre 1957, la loi martiale est décrétée et le couvre-feu instauré à partir de 8h du soir. Par la suite, le journal le Matin signale de nombreuses arrestations à Port-au-Prince au début du mois d’octobre 1957. Ce journal dénonce dès la mi-novembre soit moins d’un mois après l’investiture de Duvalier, « les arrestations massives » à Port-au-Prince et à St-Marc et donne quelques noms : l’ex-préfet René Laforêt, Charles Jumelle, William Destin, Ryswick Jean, Fritz Antoine,  Surpris Innocent, Clovis Bonhomme, Lydéric Bonaventure, Marcel Dougé.(5) Et quelques jours plus tard, Antonio Vieux, Michel Roumain, Etienne Charlier.(6) Peu de temps après, Georges Petit Fils, Franck Séraphin,  finalement portés disparus.

L’installation de la dictature le 22 septembre 1957

La presse d’opposition vit ses journaux fermés : Dès le 18 novembre 1957 le journal du groupe de gauche, Alliance Démocratique, l’Haïtien Libéré fut fermé et ses journalistes emprisonnés. Puis vint le tour de : Le Mopisme intégral, d’obédience fignoliste, Indépendance  proche de Louis Déjoie, Le Patriote, de tendance jumelliste, Foi sociale et Haiti-Miroirplus indépendants.(7) Le local du quotidien Le Patriote reçut deux grenades, faisant deux blessés dont l’un perdit la vue.(8)

En janvier 1958, soit trois mois après l’investiture de François Duvalier, Yvonne Hakim Rimpel, figure respectée de la Ligue féminine d’Action Sociale et directrice du journal l’Escale, sera  enlevée de son domicile en présence de ses jeunes enfants, sauvagement maltraitée et laissée pour morte sur l’autoroute de Delmas. Yvonne, issue de la bourgeoisie de Port-au-Prince avait appuyé la candidature de Louis Déjoie. Franck Romain fut identifié comme l’un de ses bourreaux.

Le cadavre du commissaire du gouvernement Odnell David fut découvert sur les trottoirs du Palais de Justice en juin 1958. Il était taxé de communiste. Le rapport officiel fit état d’un suicide.(9)

Les frères Ducasse et Charles Jumelle seront liquidés le 20 juillet 1958 par la police politique du nouveau pouvoir, en dépit du fait que le premier avait aidé financièrement la famille de Duvalier en difficulté pendant le gouvernement Magloire.(10)

Leur frère, Clément Jumelle, candidat à la présidence, contre lequel, un mandat d’arrêt a été décerné, a dû prendre le maquis et se réfugier dans  l’ambassade de Cuba où il mourra d’une crise d’urémie un an plus tard (11). Son cadavre sera spectaculairement enlevé par la police politique du régime,  lors de son enterrement. Personne ne sut ce qu’il en est advenu.

SUITE dans le lien

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