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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


COVID-19. Un article qui trace les contours de la crise mondiale provoquée par l'infection

Publié par Alastair Crooke. sur 17 Mars 2020, 19:46pm

Catégories : #INTERNATIONAL

COVID-19. Un article qui trace les contours de la crise mondiale provoquée par l'infection

Ce texte confirme et enrichit sur plusieurs points - dont le rôle des USA dans cette catastrophe - ce que disait Fernando Estimé ici, il y a plus d' un mois de cela le 12 février.

Certes, le ton  de M. Estimé paraissait particulièrement alarmiste - plus même que ses analyses.

Si, je mentionne souvent M. Fernando Estimé, c'est qu'il se trouve être dans le désert intellectuel haïtien, qui a très vite réagi et proposé des analyses permettant de prévoir l'ampleur de la crise - dont, ici, en France, on n'en est qu'au début-et ses répercussions économiques au niveau mondial.  Il a droit à un coup de chapeau.

Alarmiste à faire très peur est aussi  ce texte.

La peur est un élément qui assure la survie. C'est une émotion saine. Déclarer qu'on n'a pas peur relève de l'inconscience du danger et  donc empêche de s'y préparer et de développer le moyens pour y faire face.

Cependant, il s'agit de ne pas paniquer de manière à pouvoir utiliser toutes les fonctions cognitives afin de se préparer mentalement, physiquement et affectivement à ce drame.

Je dis bien drame, parce que si comme moi, vous habitez le centre de Paris et que vous marchez  ce mardi dans les rues , dimanche encore super animées,  sans croiser une seule personne, sans entendre le moindre son, avec toutes les boutiques fermées,  vous aurez très vite le sentiment que si cette situation s'étend à toutes les  grandes capitales d'Europe : Londres, Amsterdam, Berlin, Genève : Etc, on entrera dans une spirale dont on ne sait pas quand et comment nous en sortirons. 

Si les mesures prises ne peuvent enrayer la propagation, il reste l'espoir que les laboratoires scientifiques - pour une fois n'est pas coutume - ne ferons pas passer l'appât du gain, l'argent, avant la vie.

Le gouvernement français aurait tout intérêt -comme l'Allemagne, pourtant grande alliée des uSA n'a pas hésité à le faire - à briser le blocus économique  de Cuba- et à passer des commandes de l'anti viral Interféron, qui s'il ne guérit pas, permet de consolider le système immunitaire et bloquer en cela l'infection.

 

par Alastair Crooke.

Le Dr Michael Osterholm, du Centre de Recherche sur les Maladies Infectieuses de l’Université du Minnesota, a prévenu cette semaine que les États-Unis n’étaient pas préparés à l’arrivée du Covid-19, et que la crise sanitaire allait s’aggraver dans les semaines à venir :

« En ce moment, nous abordons la situation comme si c’était le blizzard de Washington, DC – pendant quelques jours, nous sommes paralysés », a déclaré M. Osterholm. « C’est un Hiver Coronavirus, et nous sommes dans la première semaine ».

Oui, le Président Trump avait en effet opté pour un stoïcisme laconique : il nous a dit que le virus était une fausse nouvelle, et pas pire qu’une grippe saisonnière, qu’il disparaîtrait une fois le soleil revenu. Simplement, il a accusé les Chinois. Aujourd’hui, les Américains et les Européens sceptiques commencent à comprendre à quel point le Covid-19 est différent de la grippe ordinaire.

Les Européens ont réagi différemment, mais à l’exception de l’Italie, ils ont largement privilégié le maintien de leur PIB, même au risque de voir leurs services de santé s’effondrer, lorsque le pic de cas dépasse les capacités européennes de soins intensifs. Le Royaume-Uni affirme être en « phase de confinement », mais en réalité, il n’a pratiquement rien fait pour empêcher le virus de se propager tranquillement au sein des communautés.

En Italie, la Lombardie dispose d’un système de santé de premier ordre, qui a maintenant la tête sous l’eau (à 200% de sa capacité), et travaille selon une stratégie de « survie du plus apte » – laissant les autres vivre, ou mourir, sans soins intensifs. En effet, les victimes plus âgées ne seront même pas prises en charge par le personnel des soins intensifs. Les États européens qui ont renoncé aux mesures de désocialisation pourraient en venir à regretter leur choix. La désocialisation est coûteuse, mais elle finit par fonctionner (par exemple, lors du ralentissement du taux d’infection dans la « zone rouge » italienne).

Le terme « confinement » est mal choisi. Il est presque impossible de contenir complètement le virus, car il est transmis par l’air (voir ici). Il peut être propagé par des porteurs qui ne savent même pas qu’ils sont porteurs du virus. Le « confinement » ne peut pas arrêter la propagation du COVID-19, mais les mesures de blocage social peuvent ralentir la transmission et, plus important encore, en aplanir le pic, ce qui soulage en partie la pression subie par les trop rares unités de soins intensifs. En revanche, sans désocialisation, nous risquons d’assister à une hausse exponentielle des taux d’infection dans les pays où le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour réduire les contacts entre personnes.

Ne vous y trompez pas : des représailles politiques sont à prévoir pour les dirigeants qui ont parié à tort – que les effets du virus étaient exagérés et que la crise passerait – en restant de marbre (accroché à leur stoïcisme héroïque).

Maintenant, tout aussi soudainement – pour les marchés – ce qui avait été une pandémie que de nombreux investisseurs ont mis en doute, s’est transformé en une crise bien plus grave. Nous nous trouvons à l’épicentre d’un « choc » économique mondial massif en expansion – en fait, trois chocs interconnectés : Un « arrêt de l’offre » croissante, un choc des prix du pétrole et maintenant une crise financière et de liquidité naissante.

Pour être clair : le virus n’a pas provoqué la crise économique. C’est la Réserve Fédérale qui a posé la bombe à retardement il y a quelque temps (avec sa politique de création de monnaie axée sur la dette), puis qui a armé le « dispositif explosif » de la Fed en 2008 en faisant exploser les bulles d’actifs financiers qui ont suivi. Dans un sens, cependant, Trump a commencé à presser la détente de cette crise avec le lancement de sa compétition de grande puissance avec la Chine.

Il a lancé une guerre commerciale et technologique pour tenter de freiner la croissance de la Chine. Mais ce faisant, il a inévitablement commencé à détruire le rhizome racine du système mondial de commerce et d’approvisionnement. La Grande-Bretagne avait déjà tenté ce tour avec l’Allemagne avant la Première Guerre Mondiale. Cela ne s’est pas bien terminé. Cela a plutôt conduit à une contraction économique, au moment même où un Empire étendu était susceptible de subir un choc commercial.

Aujourd’hui, les États-Unis s’appuient sur un endettement massif pour maintenir les apparences d’une hégémonie continue de l’ordre mondial. La guerre commerciale a cependant réduit les revenus et la portée commerciale de l’Amérique, au moment même où l’Empire américain était susceptible de subir un « choc » de la dette et montrait des signes de « propagation » des idées du Moyen Âge et « d’insuffisance respiratoire ».

L’effet net a inévitablement été d’affaiblir le commerce mondial, à un moment où le cycle économique était à un stade avancé. La destruction de la demande était déjà apparente sur les marchés pétroliers, car les artères commerciales étaient devenues turgescentes – bien avant que l’OPEP ne s’effondre – et la guerre des prix du pétrole a éclaté – ce qui a donné une impulsion supplémentaire à la crise du marché naissante.

Suite dans le lien.

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