Depuis l’annonce des premiers cas de covid-19 en Haïti, le régime néo-duvaliériste Pati Ayisyen Tèt Kale (PHTK) se lance dans une nouvelle campagne de propagande et de répression politique. Il feint de prendre des mesures de protection de la population en imposant le confinement alors que, dans les faits, il n’existe pas de programme cohérent de gestion de la crise sociale et sanitaire. Ce déficit s’exprime, entre autres, par l’incapacité manifeste des pouvoirs publics d’évaluer le niveau de propagation de l’épidémie dans le pays puisqu’il n’existe pas de campagne massive de dépistage de la maladie. Plus de deux mois après l’apparition du virus, l’État ne parvient même pas à effectuer trois milles tests de dépistage pour une population de douze millions d’habitants.
De surcroit, outre l’incapacité de dépister la maladie, les principaux centres hospitaliers du pays continuent à fonctionner dans le plus grand dénuement. Ils reçoivent des malades dans les services respectifs alors que le personnel médical ne dispose même pas de moyen de tester les patients. Cette irresponsabilité de l’État entraine des conséquences tragiques : la contamination aussi bien des personnes hospitalisées que du personnel soignant dans les différents centres hospitaliers du pays.
Malgré cette situation, les autorités poursuivent leur campagne de propagande. La rhétorique démagogique de Jovenel Moise promettant trois mille gourdes à chaque citoyen ne fait que renforcer l’image d’une présidence bouffonne et ridicule.
Toutefois, la pandémie sert bien à quelque chose à ce régime néoduvaliériste : les mesures de confinement et de couvre-feu justifient au quotidien des actes violents contre toutes dissidences politiques. Cette répression s’étend non seulement aux quartiers populaires, mais également aux organisations des droits humains, aux militantes féministes, aux syndicalistes, aux opposants politiques, etc.
Dans le cadre cette chasse aux sorcières, les forces répressives policières et les sbires du régime poursuivent sans la moindre hésitation les assassinats. À la veille de la célébration de la naissance du drapeau, le jeune charismatique militant Ganard Joseph a été lâchement assassiné. Le lendemain, le 18 mai 2020, les unités spécialisées de la police nationale ont férocement molesté et arrêté plus d’une dizaine de militants, dont Patrice Ceslestin, le syndicaliste Josué Méridien, le membre fondateur du Mouvement Démocratique et Populaire (MODEP) Guy Numa, etc. Ajouté à cela, les locaux du Réseau National De Défense des droits humains (RNDDH), l’un des principaux organismes de droits humains dans le pays, ont été mitraillés une semaine auparavant tandis que ses dirigeants sont la cible de menaces et d’actes d’intimidation.
Derrière cette répression « tous azimuts » pour réduire au silence toute dissidence politique dans le pays se trouve cette volonté de continuer de mater et d’écraser les revendications des classes populaires. La bourgeoisie compradore et subalterne continue, avec la protection du gouvernement, à exploiter, à sucer impitoyablement le sang des ouvriers, des ouvrières dans les ateliers de misère. En dépit des risques de contamination, les usines de la sous-traitance sont autorisées et obligées à fonctionner pour répondre aux besoins du matériel sanitaire aux États-Unis, et cela sans aucune mesure efficace de protection de la santé des travailleurs, travailleuses.
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Haïti : Épidémie du coronavirus et décomposition de l'État subalterne - Presse-toi à gauche !
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