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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


HAITI/CORRUPTION. Après avoir dilapidé les Fonds PetroCaribe, l'équipe des bandi legal de Martelly se fait une fortune avec l'essence.

Publié par siel sur 9 Mai 2020, 23:41pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #Peuple sans mémoire, #DUVALIER

Partout dans le pays, les stations à essence poussent comme des champignons

Quatre nouvelles pompes à essence sont en construction à Petion-Ville. À Carrefour, pas moins de huit nouvelles stations peuvent être répertoriées sur les quatre dernières années. Cette prolifération de structures de distribution de carburants s’observe partout à travers le pays.

Ces constructions, souvent propriétés d’hommes politiques, se réalisent fréquemment sans l’aval des autorités compétentes et malgré la protestation de citoyens inquiets.

À Petion-Ville, la mairie, impuissante, s’est opposée, à l’érection du chantier des quatre nouvelles stations pour mauvais emplacement. Malgré tout, les travaux se poursuivent. Quatre autres stations dont la construction est aujourd’hui achevée n’ont pas obtenu autorisation non plus.

La multiplication des pompes à essence pose un problème de blanchiment d’argent, argumentent plusieurs économistes. Ils soulignent également que ces structures n’apportent aucune valeur ajoutée à l’économie du pays. De surcroît, elles offrent généralement un salaire de misère aux pompistes.

Seulement 5 % des stations à essence sont régulièrement enregistrées au Bureau des évaluations environnementales du Ministère de l’Environnement en Haïti, révèle le responsable de cette entité, Ninom Abraham Angrand.

Des autorités impuissantes 

Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la course aux pompes dans le pays. Au mois de janvier 2019, des résidents de Museau ont protesté contre la construction d’une nouvelle station à essence dans leur quartier. Selon ces citoyens, la structure, localisée non loin du Ministère des Affaires étrangères, représente un danger parce qu’elle se situe au cœur d’une zone résidentielle et se trouve entourée de maisons.

« Cette construction se poursuit malgré l’interdiction de la Mairie de Pétion-ville qui a réalisé une étude sur son impact sur la population de la zone », regrette le responsable du service de génie municipal de la Mairie, Emilio Georges.

Malgré l’opposition des autorités, trois autres constructions similaires se poursuivent. « La majeure partie de ces structures appartiennent à des sénateurs et des députés qui ont le bras long dans la politique », regrette l’ingénieur Georges qui dévoile l’impuissance de la Mairie.

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Quatre autres pompes dont la construction fut interdite sont d’ailleurs en train de fonctionner dans la municipalité, révèle le responsable du service de génie. Ce sont : « Une station à Puits-Blain 4, une deuxième à Pèlerin 2, une troisième à Laboule 11 et la quatrième à Musseau ».

Pour échapper à la vigilance des autorités, les entrepreneurs fonctionnent parfois dans la clandestinité. « Malgré l’interdiction de la Mairie, le propriétaire d’une nouvelle station à essence avait décidé de poursuivre la construction la nuit tombée », raconte un employé de la municipalité requérant l’anonymat.

« Un soir, continue le professionnel, les agents de la Mairie se sont rendus sur les lieux pour stopper la magouille. Ils ont été stupéfaits de constater que les matériels (loader, pelles excavatrices et autres) utilisés sur le chantier appartenaient à la Mairie de la commune de Léogane. C’est alors que les ouvriers ont dévoilé que le chantier est un investissement de l’ancien député, Jean Wilson Hyppolite, un proche du pouvoir, qui, pendant quatre ans, a mené le groupe majoritaire de la Chambre basse de la 50e législature ».

Jean Wilson Hyppolite a été contacté sans succès à plusieurs reprises. Ayibopost lui a laissé des messages via WhatsApp. Son téléphone en a accusé la réception. Cet article sera mis à jour s’il réagit.

Mépris des autorités

Le Bureau National des Évaluations Environnementales, créé en décembre 2005 au Ministère de l’Environnement, est censé être l’organe décisionnel appelé à octroyer un avis de « non-objection », bien avant le début des travaux de construction d’une station de service.

Cependant, rares sont les propriétaires des nouvelles stations à essence qui respectent les normes établies, confie la responsable de ce Bureau, Ninom Abraham Angrand. « Comme tout le monde, nous ne pouvons que constater les nouvelles stations qui pullulent dans le pays », déclare Angrand.

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Sous couvert de l’anonymat, un employé de la direction de communication de ce ministère explique les raisons de cet état de fait. Selon ce dernier, « il suffit à un propriétaire d’avoir des accointances politiques pour outrepasser une décision du Ministère et obtenir l’autorisation ».

En réalité, seulement 5 % des stations à essence sont régulièrement enregistrées au Bureau National des Évaluations Environnementales du Ministère de l’Environnement, selon Ninom Abraham Angrand.

La responsable de cette structure étatique dit travailler sur un projet visant à recenser le nombre de stations de services opérants sur le territoire.

Des chiffres flous

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie à travers son service de métrologie confirme l’existence de 279 pompes dans le pays. Selon l’inspecteur Smith Jeudy, ce chiffre concerne des stations ayant subi des analyses de contrôle de qualité du Ministère. Il souligne une marge d’erreur de 2 à 3 %.

De son côté, le président de l’Association Nationale des Distributeurs des Produits pétroliers (ANADIPP), David Turnier, dévoile que le pays compte environ 350 stations à essence.

Là encore, les chiffres ne sont pas exacts. Selon le président de l’ANADIPP, pour comptabiliser une pompe, l’institution utilise une stratégie plutôt insolite. « Nous n’acceptons que les pompes portant un logo des grands distributeurs, comme National, Total, Sol, Go, DNC ou Capital. La raison est que ces distributeurs ne donneront jamais leurs marques à une station ne respectant pas les normes ».

Ainsi, les multiples stations à essence qui fonctionnent sans aucune marque sur le territoire haïtien ne sont pas prises en compte dans les chiffres de l’ANADIPP.

 

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