J'ai écouté dans Moment Vérité le débat autour du cas du présumé criminel Emmanuel Constant, patron du groupe de paramilitaires, FHRAP, accusé de crimes contre l'humanité.
Il y a quelque-chose de troublant - et même de nauséeux - qui ressort de ce débat qui laisse l'impression que animateurs et avocats - à l'exception d'un ou deux- se focalisent de préférence sur l'aspect légal de la question que sur les saloperies qui se sont passées.
Ailleurs, dans un pays où, à l'inverse d'Haïti, où la criminalité est louée, les vies humaines auraient une importance, les journalistes auraient eu comme approche professionnelle, de rappeler les actes criminels dont Emmanuel Constant est accusé.
Par exemple, il aurait suffi de lire un passage du livre du patron de l'ONG Zanmi la santé, le DR Paul Farmer qui dans son livre :"The uses of Haïti"( l'utilisation d'Haïti) dans lequel il mentionne que la spécialité du FHRAP, leur expertise résidait dans le viol. Viol de femmes en présence de leurs conjoints, viols d'hommes en présence de leurs épouses, viols d'enfants en présence de leurs parents.
Par contre, dans le contexte haïtien ou comme dit par M. Peggy Jean, d'anciens membres du FRAPH seraient au gouvernent- il se garde bien de citer des noms-, une pratique haïtienne permettant la continuité du modus vivendi dans l'impunité et la pérennité du statu quo de l'exploitation.
De même que pour le procès de Duvalier J-Cl, de même que dans celui désiré par la majorité des Haïtiens de PetroCaribe, les dites élites haïtiennes issues de la classe moyenne, choisissent de nager dans la compromission à base d'arguties juridiques à n'en plus finir ou bien dans la désignation de boucs-émissaires, plutôt que de faire face à la réalité.
Ces messieurs et dames ont trouvé un signifiant- ils sont plus habiles à cela qu'à toutes autres choses- la corruption spaghetti qui accouche d'un " Nous sommes tous coupables", visant à camoufler leur participation et/ou leur tolérance face aux crimes d'Etat et au dap-piyan de la gente rose aux crânes rasés et de leurs parrains macouto/militaro/duvaliéristes.
Que serais-je aujourd'hui disent le juge Bredy, Heriveaux, Jackson Alexis, Guichard Doré, Lubérice, Faustin, Martelly, Jovenel et leurs sycophantes, si...
De plus dans cette réalité odieuse, il y a tonton, tantine, parrain, papa, maman: ETC, qui ont été complices ou ont participé activement.
De plus, un certain nombre d'entre eux sont participent au pouvoir tèt kale, ou occupent des places usurpées d'honorabilité, de save, de directeurs d'opinion, d'entrepreneurs et autres.
Non seulement, ils possèdent l'argent, les media et les armes, mais de plus ils sont soutenus par M. "le blan" considéré en Haïti comme le personnage le plus puissant après le "dieu qui dispose de toutes choses" et les lwa du vodou qu'ils adorent.
Les media audiovisuels et écrits haïtiens reflètent une absence de conscience du bien commun institutionnalisé en Haïti et un manque de profondeur dans leurs analyses.
Alors même qu'ils pourraient jouer un rôle déterminant dans la dynamique de changement réclamée par la population, ils font le choix d'utiliser une énergie énorme par moult acrobaties et gymnastiques intellectuelles répugnantes , pour la défense de leurs patrons du gouvernement et du secteur privé.
En clair, leurs arguties autour du cas de Toto Constant augurent d'une absence de procès ou d'un non-lieu.
Les victimes n'auront pas droit à la réparation, les tortionnaires seront absous.
Est-ce que ça ne vous rappelle pas les débats autour des crimes des esclavagistes , dans lesquels vous trouvez une coalition d'avocats, de journalistes, d'intellectuels appartenant à la mouvance d'extrême-droite qui défendent l'idée qu'il serait absurde, illégal, dangereux de demander des comptes aux tortionnaires qui ont sévi pendant plus de 4 siècles ?

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