Sources The Guardian : Haïti une longue descente vers l'enfer. https://www.theguardian.com/world/2010/jan/14/haiti-history-earthquake-disaster
Vous n'ignorez pas qu'il existe un certain nombre d'Haïtiens qui vouent un véritable culte au dictateur (similaire à celui voué à TRUMP par ses partisans) qui disait aimer la "sauvagerie " de ses macoutes.
La jeune génération n'a pas les moyens intellectuels pour comprendre la relation entre cette déclaration d'amour pour la sauvagerie et la situation actuelle. On ne lui a pas appris à l'école, dans les universités que le temps d'aujourd'hui découle de celui d'hier.
Pas plus qu'elle n'a les moyens pour comprendre qu'avant 1804, ont existé 4 siècles d'esclavage qui ont marqué leur société, leur psychologie, leurs relations familiales et leur mode de fonctionnement. C'est un pan énorme de l'histoire des Africains transportés en Haïti qui est systématiquement occulté.
C'est pour cela, qu'appeler Haïti, "la perle des Antilles", nom donné à la colonie française de Saint-Domingue, ne leur pose aucun problème.
Ils sont incapables de faire le lien entre leurs ancêtres en esclavage à cette époque et ce terme.
En se l'appropriant, ils ne se rendent même pas compte qu'ils vantent un temps où leurs ancêtres étaient considérés comme des biens meubles; et qu'ils trahissent ceux qui ont lutté pour sortir de cette "perle des Antilles" qui était pour eux un camp de concentration à ciel ouvert dans lequel se pratiquaient quotidiennement tortures et crimes.
300 000 macoutes, ça correspond à combien de personnes dans la population qui ont hérité de la sauvagerie comme une amabilité ?
Parmi les dirigeants actuels et les membres de l'opposition combien ont été éduqués dans cette apologie de la sauvagerie et combien sont ceux qui l'auront transmise à leurs progénitures, parents, voisins ?
Combien parmi les journalistes qui sévissent dans les media-audiovisuels ont été éduqués dans cette culture ?
Si les jeunes générations sont incapables de saisir qu'admirer un individu prônant la sauvagerie et se refusant de développer l'instruction a des conséquences sur le présent et le futur de leur société, ce n'est pas uniquement parce que des intellectuels appartenant au macoutisme ont refusé de faire leur devoir de mémoire; et de témoigner sur les atrocités d'un régime auquel ils appartenaient.
L'une des raisons est que la population haïtienne -peu instruite, n'ayant pas accès aux documents et par ailleurs extrêmement croyante livrée aux diables et aux dieux, ayant comme guide la Bible plutôt qu'un livre de biologie - aura tendance à privilégier les fables, les racontars, les proverbes douteux ( sa ou pa konnen pi gran pase w), lesquels sont en adéquation avec leur niveau de compréhension et leur relation quotidienne avec le monde dans lequel ils évoluent.
Un monde dans lequel la culture sadomasochiste domine.
C'est ce qui explique le taux d'audience des marchands de micro dont le fonds de commerce s'ancre dans bondieuseries, diableries et autres approches réactionnaires, conservatrices et rétrogrades "vendues" comme inhérentes à la culture haïtienne, mises en avant pour plomber la société.
Quelle différence entre un S. Lucas kareteka man, qui a fait des études, voyagé à travers le monde et un Gracia Delva chanteur devenu sénateur ?
Quelle différence entre un Hériveaux, médecin, chroniqueur sportif, ex-Lavalas devenu secrétaire d'Etat et porte-parole du pouvoir PHTK et un BOUGOY ex-policier devenu chef de gang ?
Quelle différence entre un Me Georges, avocat et conseiller de Martelly et de Jovenel arrogant et mal élevé considéré par la " bonne société" comme un "save"(sic) et un Arnel Joseph gangster lié au pouvoir tèt kale, actuellement en prison pour crimes et actes de kidnapping ?
Vous me direz que des années lumières les séparent. Apparemment, certes :études, langage, fric... et autres semblent les différencier.
En réalité, ils sortent du même moule -d'où leurs accointances. C'est-à-dire qu'ils ont été formatés par le même système que chacun d'eux, à son niveau, reproduit et tente d'en tirer profit.
Pour être plus explicite, prenons l'exemple du racisme "legal" aux USA. Si ce racisme a perduré de manière aussi abominable, comme démontré par l'assassinat de Georges Floyd, c'est que les dirigeants démocrates et républicains sont en majorité issus de cette culture dont ils ont tiré profit. Et qu'ils ont contribué à la diffuser dans leur société.
Certains membres de l'opposition sont aussi "bandi legal" que les officiels comme Martelly, Jovenel et leurs cohortes, c'est ce qui explique qu'un Jackson Alexis puisse passer de Pititt Dessalines à PHTK sans états d'âme. Pour lui, c'est du pareil au même. Sauf que d'un côté il y a le fric et le pouvoir, de l'autre pas.
Du fait que le sadomasochisme, la sauvagerie soient acceptés et véhiculés comme des normes dans la société haïtienne permet de comprendre pourquoi un JOUTHE, Premier ministre, peut déclarer qu'il considère les chefs de gangs comme ses enfants.
Et c'est juste. Parce qu'il est parmi ceux qui les ont procréés, éduqués. Entre eux et lui il n'existe pas de différences fondamentales. S'il y en a, elles sont celles qui opportunément-selon ses propres paroles- l'auront propulsé à une place au sommet de l'Etat.
Et c'est logique que ces dirigeants, ces élites intellectuelles, ces journalistes, formatés dans le même moule soient dans l'incapacité de prendre une autre forme.
Il ne faut pas oublier que la majorité de ceux qui, en Haïti, insultent les pauvres Noirs qui manifestent pour le respect de leurs droits, sont originaires des mêmes milieux sociaux. Ils les détestent parce que leur existence leur rappellent d'où ils viennent.
Un peu comme les Mulâtres qui voudraient éliminer les mères Noires pour faire disparaître la trace biologique de leur héritage africain.
Le plus alarmant c'est que la jeunesse haïtienne , faute d'instruction et par pur arrivisme, ayant intériorisé la déshumanisation comme valeur : la richesse est un don de dieu, - une parole venue tout droit des esclavagistes justifiant ainsi vols et massacres -, semble vouloir suivre ce même chemin.
Une jeunesse dont quelques leaders de par leurs comportements ( violences verbales, hurlements, et inexactitudes factuelles(Haïti n'a jamais expérimenté le socialisme ni le communisme, entre autres fables que ce "lidè" se complaît à raconter ) ne se présentent pas comme différents de leurs ainés qu'ils critiquent. Ce qui fait qu'on peut craindre une répétition du pareil au même, si d'aventure ils arrivaient à occuper des postes de pouvoir.

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