EXTRAITS :
La veille, la capitale meurtrie par la déflagration d’une puissance inouïe qui a fait au moins 160 morts avait de nouveau résonné au son des sirènes d’ambulance : suite aux échauffourées, des dizaines de blessés ont été transportés vers les hôpitaux, tandis que de nombreux autres ont été soignés sur place. La police a annoncé la mort de l’un de ses hommes, affirmant qu’il avait chuté dans une gaine d’ascenseur après avoir été agressé par des « émeutiers ».
Si l’affluence, samedi, n’était pas celle des grands jours du mouvement de contestation de l’automne 2019, l’ampleur était sans précédent depuis des mois. Les Libanais se sont mobilisés par milliers sur la place des Martyrs, lieu emblématique des protestations libanaises, au centre-ville de Beyrouth, pour dire leur dégoût après le drame. « Nous sommes à bout, explique Hadi, étudiant en architecture de 24 ans. Je refuse qu’on tourne la page après la catastrophe. C’est un scénario que l’on ne connaît que trop bien. » Les jeunes étaient majoritaires dans la foule. Des collectifs de la contestation, ainsi que des partis politiques non communautaires, avaient appelé au rassemblement.
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