LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES FRANÇAIS ET AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON
Le Pecq, le 18 février 2021
Monsieur le Président,
Honorables Parlementaires,
C’est un très grand honneur pour nous de solliciter votre appui afin de sauver la démocratie en Haïti qui est plus que menacée par un régime autoritaire et un président psychopathe dont les décisions ne respectent presque rien des institutions de la République d’Haïti. VOIHLA (Voice of Haitians Living Abroad ; en français, la Voix des Haïtiens de l’étranger), entame un processus de demande de solidarité au peuple du monde entier. C’est dans ce cadre que nous vous écrivons en tant que représentant du peuple français.
Le régime PHTK (Parti des Haïtiens Tèt Kale), aujourd’hui avec M. Jovenel Moise au pouvoir, instaure progressivement mais brutalement une dictature en Haïti. La situation politique est si préoccupant que nous ne pouvons nous abstenir de solliciter la solidarité de chacun de vous afin d’éviter à la République d’Haïti de retomber dans une dictature comme celle des Duvalier d’avant 1986.
Le président Jovenel Moïse refuse de respecter la Constitution d’Haïti qui fixait au 7 février 2021 la date de fin de son mandat qu’il veut prolonger jusqu’en 2022. Ce comportement anti-démocratique soulève la colère de la population qui réclame son départ du pouvoir.
Permettez-nous de citer quelques faits marquants qui démontrent sans aucune ambigüité les dérives dictatoriales du pouvoir PHTK :
• Depuis l’arrivée au pouvoir du président Jovenel Moise, son gouvernement n’a organisé aucune élection prévue par la Constitution : députation, sénatoriale et municipale, permettant de renouveler les représentants du pouvoir de l’Etat. Le pays se retrouve sans parlementaires dont les mandats ont pris fin depuis janvier 2020 et M. Moise gouverne à sa guise uniquement par de nombreux décrets depuis plus d’un an.
• Le président Jovenel Moise, de passage en France, avait reconnu avoir engagé 50 juges corrompus qui lui étaient proposés par ses conseillers et qui sont toujours en fonction sous son autorité.
• Par un décret présidentiel, le président Jovenel Moise enlève les prérogatives de la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif pour pouvoir avoir la totale liberté sur les dépenses de son administration réputée corrompue.
• Le gouvernement de M. Moise avait engagé sept mercenaires étrangers dont des snipers pour assassiner ses propres citoyens. A l’époque un certain nombre d’Haïtiens avaient mystérieusement été tués d’une à la tête jusqu’à ce que la police haïtienne, qui n’avait pas été informée de cette mesure, avait découvert ces individus qui semaient de la panique au sein de la population.
• Des groupes des gangs armés liés directement au pouvoir exécutif et à certains élus du pouvoir législatif sèment la terreur sur tout le territoire du pays.
• Pas un seul jour ne se passe sans qu’il y ait un ou plusieurs cas de kidnapping. Parfois plus de dix en une seule journée. Et les personnes kidnappées sont souvent violées, torturées, rançonnées et parfois assassinées. La dernière en date, c’est un cas inadmissible : une fillette de 5 ans qui avait été kidnappée et dont les parents ne pouvaient payer la rançon s’est retrouvée morte dans la rue après 8 jours.
• Très récemment le président Jovenel Moise a créé par décret, un service de renseignement dénommé ANI (Agence nationale d’investigation) jetant le trouble dans la population car M. Moise raconte que les agents de cette agence n’ont de compte à rendre à qui ou à quoi que ce soit, uniquement à lui seul !
• Le gouvernement du PHTK a autorisé différents massacres de patriotes haïtiens dans différents quartiers populaires de la capitale : La Saline, Carrefour-Feuilles, Cité Soleil, etc.
• L’étudiant Grégory Saint-Hilaire a été lâchement assassiné par balle dans l’enceinte légalement inviolable de son université.
• Maître Monferrier Dorval, le Bâtonnier des avocats de Port-au-Prince, qui prônait certaines idées pour la réforme constitutionnelle et la refondation de l’Etat, a été lâchement assassiné par balle et jusqu’à cette date le gouvernement de M. Jovenel Moise refuse toutes enquêtes internationales indépendantes qui lui ont été adressées.
• Le gouvernement de Jovenel Moise a récemment renouvelé l’ensemble des ambassadeurs de la République et aucun d’eux n’a été approuvé par le Parlement haïtien puisque son gouvernement dirige le pays par décret.
Monsieur Jovenel Moise a publié un Code pénal dans lequel, il prévoit d’amnistier tous les dilapidateurs du fonds PetroCaribe, selon les articles 221 à 225 dudit Code. D’ailleurs, il avait lui-même déclaré publiquement que tant qu’il est président, il n’y aura pas de procès PetroCaribe.
Monsieur Jovenel Moise a publié un certain nombre de décrets pour modifier en profondeur les institutions haïtiennes en dehors des prescriptions de la Constitution haïtienne. Nous pouvons citer, entre autres, l’écriture d’une nouvelle constitution haïtienne. Un référendum prévu pour faire passer cette constitution. Or la Constitution haïtienne interdit tout référendum. Nomination unilatérale d’un Conseil électoral pour organiser des élections. Toutes ces mesures sont prises en dehors des normes constitutionnelles et sont naturellement contestées par la population.
Monsieur le Président, Honorables Parlementaires, c’est pour l’ensemble de ces actes non exhaustifs que VOIHLA sollicite votre solidarité avec le peuple. Nous souhaitons que votre soutien aille dans le sens des revendications du peuple haïtien. Les citoyens haïtiens ne souhaitent pas aller aux élections avec le régime PHTK, ils revendiquent un gouvernement de transition pour remplacer celui de Moise/Joseph de façon à instaurer la stabilité politique et la sécurité dans le pays pour pouvoir organiser des élections inclusives nécessaires pour la paix sociale.
Face à cette situation dramatique, afin d’éviter de nouvelles répressions du gouvernement, nous vous prions instamment d’intervenir pour que leurs revendications légitimes puissent se réaliser.
Comptant sur votre compréhension et votre sens de responsabilités politiques universelles, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Honorables Parlementaires, nos cordiales salutations et nos remerciements anticipés.
Me Ernst VILSAINT
Ex-député de Port-au-Prince
Président Fondateur de VOIHLA, USA
Obed ALEXIS
Anthropologue
Administrateur économique et social (AES)
Responsable de VOIHLA, France
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