Également habitant de ce quartier populaire, Jérome Clifford alias Toubi confirme le triste tableau dépeint par son collègue. Dans le voisinage immédiat de cet artiste, seule sa maison est actuellement encore debout. Toutes les autres ont été incendiées lors des différentes attaques meurtrières perpétrées entre autres par le gang baptisé Krache Dife.
« Après que les malfrats soient partis, raconte Toubi, mon beau-frère qui était là est entré dans la maison par une porte de derrière. Il a utilisé l’eau que j’avais à l’intérieur pour éteindre le feu qui gagnait plusieurs meubles comme la table et a ainsi réussi à tout sauver ».
À l’instar de Toubi, Paolo est plasticien. Et comme pour tous les autres artistes du milieu, les conditions de travail tendent à devenir de plus en plus difficiles. Des magasins n’arrivent pas à fonctionner. Ceux qui y parviennent n’arrivent pas à placer de commandes. Et en raison de l’instabilité du dollar, le prix des produits ne cesse de grimper. Donc, aussi bien que les signes de vie, le matériel de travail des artistes se fait rare à Bel-Air.
Pourtant, ceux-ci mentionnent un sentiment d’appartenance qui les oblige à rester défendre ce quartier ô combien stigmatisé ! « Il m’arrive d’être pris de haut lorsque je dis d’où je viens, confie Paolo n’ayant jamais habité ailleurs. Mais je sais ce que vaut Bel-Air ». Pour avoir donné un nombre considérable de personnalités publiques comme Frankétienne et Coupé Cloué, et parce qu’il regorge encore de brillantes potentialités, Bel-Air ne peut qu’inspirer fierté, selon lui.
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Bel-Air demeure un village d'artiste, malgré la violence des gangs
Des artistes comme Paolo refusent d'abandonner la zone. " Il m'arrive d'être pris de haut lorsque je dis d'où je viens. Mais je sais ce que vaut Bel-Air " Premier quartier de Port-au-Prince ...
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