... bouger.
Bien entendu, il s'agit d'exceptions. La grande majorité suit ce que leurs parents et surtout leurs enseignants leur ont inculqué dès l'enfance à savoir " ti Moun se ti bèt" et par conséquent faut les dresser comme on dresse une bourrique.
Ce dicton en dit long sur la déshumanisation ou bien disons dans ce cas précis l'assimilation des êtres humains à des animaux.
Aussi ne vous étonnez pas que Fouco et sa bande de tèt pete arriérés puissent voir dans des chiens des personnes et vice-versa des personnes qui seraient selon eux en réalité des animaux transformés.
Ne vous étonnez pas non plus de la violence sanguinaire des chefs de gangs et qu'elle puisse être banalisée- comme celui de la Croix des Bouquets qui a décapité des personnes âgées qu'un des copains des Fouco et Cie lui avait dit être responsable de la maladie de son enfant.
Le cannibalisme n'est pas loin non plus quand manger équivaut à tuer en créole - et d'ailleurs on a vu ces mêmes chefs de gangs dévorer des parties des corps de ceux qu'ils avaient massacrés.
L'espèce de mixture faite par des éléments des classes moyennes - et plus précisément celles issues de la paysannerie entre :
- les pratiques soi-disant magiques du vaudou : talismans, poudres, parfums, "sacrifices"," pwen" susceptibles de se protéger contre des ennemis et de les assassiner si besoin est et celles également soi-disant magiques;
-et celles des différentes sectes protestantes dans lesquelles dominent les "évangéliques" (les mêmes qui aux USA prennent Trump pour l'envoyé de dieu) : prières et jeunes permettant d'obtenir des faveurs comme un visa pour les USA, de se protéger des "diables", lesquels semblent en Haïti représenter une "population" plus nombreuse que les personnes.
Cette mixture est celle qui a permis à un BBQ et ses partisans en Haïti et dans la diaspora de se présenter tout en terrorisant la population comme défenseur de la population. Duvalier l'avait fait avant lui. Il n'est qu'un de ses héritiers, conseillé par la bande des Louissant alias Ralph Laurent et Cie, des déséquilibrés, victimes de l'apartheid feutré régnant en Haïti, totalement mégalomane, avides de revanche, qui se sont accrochés à lui comme puces sur les chiens, voulant voir en lui celui qui les vengera de leurs blessures d'ego. Parce qu'il faut être honnête la société haïtienne est productrice de monstres.
La population d'Haïti en 1986 au départ de Duvalier fils, était de 6 619 000, aujourd'hui en 2025 elle est de 12 millions selon des estimations. Voir le schéma ici.
Mais nul ne se soucie des chiffres au niveau de l'État et des intellectuels dominants : la bande du G 184 sous la coupe d'Apaid ayant fait alliance avec le même Guy Philippe dont ils se sont empressés de se distancier à partir du moment où les USA lui ont dit : Stop, ta mission de déstabilisation est terminée. Retournes à tes activités antérieures et pour remerciements services rendus nous fermerons les yeux.
Les "nostalgiques" à la Lyonel Trouillot du temps où "sous Duvalier les rues étaient propres" ( bien entendu il parle des rues des quartiers où classes moyennes inférieures, supérieures et bourgeoisie résidaient). Les nostalgiques à la TT dont le papa était chef de section, eux, parlent du temps où l'utilisation du "koko makak" faisait office de politique de discipline des "masses" analphabètes, cantonnées dans des espaces ruraux qui ne leur offraient aucune possibilité d'émancipation et de développement.
Mon ami parti, l'écrivain et cinéaste Roland Paret, me rappelait constamment que les enfants répétaient la culture de leurs parents et ainsi de suite. Et que seule une éducation ouverte au monde permettrait de rompre avec ce cycle du pareil au même générations après générations.
Nous avons un pays qui est tout jeune et nous faisons comme si son histoire était aussi ancienne que celle de la France et que les racines de la colonisation - "Saint-Domingue perle des Antilles", métamorphosée en "Haïti perle des Antilles" - étaient les nôtres, un héritage culturel avec tout son bagage d'atrocités, qu'il nous fallait conserver.
Baisser les yeux, "kalòt marasa", fouet, rigwaz, "martinet", agenouillements, tout un programme bien huilé pour formater des individus soumis et violents à la fois. Restavèk et indisciplinés à la fois. Mendiants et cupides à la fois. Bref une recette qui n'a rien à voir ni an pent ni an pentu avec l'assassinat de Dessalines -qui lui-même la pratiquait- mais avec une intériorisation des pratiques des colons esclavagistes pour dresser des hommes et des femmes à accepter leur déshumanisation comme "normale", comme relevant d'une volonté divine.
Plus que le " Pa néglije ba yo sa yo mérite" parole de violence que l'on retrouve chez plus ou moins chez tous les dirigeants haïtiens comme le"mache pran yo Divalye", c'est le "Tout moun se moun", qui a fait se braquer les élites et les classes intermédiaires contre Aristide et lui vouer une haine à mort, l'ensemble de ceux qui considéraient ( considèrent ?) que la société haïtienne est composée de deux classes: celle des supérieurs, celle des inférieurs.
L'auteur du texte est très gentil. Il prend mille et une précautions pour ne pas heurter, pour faire comprendre son point de vue, pour respecter la culture haïtienne. De quelle culture il parle ? Ce qui n'est pas mon cas parce que je trouve totalement répugnant que cette société ose faire de "sa culture" des enfants restavek, des enfants battus, torturés, des enfants violés, des enfants mentalement handicapés qui produiront des Luc Désir, des Mme Max Adolphe, des Zaccharie Delva, des Barbecue, des Izzo et ainsi de suite..
Mais bon il s'agit d'un premier pas qui laisse augurer d'une prise de conscience de la nécessité d'accepter d'arrêter de feinter et d'esquiver de se regarder dans un miroir.
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