... Métropole.
M. Supplice dans cette ITW se positionne à la manière d'un " repenti" . Vous savez ces personnes qui ont participé directement ou indirectement à des crimes et qui espèrent en être exonérés.
Ce M.Supplice fait comme s'il n'avait pas été au coeur du régime des 2 Duvalier et qu'il n' avait pas été l'un des profiteurs de ce régime sanguinaire qui opérait sous le patronat des USA.
Ça me fait toujours de la peine quand des décennies plus tard il se trouve des Haïtiens qui ont été des victimes de ce régime- non pas parce qu'ils auraient été persécutés, exilés, emprisonnés à vie et carrément tués, ceux-là représentent une minorité- mais parce que tout simplement après les 29 années de cette dictature auxquelles s'ajoutent celles des gouvernements militaires, la majorité des Haïtiens (80% et plus) étaient analphabètes, ne possédaient pas de documents d'identité.
Celui qui se prétendait " défenseur des Noirs" a appliqué l'exacte et même politique de mépris de la majorité Noire que Boyer, un Mulâtre honni par ces mêmes personnes nostalgiques " di tan Divalye" qui disait que les paysans n'avaient pas besoin d'être instruits. Ce qu'on attendait d'eux, selon lui, c'est que par leur travail ils concourent à payer la "dette de l'indépendance" et qu'ils acceptent leur statut d'êtres inférieurs - comme du temps ( béni ?) de l'esclavage.
Ce qui est particulièrement exaspérant, c'est que cette propagande pro-duvaliériste est amplement relayée par ceux qui ont ont eu accès à l'éducation, grâce à la chute de la dictature et à la ré-ouverture du pays au monde.
Ce qui est particulièrement révoltant, c'est que ces gens-là devenus par l'opération du Saint-Esprit (le Saint- Esprit figurant le fric et le pouvoir ) des super intellectuels, des " directeurs d'opinion" (et M. Bajeux avec tout le respect que l'on lui doit pour son combat en a été un complice) ont contribué et continuent à la faire comme le montre le retour des duvaliéristes et de l'oligarchie au pouvoir de manière officielle (alors qu'ils ont toujours été derrière la scène pour boycotter les aspirations de la population à la démocratie soutenues financièrement par des réseaux d'extrême-droite dans la diaspora, par les oligarques locaux ( les Bigio et cie) ainsi que par les USA et leurs agences (IRI, NED, CIA, DEA, USAID).
Un programme qui s'est finalisé en passant par l'Initiative d'Ottawa par le sabotage de la commémoration des 200 ans d'indépendance, dont ces "moron", ces "grantimoun" sont jusqu'au jour d'aujourd'hui fiers de ce "Zatrap", de ce piège dans lequel a été enfermée la majorité des Haïtiens. Dégueulasse.
Et pour lequel ils ont été individuellement récompensés en tant que subalternes : prix littéraires, postes au gouvernement et dans la diplomatie, participation à la prédation permettant l'enrichissement personnel, l'arrogance, l'exposition des gros ventres, des bagouses en or, des cigares, la stupidité rayonnante. Dégueulasse.
Alors que des super-propagandistes de Trump, font leur mea culpa et avouent avoir emprunté une mauvaise route, les néo-duvaliéristes équivalents des MAGA en Haïti, refusent de s'excuser pour les malheurs infligés au peuple haïtien en le livrant à la gouvernance d'un Core Group/USA, aux crimes de la Minustah , dont la pédophilie jusqu'à en arriver à la gangstérisation actuelle de la capitale économique du pays.
Ce pourquoi je m'élève contre cette bizarre et réductrice lecture de l'histoire d'Haïti qui la présente comme depuis 1804 comme faillie- certains datant cette faillite à l'assassinat de Dessalines, d'autres arguant (Soukar) qu'Haïti aurait accédé à l' indépendance trop tôt, d'autres assimilant la minorité éduquée des Haïtiens à des insignifiants( E. Renoncourt) comme si la lutte au cours des 300 ans d'esclavage et celle à partir de l'indépendance n'avait pas eu de multiples combattants lettrés et des illettrés dont la plupart sont anonymes.
Comme si l'économie du pays d'Haïti n'avait pas été agressée dès son indépendance par les puissances coloniales. Comme si le pays d'Haïti n'avait pas tenté de trouver des moyens de lutter contre cette agression comme le Roi Christophe l'a fait en s'alliant à l'Angleterre, comme Pétion l'a fait en tentant d'intégrer la lutte des Haïtiens à celle des Sud-Américains, comme si n'avait pas existé des Anténor Firmin, des Etzer Villaire et tant d'autres.
Quand on regarde le cas Epstein, quand on lit les échanges entre ceux-là qui appartiennent aux richissimes du monde occidental, on se rend compte qu'il s'agit d'une affaire idéologique et économique, (recolinisation des pays du Sud Global, captation de leurs ressources, déshumanisation de leurs populations) planifiée depuis des années avec la participation d'intellectuels, de scientifiques, de politiciens et des milliardaires des entreprises de la tech comme Peter Thiel. Mis à part l'aspect des transgressions sexuelles et perversions (pédophilie et tortures opérées sur des enfants et jeunes adultes) qui jouent un rôle important dans la construction du réseau d'adhésion à ce programme mortifère.
L'insignifiance des "élites" haïtiennes actuelles est réelle parce que se refusant de comprendre que l'histoire du pays d'Haïti n'est pas comparable à celle de la RD, à celle d'autres pays de l'AM. du Sud, à celle des USA, parce que au départ ce pays d'Haïti - qui déjà a eu l'audace de se nommer à partir des premiers habitants, rappelant l'histoire de leur génocide par les colons- aurait commis, selon les Blancs, un crime de lèse, majesté, inacceptable et impardonnable : celui de réfuter la malédiction des fils de Cham tel que racontée dans la Bible, livre largement utilisé en Haïti par les partisans de la White supremacy, justifiant l'infériorité des Noirs afin de légitimiser " au nom de dieu" leur prédation internationale des pays du Sud Global sur laquelle repose leur prospérité.
C'est cette idéologie appartenant à ceux que les Étatsuniens désignent par la " Epstein class" qui a été exprimée par Marco Rubio dans son discours à Munich, enjoignant les anciennes puissances coloniales à une nouvelle croisade, consistant à reconquérir leurs ex-colonies et à exercer leur domination sur les pays du Sud Global. Ce qui lui a valu une " standing ovation" parce qu'il s'est présenté comme défenseur de la culture occidentale... Contre les pays du Sud Global. Contre les non-Occidentaux. Contre la majorité des peuples du monde.
Voici donc ce descendant de Cubain marié à une Colombienne aux cheveux teints en blond pour faire plus Blanc que Blanc, qui fait la leçon à des Européens, évoque Mozart et qui après avoir dit tout le mal qu'il pensait de Trump a accepté de devenir son ministre des Aff. étrangères.
Mais attention, Marco Rubio compétiteur de Trump qui dans une campagne pour la présidence traite Trump de tous les noms, ne signifie pas qu'il ne partage pas ses idées. Ainsi , il est le premier à justifier les tueries hors la loi de passagers de bateaux dans les eaux internationales, le kidnapping hors la loi de Maduro et sa campagne visant à " affamer jusqu'à la mort la population de Cuba", le pays de ses parents.-Écoutez ce que dit Trump influencé par Rubio sur Cuba. Ce que "Little Marco" dénomme la supériorité de la civilisation occidentale, c'est ça . Dégueulasse.
aEXTRAITS :
Ces réflexions me viennent à l’esprit en lisant le prix Deschamps 1997, Karioka de Daniel Supplice, accueilli à sa publication, en 1998, par un silence abyssal. J’avais moi-même hésité à acheter ce texte (Roman? Récit? Reportage?) à cause de son prix, (400 gourdes !), quand un ami me fit remarquer qu’il s’agissait de la tragique aventure des 13 de Jeune Haïti, en août-novembre 1964.
Roger Dorsainville, lui, fit paraître en 1973, un roman, dont le titre éclatant: Mourir pour Haïti, ne laissait aucun doute sur la grille de lecture que l’auteur imposait, sur le niveau sémantique du texte. A travers ces récits, émergent les figures d’Esther et du Dr Legros, ces personnages tirés d’une autre tragique aventure, celle des militants du PUCH en 1969.
‘‘Six mois plus tard à Cazale, on découvrit sous les débris d’une case où s’étaient battus les derniers résistants, les restes calcinés d’un géant. Les doigts réduits à l’os de ses ‘‘mains de soie’’ étaient désespérément crispés sur la crosse d’une mitraillette tordue’’. (Mourir pour Haïti. p. 144).
Au contraire, le titre dérisoire de Karioka, nom d’une espèce de sandales en cuir, nom aussi des habitants de Rio de Janeiro, annonce une volonté d’expurger l’histoire de tout état d’âme. Trente-quatre ans après les événements, voici qu’un membre connu des technocrates dits ‘‘Jeanclaudistes’’ choisit de raconter les quatre-vingt-dix jours de Jeune Haïti, en même temps qu’un militaire de haut rang, le général Prosper Avril, publiait dans son dernier livre les dépositions faites avant leur exécution le 12 novembre 1964 par Louis Drouin et Marcel Numa. (Vérités et révélations, t. 3, p. 417-431). De cette aventure, dit l’auteur de Karioka, ne restent que deux crânes, l’un qui servait aux fêtes de carnaval, et l’autre, toujours enfoui à Delmas 33, derrière l’ancien Drive in (p. 12). En d’autres mots, ‘‘yo jwenn sa yo te merite’’: ‘‘ils ont eu ce qu’ils méritaient’’.
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C’est une génération d’adolescents saisis par la sinistre réalité d’un pouvoir tueur. En septembre 1957, les couleurs sont annoncées. Clément Barbot et ses macoutes fonctionnent: journaux incendiés, journalistes torturés comme Mme Yvonne Hakime Rimpel, tués comme Georges Petit, parlementaires tués comme le député Frank J. Séraphin, le sénateur Yvon Emmanuel Moreau ou acculés à s’enfuir comme les sénateurs Jean David, Jean Bélizaire et Thomas Désulmé (qui y perdra deux fils). Les partisans de Déjoie, Jumelle, Fignolé sont pourchassés. Comme le dira Duvalier à son discours de Damien: ‘‘ici, on ne peut travailler si l’on n’est pas Duvaliériste’’. Invitation claire à l’exode massif des techniciens. Deux frères de Clément Jumelle sont exécutés alors qu’ils sortent de leur cachette, menottés à des officiers de police. Clément jumelle, malade, meurt à l’ambassade et son cercueil est kidnappé, avant d’arriver au cimetière, par un groupe de militaires et de macoutes dirigés par le lieutenant John Beauvoir.
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Le récit-reportage à ras le sol de Daniel Supplice a pourtant le bénéfice de nous souffleter en plein visage et donc de nous réveiller de nos torpeurs. Trente-quatre ans après, seules quelques bribes de récits sont encore marmonnées dans la Grande-Anse. Le silence des témoins et des rescapés contribue dans une société où l’oral est roi à une amnésie collective. On dit que les trois derniers combattants: Roland Rigaud, Réginald Jourdan, Guslé Villedrouin, après une marche de près de 200 km, n’avaient plus que des pierres pour se défendre. Le magistrat communal de l’Asile envoya un télégramme à Duvalier: ‘‘Excellence, vous envoie têtes coupées’’. Comme dit Philippe-Marcelin ‘‘Yo koupe tèt solèy la. Gade jan l’ap senyen sou nou! On a coupé la tête du soleil. Regarde comme elle saigne sur nous’’.
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