L'ambassadeur en République Domicaine qui dénonce la corruption dans ses services sous le régime de Latortue/ Alexandre.
Une grève de transporteurs prévue le 28 et 29 août à Port-au- Prince.
Des députés et sénateurs de Lespwa qui protestent contre le traitement fait aux "Zélites" commerçantes arrêtées.
Un journaliste de Radio Vision 2000 (appartenant à R Boulos (lequel des R ? Je ne sais pas) qui démissionne de la toute nouvelle commission créée pour faire la lumière sur l'assassinat de Jean Dominique (Et des autres journalistes assassinés)
Un nouveau journal qui paraît à Brooklyn sur le nom de Haïti Liberté avec des anciens de Haïti Progrès et de Haïti Tribune qui tire à boulets rouges sur Préval.( Il aurait trahi Cuba. Ala Traka. Mais que dit Castro sur cette affaire de trahison ?)
Le kidnapping du militant lavalassien Lowinsky Pierre de la Fondation 30 septembre
Le "suicide" de Roudi Kernisan, chef de LameTimanchet, un gang responsable d'assasinats de partisans d'Aristide.
On dirait que quelqu'un cherche à ce que le chef d'Etat fasse un faux pas.
On dirait que le chef de l'Etat en déclarant la guerre à la corruption à mis les pieds dans une fourmillière.
On dirait aussi que sa politique qui consiste à ne pas se mettre à dos les trois grandes puissances : USA, Canada, France qui gèrent la politique haïtienne, tout en continuant de garder des rapports constructifs avec Cuba et le Venezuela dérange la classe politique habituée à naviguer entre le tout blanc et le tout noir. Un jour à droite, un jour à gauche, un jour manigatiste, un jour aristidien, un jour gnbiste, un jour duvaliériste, un jour ONGiste selon les opportunité à saisir.
Est-ce qu'il n'y aurait pas derrière tout cela une histoire de gros sous ? On se rappelle le rôle important joué par l'argent dans les 2 derniers coups d'Etat...
C'est vrai, qu'il n'est pas facile pour des politiciens haïtiens, toutes tendances confondues de comprendre et d'admettre la politique menée par Préval. Son mot d'ordre :"Poze, depoze, repoze" déclenche moqueries et golibets. Il donne l'impression de ne pas bouger. On se plaint, avec raison, dans les milieux progressistes que tout l'appareil d'Etat mis en place par Latortue soit encore en place en dehors des ministres, des chefs de cabinet et de quelques conseillers.Des hommes connus pour leur violente opposition, allant jusqu'à attaquer la personne même du Président, représentent ce même Président dans les ambassades avec tous les risques que cela comporte.
Or, si on analyse les événements qui se sont déroulés depuis l'arrivée d'Aristide au pouvoir en 1991 (comme le temps passe vite), on constate que les forces réactionnaires n'ont jamais baissé les bras, ne serait-ce qu'une seconde. Parce qu'elles tiennent l'économie du pays entre leurs mains, elles peuvent à tout moment avec leur alliés politiques/ économiques de l'internationale et les média faire basculer le pays dans le chaos. Le rapport de force n'est pas pour l'instant en faveur des femmes et des hommes de progrès. Il ne faut pas se faire d'illusion, rien ne sert de bomber le torse et de hurler à l'offense à la Nation. Haïti n'est pas comme le Venezuela un puit de pétrole, ni n'a comme l'Inde de bombes nucléaires.
Il est vrai que la politique gouvernementale soulève parfois de forte interrogations et inquiétudes. Les prisonniers lavalas encore en prison, la non-baisse jusqu'à récemment du prix du pétrole, le prix des denrées alimentaires qui grimpent, le limogeage des employés de la Téléco, l'annonce de prochaines privatisations d'entreprises de l'Etat. Tout ça fait désordre.
Mais si on y regarde de plus près, le gouvernement de Préval suit "posément" le programme qu'il s'était fixé. Tout d'abord ramener la sécurité. A ce niveau, revenant d'Haiti, j'ai pu entendre les divers témoignages des habitants de Port-au-Prince qui se réjouissent de pouvoir circuler dans toute la ville. L'indépendance énergétique: Haïti fait maintenant partie du programme PetroCaribe qui va lui permettre de raffiner le pétole et de l'acheter à des prix avantageux. Des centrales électriques devront bientôt être construites. La santé: Haïti a maintenu et renforcé ses liens avec Cuba. Au niveau de l'Education: même topo. un projet d'alphabetisation selon la méthode cubaine dite " Yo, si puedo" (méthode qui a obtenu, dans le plus grand silence des media en 2006, le prix UNESCO de l'alphabétisation) est en train d'être mis en place.
Au niveau de l'agriculture et du commerce: là c'est plus délicat parce que l'on touche au beau monde de habitués des coups d'Etat. En dehors de l'annonce un tantinet tapageuse du Premier ministre qu'Haïti doit marcher vers l'autosuffisance alimentaire, on n'a pas encore vu le bout d'une réforme. Déjà il faudrait regarder du côté des contrebandiers et autres fraudeurs qui cassent les prix du marché avec leurs importations de denrées alimentaires qui laissent à désirer mais seuls accessibles aux consommateurs. Imaginons ce qui pourrait se passer si Préval à l'instar d'un Hugo Chavez fixait les prix des denrées de première nécessité, régularisait le commerce d'eau potable, celui des cellulaires, le prix des loyers, augmentait le salaire minimum. Comme par hasard l'insécurité remonterait d'un cran. Et quel en serait les conséquences ? D'après vous ?
Préval hérite d'un Etat totalement exangue, situation due d'une part à l'arrêt des financements internationaux pendant son premier mandat et celui brutalement interrompu d'Aristide, d'autre part au pillage systématique pratiqué pendant les 2 années Alexandre/ Latortue. Il se trouve d'un côté face à un peuple humilié, maltraité, frustré et en colère et de l'autre face à une minorité arrogante, sans scrupules et prête au pire pour garder ses privilèges. A ce tableau il faut ajouter, last but not the least, un ancien président, Aristide arraché manu militari de son siège, dont Préval semblerait pour ses partisans,occuper illégitimement la place. Avec ça comment éviter le clash que d'aucuns d'ailleurs prédisait dès son élection ?
C'est le choix de cette politique "posée" qui lui a permis d'avancer malgré les pièges qui lui sont tendus à toute les occasions. Jusqu'à quand ce gouvernement pourra-t-il résister aux provocations menées par ceux de diverses obédiences politiques qui craignent la réussite d'une politique qui vise au bien être de la population ?
Car il ne faut pas se raconter d'histoire les gouvernements d'Aristide et de Préval ont été les seuls, jusqu'à présent avec peu de moyens et beaucoup d'ennemis à agir pour le développement de la majorité de la population. Et c'est d'ailleurs le principal et réel reproche qu'on leur fait.
Le tort d'Aristide c'est d'avoir compté sur une mobilisation populaire spontanée. Ce faisant il a entraîné ses partisans, (sans compter les dérives maffieuses) les pauvres des villes et de la campagne dans une aventure qui leur a coûté gros en pertes humaines, matérielles et a été la cause de dégâts psychologiques graves en leur sein. Puisque jamais justice ne leur a été rendue.
Préval ne marche pas dans les pas d'Aristide et veut éviter de faire des martyrs dans la population et c'est tout à son honneur. Parce que plus souvent que rarement les casseurs ne sont pas les payeurs. Aristide est parti à deux reprises en exil et pendant ces deux absences des milliers de gens ont été tués, violés, traumatisés.Il ne faudrait pas que cela recommence.
Or, certains milieux progressistes et jusqu'auboutistes poussent à la confrontation. Impatients, désireux de prendre leur revanche, ils confondent stratégie et atermoiements. Si confrontation il devrait y avoir sur quelles armes, sur quelles solidarités, la population exténuée par des combats qu'elle a menés généralement seule pourraient-elles compter ? Cuba, le Venezuela ? Il ne faut pas oublier les paroles de De Gaulle: "la France n'a pas d'amis mais des intérêts" sont valables pour toutes les nations. Quant aux progressistes haïtiens, (le peu qu'il en reste après l'affaire de 2004) de la diaspora comme de l'intérieur on sait bien qu'au moindre "boum" ils sont déjà à l'aéroport ou dans les ambassades.
C'est pourquoi il nous faut mettre notre puérile impatience dans un mouchoir y faire un noeud et le mettre dans notre poche, réfléchir sur le passé, penser à l'avenir de manière à construire notre présent. Le peuple haïtien, un des plus politisés de la région, l'a compris parce qu'il a expérimenté à ses dépens les prises de décisions spectaculaires, positives en soi mais sans moyens pour les mettre en action. Nos ego peuvent souffrir d'une situation humiliante sous plusieurs aspects mais il ne s'agit pas de ça, l'important est de tenir le cap, de serrer sa ceinture, de "mare ren nou", d'être zen et d'apporter notre collaboration au projet collectif de développement des conditions de vie la majorité de la population. Et c'est précisément ce qu'elle attend de nous comme j'ai pu le constater au cours de mon long séjour en Haïti.

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