April 14, 2004
By TOM REEVES
Je reviens ce mois-çi d'Haïti où je me suis rendu en tant que membre de la première délégation indépendante d'observateurs des US après l'éviction, le 29 février du Président Jean Bertrand Aristide. Il y a plus d'une décade, j'avais aidé à l'organisation du "New England Observer Delegations" pour Haïti...neuf groupes de peronnalités de la région de Boston qui se sont rendus en Haïti après le premier coup d'Etat contre le Président Aristide. Nous avons été témoins de la terreur que faisait régner l'armée haïtienne et qui a causé la mort d'au moins 3000 militants qui ont été assassinés. Nous avons été également témoins de la joie presque générale des Haïtiens pauvres des villes et de la campagne (85% de la population) au retour d'Aristide.
This time I went to see the results of another coup against Aristide, one clearly planned, funded and orchestrated by the U.S. I felt a terrible déjà vu: massive violence against the poor, especially against Aristide's Lavalas movement; the very same paramilitary and former Haitian army officers committing the atrocities. Convicted mass murderers acting as judges, administrators and police. Despite intimidation and brutal attacks on the poorest neighborhoods, we saw overwhelming support for Aristide among the poor, and violent hatred of Aristide by the tiny elite. A crucial difference was the attitude of the professionals and many intellectuals. They expressed a sense of betrayal by Aristide, and joy at his fall. Yet one of them told me, "The Haitian people elected Aristide, and only they should have been able to take him down."
Cette fois-çi je suis allé voir les résultats d'un autre Coup contre Arsitide, un coup clairement préparé, financé et orchestré par les US. J'ai eu l'impression d'un horrible déja vu : violences massives contre les pauvres, particulièremeng contre le mouvement Lavalas d'Aristide; exactement les mêmes paramilitaires et les anciens officiers de l'armée haïtienne commettant les mêmes atrocités. Des criminels reconnus coupables devant la justice, qui rendent la justice, s'occupent de l'administration et de la police. Malgré les intimidations et les attaques brutales dans les quartiers pauvres nous avons pu constater un soutien général à Aristide chez les pauvres et une haine violente d'Aristide dans la minuscule élite. J'ai noté une différence cruciale chez les professionels et les intellectuels. Ils expriment leur sentiment d'avoir été trahis par Aristide et leur joie de sa chute. Cependant l'un d'eux m'a dit: " Ce sont les Haïtiens qui ont élu Aristide et ce sont eux qui auraient dû le faire tomber."
We heard from people who witnessed night--time raids against Lavalas. In one case in the poor neighborhood of Bel Air, we were told U.S. helicopters came with blinding lights, heavily armed U.S. fired into crowds, killing between five and twenty persons (March 17). Members of our group interviewed relatives of victims and eyewitnesses to this attack. In case after case, we were told that known criminals and former army men were incorporated into the police. They harassed or beat Lavalas supporters and hounded for "arrest" former government officials.
Nous avons entendu des témoins qui ont assisté aux raids nocturnes contre des partisans de Lavalas. Dans un des cas qui s'est passé dans le bidonville de Bel Air, on nous a dit que les hélicoptères US sont arrivés avec leurs phares tout allumés et ont tiré dans la foule, tuant entre 5 et 20 personnes( 17 mars). Ils harcèlent et battent les partisans de Lavalas et font la chasse pour les arrêter aux anciens membres du gouvernement.
A stream of people came to see us from their hiding places at great risk to tell us this. Jeremy was one. Now 21, he met Aristide at age 11. He worked for Children's Radio (Radio Ti Moun) funded by Aristide's foundation. Jeremy tearfully recalled the past month: He fled the radio station as it was trashed. He was chased and saw his young companions beaten. He ran from his aunt's house as three former military came looking for him. They shot his aunt and she died on the way to the hospital. This happened a week before we arrived. Jeremy had been afraid to go to her funeral.
Des gens ont défilé pour venir nous voir en prenant le risque énorme de sortir de leurs cachettes. Jérémy est un de ceux-là. Agé de 21 ans, il a rencontré Aristide à l'âge de 11 ans. il travaillait pour la radio Ti Moun, un radio pour enfants créée par la Fondation Aristide. En larmes, Jeremy me raconte les événements du mois passé : il s'est enfui de la radio comme il était pourchassé. Il était poursuivi et a vu ses copains recevoir des coups. Il s'est enfui de chez sa tante au moment où trois anciens militaires sont venus le chercher. Ils ont tiré sur sa tante et elle est morte sur le chemin vers l'hôpital. Ca s'est passé une semaine avant notre arrivée. Jeremy a eu peur d'assister aux funérailles.
A woman came to us from the community group, Ai Bobo Brav, victims of the last coup. I'd met her last March when she told me, "Every Haitian baby knows Bush's game." Back then she'd forecast the coup. Now she was living it. "While your President was sleeping in his bed, they kidnapped our president. They dragged him off. It was so disrespectful. It hurt me so. She wept.
Une femme du groupe communautaire "Ai Bobo Brav", qui avaient été victimes du dernier Coup (note perso: avec un nom pareil, l'attaque était prévisible), s'approcha de moi. Je l'avais rencontré en mars dernier quand elle m'avait déclaré : " Chaque bébé haïtien est au courant du jeu de Bush" A l'époque elle prévoyait le coup d'Etat. Maintenant elle le vivait. " Pendant que votre président était en train de dormir, ils ont kidnappé notre président. Ils l'ont sorti de force. C'était si irrespectueux. Cela m'a beaucoup blessé." Elle se mit à pleurer.
Driving back to Port Au Prince from Jacmel on Friday, I saw a cow munching on garbage by a sign in English advertising a school. The sign said, "Welcome to the American Learning Zone." The U.S. State Department point man on Haiti, Roger Noriega (also involved in the Iran--Contra plot in Nicaragua) told an audience in Washington last year that Cuba and Venezuela should pay close attention to events in Haiti. One of the first acts by U.S. marines after landing in Haiti this year may have been to establish a perimeter around Mole St. Nicolas, the peninsula opposite Guantanamo, jutting into the narrow strait between Haiti and Cuba. Local residents reported to Haitian news media that U.S. military structures were being built on the site long sought by the U.S. as a companion base to Guantanamo.
Revenant de Jacmel à Port-au-Prince par la route, j'a vu une vache fouillant dans les fatras à côté d'une pancarte écrite en anglais annonçant une école. La pancarte disait : "Bienvenue dans la zone américaine d'instruction". Roger Noriega, le numéro un pour Haïti au département d'Etat US (également impliqué dans le complot Iran-Contra au Nicaragua) a déclaré devant un public à Washington l'année dernière (2003) que Cuba et le Venezuela devraient faire très attention à ce qui se passe en Haïti. L'une des premières actions des Marines US en débarquant en Haïti aura été d'établir un prérimètre autour du Môle Saint Nicolas, la péninsule qui fait face à Guantanamo, au bord de l'étroit couloir entre Haïti et Cuba. Les gens du coin ont rapporté à la presse haïtienne que des structures militaires étaient en train d'être construites sur le site du côté haïtien, une sorte de base, compagne de Guantanamo.
What interests provoke such an expensive, brutal lesson in Haiti? Haiti has no oil. Of course there are thousands of sweat shop workers who toil for less than a dollar a day. Of course there are big US companies that supply rice, wheat and other staples supplanting Haitian rice and cassava, so that nearly 70% of the food consumed by Haitians must be imported, mostly from the U.S. This for a country that once provided more wealth to France than all its other New World colonies! And then there is Aristide, the little Liberation Theology priest who preached a message of conflict between the tiny elite and the desperately poor majority. Haiti is so close to Cuba -- that other obsession of U.S. foreign policy. One of Aristide's first acts was to establish ties with Cuba. More than 500 Cuban doctors remain in Haiti, helping the poorest communities. They must be remembering Grenada, where a U.S. occupation twenty years ago ousted Cuban doctors. Most of all, Haiti sits in what the U.S. sees as it's back yard, it's playground, it's lap. Upstart, uncontrolled forces there are just too close to home. So -- Venezuela and Cuba and others beware: Haiti is the American (imperial) learning zone.
Quels sont les intérêts qui motivent de donner une si couteuse et violente leçon à Haïti? Haïti n'a pas de pétrole. Bien sûr qu' il y a un quelques milliers d'ouvriers de "sweat shop" qui travaillent pour moins d'un dollar par jour. Bien sûr qu'il y a de grosses entreprises US qui vendent du riz de la farine, et autres denrées supplantant ainsi le riz haïtien et la cassave, de sorte que presque 70% de la nourriture consommée par les Haïtiens doit être importée principalement des USA.(...) Et puis, il y a Aristide, le petit curé de la Théologie de la Libération qui a prêché un message de confrontation entre la minuscule élite et la majorité désespérément pauvre. L'une des premières mesures d'Aristide a été de rétablir les relations avec Cuba. Plus de 500 médecins cubains sont restés en Haïti, aidant les plus pauvres communautés. Ils doivent se rappeler de Grenade où, il y a vingt ans, les occupants US avaient chassé les médecins cubains. Avant tout, Haïti se trouve dans un espace que les Etats Unis considèrent comme leur arrière-cour, leur cour de récréation, Ils sont trop proches de la maison pour y laisser des forces incontrolées. Alors...Venezuela, Cuba et les autres faites attention : Haïti est la zone d'instruction (de l'empire) .
HAITI SHOULD BE A LEARNING ZONE FOR SOLIDARITY ACTIVISTS, TOO
Haïti devrait être une zone d'instruction également pour les militants
Haiti should be a learning zone for all Americans who would understand and counter the imperial U.S. policy of intervention world--wide. If the U.S. can get away with covert and overt support for a "rebellion" in Haiti led by former military and para--military, many of whom have been convicted of murders and other human rights violations dating to the last coup, it will be psyched for similar operations in Venezuela and perhaps even in Cuba.
Haiti devrait être un zone d'instruction pour tous les Américains qui voudraient comprendre et contrer les forces impériales des US. leur politique d'intervention dans le monde. Si les US peuvent s'en sortir en ayant soutenus et couverts une " rebellion" dirigée par d'anciens militaires et para-militaires, dont beaucoup d'entre eux ont été condamnés pour des meurtres et d'autres violations des droits humains lors du coup d'Etat précédent , ce sera un modèle pour des opérations similaires au Venezuela et peut-être à Cuba.
The evidence is clear: U.S. weapons (intended for the Dominican army) were smuggled into Haiti by former Haitian military and para--military, many of whom were trained and long funded by the CIA and other U.S. agents. U.S. money, both government and private, flowed into the coffers of NGOs attached to the "opposition" -- the right--wing Convergence and the neo--liberal "Group of 184," led by the Haitian business elite (including the sweat--shop owners) and widely publicized by the ultra--conservative "Haiti Democracy Project"(HDP) in Washington, D.C. Among the funders and organizers of the opposition were the IRI and NDI, the international NGOs closely tied to the U.S. Republican and Democrat Parties respectively. IRI and HDP operatives were present at meetings organized by FRAPH (a CIA--funded para--military group) and former Haitian military in the Dominican Republic -- at which Dominican authorities claimed plans were laid a year ago for a Haitian coup.
Il est évident que les armes US ( à l'intention de l'armée dominicaine) ont été introduites en Haïti par les anciens militaires de l'armée haïtienne et les paramilitaires dont beaucoup d'entre eux ont été entraînés par la CIA et d'autres agents US. De l'argent US, privé et public a rempli les caisses des ONG attachées à "l'opposition"... la droite : La Convergence et les néo-libéraux du Goupe 184, dirigés par l'élite commerçante haïtienne et largement mise en avant par l'organisation ultraconservatrice "Haiti Democracy Project" (HDP) à Washington,D.C. Parmi les fondateurs et les organisateurs de l'opposition se trouvaient l'IRI et la NDI, les ONG internationales étroitement liées aux partis républicains et démocrates US. Des cadres de l'IRI et de Haiti Democracy Project étaient présents à une réunion organisée par le FRAPH (un groupe parmilitaire fondé par la CIA) et d'anciens militaires à la République Dominicaine-- ce pourquoi les autorités dominicaines ont déclaré que les plans pour faire le coup d'Etat ont été élaboré une an auparavant.
In Jacmel, we met students, women and union organizers who had formed specifically anti--Aristide groups to counter the existing organizations in Jacmel -- for the purpose of joining the demonstrations led by the Convergence and 184 to demand the ouster of Aristide earlier this year. Pierre J.G.C. Gestion, a leader of the MHDR (Haitian Movement for Rural Development) proudly asserted his connection to USAID, the State Department Democracy Enhancement program and the NDI. "They trained us and taught us how to organize, and we organized the groups you see here to demand the corrupt government of Aristide be brought down."
A Jacmel nous avons rencontré des étudiants, des femmes et des syndicalistes, qui avaient formé un groupe anti-Aristide pour contrer les organisations existant à Jacmel dans le but de participer aux manifestations conduiite par la Convergence et le G184 pour demander l'éviction d'Aristide au début de l'année. Pierre J.G.C, un leader deu MHDR (Mouvement haitien pour le développement rural) a fièrement avoué ses liens avec l'USAID...."Ils nous ont entrainé et nous ont appris coment nous organiser; et nous avons organisé le groupe que vous voyez ici pour demander la fin du gouvernement corrompu de Aristide"
We also met representatives in Port au Prince of SOFA, CONAM, ENFOFANM and other progressive women's groups, as well as Batay Ouvriye, the rightly heralded support group for the Free Trade Zone and other mostly women workers in the assembly industries (sweat shops). These women's and labor groups were strongly critical of Aristide's government and the Lavalas movement. During the past few months, they openly called for Aristide's removal, and they chose not to denounce the opposition's "zero option" strategy of non--cooperation and non--compromise. Yet I heard no answer to our question: "What did you think would happen if Aristide was forced to leave by the right--wing rebels or by a U.S. occupation?" I believe these groups did not ask themselves that question.
Nous avons également rencontré à Port-au-Prince des représentants de SOFA, CONAM, ENFOFANM et d'autres mouvements progressistes de femmes, et aussi "Batay Ouvriye"...et d'autres ouvrières des usines d'assemblage (sweat shops). Ces femmes et ces groupes étaient fortement contre le gouvernement d'Aristide et le mouvement Lavalas. Au cours des mois( précédents le Coup) ils ont publiquement appelé à l'éviction d'Aristide et ont choisi de ne pas dénoncer le choix " zero option" de l'opposition, stratégie de non coopération et de non compromis. Cependant, il leur a été impossible de répondre à notre question : "Que pensiez-vous qui se passerait quand Aristide serait forcé de partir par une coalition de rebelles de droite ou par une occupation US ?" Je cois que ces groupes ne se sont jamais posé cette question à eux-mêmes.
I think they were blinded by their feeling that Aristide had betrayed his progressive mandate. A good bit of their analysis of Aristide's record was right -- though not all. Aristide did accept a compromise when he returned. He did include, at U.S. insistence, elements of the former army and even Duvalierists in his regime. Yet the government put in place by this recent coup is far worse: it is full of such Macoutes, and worse -- convicted mass murderers. It has already militarized the police and is preparing the return of an unreconstructed Haitian army -- the instrument of U.S. and elite oppression in Haiti since it's creation by the U.S. at it's first invasion in 1915.
Je pense qu'ils ont été aveuglés par leur sentiment qu'Aristide avait trahi sont mandat progressiste. Une bonne partie de leur analyse sur le bilan d'Aristide était juste...mais pas tout. Aristide a effectivement accepté des compromis à son retour. Il a effectivement ,sur insistance des USA, intégré des éléments de l'ancienne armée et même des anciens duvaliéristes dans son régime (note perso: ki kif bourricot (même schéma) pour Préval aujourd'hui). Cependant le gouvernement mis en place par ce dernier Coup (2004) est pire; il est rempli de Makouts et pire encore de meurtiers condamnés pour crimes sur des masses. Ce gouvernement a déjà militarisé la police et prépare le retour d'une armée reconstruite- un instrument d'oppression du peuple au service des USA et de l'élite depuis sa création lors de la première ccupation d'Haïti en 1915
Aristide also compromised terribly on the issues of structural adjustement hedid put in place the first Free Trade Zone, and lay plans for a second one, a bitter insult to Haitian labor. He did begin privatization. He did not protect Haitian products adequately. Yet he did not compromise on everything. He continued to agitate for a better minimum wage, against the sweat shop owners. He resisted most of the demanded privatization. He held out for collective bargaining rights for the Free Trade Zone workers. He continued to make small steps toward agrarian reform. As Paul Farmer and others have shown, he made greater strides in fighting AIDS and promoting literacy than any previous government. The Latortue government from the start has been wholly dominated by free trade enthusiasts, neoliberal theoreticians and the worst of the sweatshop owners and other business elite.
Aristide a également fait compromis dans sa particiapation aux plans d'ajustement structurel. Il a effectivement mis en place la première Zones franche et préparé l'instalation d'une seconde, une amère insulte aux travailleurs haïiens. Il n'a pas non plus protégé les produits haïtiens correctement. Cependant il n'a pa fait de compromis pour tout. Il a toujours réclamé un meilleur salaire minimum aux propriétaires de "sweat shops". Il a résisté un peu plus aux demandes de privatisation. Il a aidé à mettre en place une convention collective pour les travailleurs de la Zone franche. Il a continué à faire de petits pas vers la réforme agraire. Comme paul Farmer et d'autres l'ont montré son gouvernement est celui qui a fait les plus grands efforts dans la lutte contre le Sida et pour l'alphabétisation. Le gouvernement de Latortue dès le départ était dominé par des partisans enthousiastes du libre marché, des théoriciens du néolibéralisme et les pires éléments parmi les propriétaires des usines d'assemblages (sweatshops) et d'autres propriétaires de business.
The women's groups told us bluntly that the situation under Aristide was the worst in Haiti's history -- worse than Duvalier and worse that Haiti during the 1991--1994 coup period. Yet I met these groups during that time. They were in hiding then, terrified by the very same elements now roaming Haiti freely, committing atrocities now as then. When U.S. and other international delegations visited them a year ago, under Aristide's rule, they functioned openly. They did not appear terrorized. Their most concrete criticisms were that when they demonstrated against the government -- during the same period as the sometimes violent demonstrations orchestrated by the 184 and the Convergence, and coming during a time when it was clear that former military and para--military (the CIA--funded FRAPH) were entering the country and preparing a coup -- police stood by as people they called Lavalas threw bottles of urine and stones at them. All of that is terrible -- and should not have gone without a severe criticism of Aristide and Lavalas. But it cannot be compared to the brutal onslaught by the Fraph and former army officers in Gonaives, Cap Haitien and elsewhere after Feb. 5. Aristide's alleged abuses pale beside the documented reports of the "rebels" slaughtering police and Lavalas and mutilating their bodies; of summary executions; of groups of Lavalas herded into containers and dumped into the sea.
Les goupes de femmes nous ont déclaré sans ambages que la situation sous Aristide était la pire de l'histoire d'Haïti...pire qu'à l'époque de Duvalier, pire que pendant le coup d'Etat 1991-1994. J'avais rencontré ces groupes pendant cette période (de 1991-1994). Leurs membres se cachaient, terrifiés par les mêmes individus qui aujourd'hui circulent librement en Haïti, commettant exactement les mêmes atrocités aujourd'hui qu'hier. Quand des délégations s internationales des USA et d'autres pays les ont visité il y a un an (2003), sous le gouvernement d'Aristide, ces groupes fonctionnaient ouvertement. Ils ne semblaient pas terrorisés. Leurs principales critiques étaient que: quand ils manifestaient contre le gouvernement ...-pendant la même période que les manifestations parfois violentes orchestrées par les 184 et la Convergence et aussi au moment où il était clair que les anciens militaires et les paramilitaires (le FRAPH fondé par la CIA) entraient dans le pays et préparaient le coup d'Etat- la police n'a pas bougé alors que des gens qu'ils appellent Lavalas leur lançaient des bouteilles pleine d'urine et des pierres. Tout ceci n'est pas acceptable... et aurait dû être dénoncé par Aristide et Lavalas. Mais ceci ne peut être comparé aux brutales exactions commises par les membres du FRAPH et de l'ancienne armée aux Gonaïves, au Cap Haïtien et ailleurs après le 5 février, assassinant des membres de la police et de Lavalas et mutilant leurs corps, les exécutions sommaires, les membres de Lavalas enfermés dans des containers et jetés à l'eau.
Perhaps worst of all, I listened again (as I had a year ago) to the litany of abuses the NCHR (National Coalition for Haitian Rights) says it documented against officials of the Aristide government and the Lavalas movement. They rightly protested cases like that of the journalist Jean Dominique and a dozen other high profile attacks on opposition activists and as many as three opposition journalists. Yet during the two years leading up to this latest coup, they adamantly refused to investigate now--verified allegations of murders, arson and bombings against the government and Lavalas by former military and FRAPH. They scoffed at the alleged coup attempt at the National Palace in December of 2001, though Jodel Chamblain now boasts that was an initial coup attempt.
Le pire de tout, peut-être est que j'ai entendu - comme une année auparavant (2003)- la litanie des abus aux droits de l'Homme répertoriés par la Coalition Nationale pour les Droits Haitiens NCHR (note perso : tiens que sont-ils devenus ceux-là ?) contre les cadres du du gouvernement Aristide et du movement Lavalas. Ils protestaient avec raison contre des cas comme celui du journaliste Jean Dominique et d'autres cas d'attaques contre des militants de l'opposition et de trois journalistes. Cependant pendant les 2 années précédents ce coup d'Eat, ils ont toujours refusé d'enquêter sur des cas concernant des accusations de meurtres, de harcèlement contre le gouvernement et le parti Lavalas par d'anciens militaires ou le FRAPH. Ils ont nié la tentative de coup d'Etat de décembre 2001, alors même que aujourd'hui Jodel Chamblain claironne q'il s'agissait d'une tentative de coup d'Etat. (notes perso: à l'époque ils disaient que c'était Préval lui même qui avait monté le Coup pour faire porter le chapeau à l'opposition)
Although they were the only human rights group in the country adequately funded and having trained monitors throughout Haiti, the NCHR became completely partisan: anti--Lavalas, anti--Aristide. This is simply not proper for a group calling itself a "Haitian Rights" organization. During the final month before the coup, they abandoned any pretext of impartiality, joining calls for the ouster of Aristide, without reference to the means. After Feb. 29, they continue to site abuses by "chimere," whom they call simply "Aristide gangs," without documenting the connections. Though they told our group they had "heard about" violence against unarmed Lavalas, including the possible complicity of U.S. marines in the Bel Air incident, the NCHR said they "lacked access" to the pro--Lavalas shanty--towns. Of course they lacked access: they lacked any shred of credibility as a human rights monitor.
Bien qu'ils aient été pratiquement la seule organisation des Droits humains dans le pays financé convenablement avec des membres formés, le NCHR devint totalement partisan : anti Lavalas, anti Aristide. Ce n'est bsolument pas correct pour un groupe qui se dénomme " Association de défense des droits des Haïtiens (note perso: NCHR aurait du ajouter des "Haïtiens non lavalassiens"Le dernier mois avant le Coup, ils ont abandoné tout semblant d'impartialité, se joignant aux appels pour l'éviction d'Aristide, sans aucunes référencs au aux moyens utilisés. Après le 29 février; ils ont continué à citer les abus commis par les "chimères" qu'ils appelaient tout simplement les "gangs d'Aristide" sans se aucunes preuves de cette connection. Bien qu'(ils aient déclaré à notre groupe qu'ils "entendu dire" que des actes de violence contre des partisans lavalas désarmés, avec peut-être la complicité des marines US lors de l'incident du Bel Air, le NCHR nous az dit qu'il n' y avait pas" d'accès possible" pour eux dans les bidonvilles pro-lavalas. Bien sûr, ils ne pouvaient pas avoir accès; ils ne pouvaien pas avoir la plus infime crédibilité en tant qu'association de droits Humains .
We also heard from PAPDA (Platform to Advocate for Alternative Development) which had called for Aristide's ouster on the grounds of his compromises with "U.S. imperialism," as well as corruption and human rights violations. PAPDA had functioned openly in its offices under Aristide, right up to and through this year's coup, though at least one PAPDA member was killed, allegedly by "chimere." Camille Chalmers, PAPDA's director, said, "This is a sad day for Haiti. But it was the people who overturned Aristide. The U.S. only came in to shape the results, as they always do....Right now, the population has regained some hope. This hope will go against the marines. Confrontations are already happening."
Nous avons également entendu que PAPDA (la plateforme pour un développement alternatif) qui avait appelé à l'éviction d'Aristide l'accusant de compromis favec " l'impérialisme US" ainsi de corruption et de violation des droits de l'Homme. PAPDAa fonctionné pendant toute la période Aristide. Depuis que le "Coup" l'assassinat d'un membre du PAPDA a été attribué à une "chimère". Camille Chalmers, le directeur du PAPDA a dit " C'est un jour triste pour Haïti. Mais c'est le peuple qui a renversé Aristide (note perso: sans blagues M.Chalmers). Les USA sont seulement venus pour structurer le résultat, comme ils le font toujours... Actuellement la population a retrouvé de l'espoir. Cet espoir se retournera contre les Marines. Des conflits éclatent déja. (note perso: eh bien ce M. Chalmers quel fin observateur et analyste de la politique haïtienne. Il a tout faux !)
Though the current government is extremely pro--neo--liberal, a PAPDA coalition leader on environmental issues, Yves Wainwright, has accepted the post of Minister of the Environment. "The current political situation has not been defined," Chalmers told us. "If the Provisional Government were to develop a logical program it would conflict with U.S. interests. Under Aristide, we had less and less space to organize and demonstrate -- we were repressed. As long as we can demonstrate against the military occupation now, we will retain a tiny space." Together, some 40 similar anti--Aristide "left" groups have formed the RDP (Popular Democratic Regroupment) to put forward an alternative opposition program to the government, even while some work within that government.
Alors que l'actuel gouvernement ( Latortue) est extrèmement pro-néolibéral, Yves Wainwright, un ldes leader du PAPDA a acceper le poste de ministre de l'Environnement. "La situation politque actuelle n'est pas précise" nous a dit Chalmers "Si le gouvernement intérimaire développe un programme logique il rentrera en confilt avec les intérêts US. Sous Aristide, nous avions de moins en moins d'espace pour nous organiser et manifester ( note perso : peut-être ausi moins d'agent des donateurs) nous étions réprimés. Aussi longtemps que nous pourrons manifester contre l'occupation militaire maintenant, il nous restera une petite place." Quelques 40 groupes anti-Aristide de "gauche" commme celui-ci ont formé le RDP (le regroupement populaire démocratique) pour mettre en place un programmme alternatif à celui du gouvernement (Latortue), alors même que certains travailllent à l'intérieur du gouvernement.
One man I hoped to see, but did not, was Chavannes Jean--Baptiste. Chavannes was at times very close to Aristide -- serving as his spokesperson when he returned after the coup. Chavannes is founder and leader of the MPP (a large peasant group in the Central Plateau). Shortly after Aristide chose Preval for his successor, Chavannes announced his break with Aristide (there was indeed an ugly confrontation between Chavannes and Lavalas activists in Mirebalais). By the 2000 election, Chavannes openly embraced his former worst enemies, and joined the Convergence. Later Chavannes joined the more palatable, but clearly neo--liberal, Group of 184. MPP has now endorsed its "Social Contract," put forward by elite business groups.
Un homme que j'espérais rencontrer c'est Chavannes Jean-Baptiste qui fut à un moment très proche d'Aristide. Chavannes est le fondateur et leader du MPP (un important regroupement de paysans dans le Plateua Central). Peu de temps après que Aristide ait annoncé avoir choisi Préval comme successeur, Chzvannes a annoncé sa rupture avec Aristide( il y eut effectivement une sale confrontation entre Chavannnes et des militants lavalas à Mirebalais). Au moment des élections de 2002 Chavannes s'est rallié à ses plus anciens ennemis et a rejoint la Convergence. Plus tard Chavannes a rejoint le groupe le plus juteux mais clairement le plus néolibéral, le Groupe 184. MPP fait sien maintenant son "Contrat social" élaboré par l'élite des commerçants.
A peasant from Mirabalais in the Central Plateau told me he had evidence that most of the weapons and men moved from the Dominican Republic to start the rebellions in Gonaives and Cap Haitien in early February, came through Chavannes' turf. "No way could that have been done without his active support." Chavannes is said to be considering a position in the de facto government -- as minister for peasant affairs. I was with Chavannes and his mother when they wept on seeing the ruins and vandalism at their offices in Papay on their return after the first coup in 1994. That damage was done by the very same para--military and military who now occupy much of the country. Another dissident peasant whom I met told of Chavannes' embracing and throwing a feast for Chamblain, the convicted murderer and FRAPH member who "liberated" Hinche, the MPP base. Chamblain now sits in Cap Haitien, acting as "judge" condemning and punishing "criminals" and "traitors." Such alliances may be -- as the civil society leader told us -- just strange bedfellows in wartime, but on a personal level, they are hard to understand.
Un paysan de Mirebalais dans le Plateau Central, m'a dit que de toutes évidences, la majorité des armes et des hommes partis de République Dominicaine pour commencer la rebellion aux Gonaïves et au Cap au début de février (2004) sont venus sur le territoire de Chavannes. " Impossible que cela puisse se faire sans son actif soutien". On dit que Chavannes aurait voulu avoir un poste en temps que ministre des Affaires paysannes dans le gouvernement provisoire. J'étais avec Chavannes et sa mère quand ils ont découvert les ruines et les dégats commis dans leur bureau à Papaye après le premier Coup en 1994. Ces dégats avaient été commis par les mêmes para-militaires et militaires qui mainteant occupent la majorité du pays. Un autre paysan dissident, que j'avais rencontré par Chavannes m'a raconté que Chavannes a embrassé et fait une fête por Chamblain, l'homme de la CIA condamné pour meurtre, qui a "libéré" Hinche, la base du MPP. Chamblain maintenant se trouve au Cap Haïtien où il fait office de " juge" condamnant et punissant les "criminels" et les "traitres". De telles aliances peuvent être---comme nous l'a dit le leader de la société civile- de bizarres compagnonages en tant de guerre, mais à un niveau personnel c'est difficile à comprendre.
International human rights organizations, especially Human Rights Watch and Journalists Without Borders, and to a lesser extent Amnesty International, have taken the NCHR reports uncritically and failed to develop other impartial human rights contacts in Haiti. Progressive funders like Grassroots International and NGOs in Canada, the US and Europe also listened uncritically to their "partners" and funded groups in Haiti like PAPDA, SOFA, Batay Ouvriye and MPP.
Les associations intrnationales des droits humains, particulièrement " Humans Rights Watch" et Reporters sans frontières et à un plus faible degré Amnesty International, ont accepté les rapports de la NCHR sans critiques et ont ainsi failli à aider à développement impartial de la défense des droits de l'Homme en haïti. Des bailleurs de fond progressistes tel que "Grassroots International" et des ONG au Canada, aux USA et en Europe, ont également couté sans prendre de recul leurs "partenaires" et les groupes qu'ils aident comme le PAPDA, SOFA, Batay OUvriye et le MPP.
The primary lesson to be learned for funders and NGOS, and for all solidarity activists, is that solidarity must first of all be with the people of Haiti -- by the assertion of their will by voting, as Haitians did for Aristide in 2000 (the OAS and international NGOs certified that at the time). Beyond that, international funding and solidarity groups (and here the criticism is equally valid for those who were wholly supportive of Lavalas without critique) must not put on blinders when they visit Haiti. They must listen critically to all sides. They must watch for concrete evidence of the mass base of the organizations they fund -- and evidence that the rank and file feel as the "leaders" do.
La première leçon que que les contributeurs financiers et les ONG et tous les militants activistes doivent apprendre c'est que la solidarité avec le peuple haïtien doit se faire avec tout le peuple haïtien...en acceptant leur choix, comme celui de voter pour Aristide en 2000 (l'OAS et différentes ONG ont certifié à l'époque la validité de ces élections). Au-delà de cela, les ONG et les bailleurs de fonds et les groupes de solidarité - ( et cette critique est aussi valable pour les supporters inconditionnels de Lavalas) ne doivent pas se mettre des oeillères quand ils visitent Haïti. ls doivent écouter tous les camps sans a priori. Ils doivent chercher des preuves chez les militants de base des organisations qu'ils subventionnent...
It remains to be seen whether the U.S. empire will gain more from its exercise in the learning zone of Haiti, or the international solidarity movement. Let us hope for the latter -- since the next learning zones may come sooner than we expect, especially if the Bush regime lives through its debacle in Iraq and survives the November election.
Il reste à voir si l'empire US va gagner plus de son opération dans la zone d'éducation, ou bien si c'est le mouvement international de solidarité. Espérons dans la deuxième hypothèse... surtout que les prochaines zones d'éducation (learning zone) arriveront plus tôt que prévu, en particulier si le régime de Bush survit à sa débacle en Irak et gagne les élections de novembre (notes perso: maintenant la question c'est Mac Cain et plus Bush)
Material for this article was compiled partly from observations and interviews in conjunction with the Emergency Haiti Observation Mission, a group of 24 diverse people from throughout the U.S. and Canada, coordinated by the Quixote Center in Maryland. The ideas expressed in this article are solely those of the author.
http://www.counterpunch.org/reeves04142004.html
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