Yasmine Modestine, offre le témoignage d'une comédienne métisse face au casting ciblé des Noirs".
Je connais ça par coeur.
Ca existe depuis toujours.
C'est même pour ça qu'en tant que réalisatrice, j'ai choisi de ne faire que des documentaires.
Parce que proposé à une chaîne française quelle qu'elle soit (RFO, France O y compris) un scénario avec des acteurs Noirs de talent pour interpéter des rôles qui ne soient pas "ya bon banania " c'est crime de lèse-empire.
Vouloir en discuter, c'est signer son inscription immédiate sur la "blacklist"
Je me souviens de mes efforts ridicules, genre "moulin à vent" pour trouver de l'argent pour un sujet qui s'appele "Tango Caraïbes" qui a fini dans mes tiroirs après 4 à 5 ans de bataille solitaire.
Il y avait dans ce film des gens comme Jenny Alpha, Jacques Martial, Serge Abatucci,Nicole Dogué et d'autres, des comédiens des Antilles et d'Haïti.
Les chaînes de télé ont dit qu'il n'y avait pas de public pour un film avec des Noirs...
La SFP (société française de production), existait encore à l'époque et acceptait même de me le produire si une chaîne acceptait la diffusion.
J'ai même essayé Arte.
Niet.
Pourtant c'était une histoire chouette.
Quelqu'un m'a dit que le scénario était adaptable avec des comédiens Blancs.
L'histoire se passait l'été à Paris quand la ville est désertée de sa population plus riche et qu'il n'y reste plus que touristes et immigrés.
Au coeur du scénar était le problème évoqué par Yasmine Modestine, l'absence de considération générale pour les Noirs, et précisément pour les comédiens et les artistes Noirs en général..
C'était une histoire que j'avais écrite pour les comédiens. A partir de leurs témoignages et rages.
Le personnage principal, Félix, écrivain en panne d'inspiration, se met à écrire à sa façon l'histoire de son groupe d'amis, mêlant fiction et réalité.
En plus Félix, rêve souvent.
Des personnages liés à l'histoire des Noirs apparaissent et discutent pendant son sommeil.
Ca aussi on me l'a reproché: le public français ne peut pas suivre un film ou réel et rêves se mélangent.
Trop d'allées et de venues, de dedans et de dehors, d'endroit et d'envers, de dialogues et de mouvements.... sans compter la présence d' acteurs Noirs.
C'était pourtant un joli conte du mois d'août à Paris
J'avais pensé à Dickens en l'écrivant.
Félicitations à Melle Mondestine qui a su faire face seule à l'opprobe.
Ca aussi je connais.
D'où l'importance de lire le livre de Eva Joly
"La Force qui nous manque" publié aux Points
Un petit coup de pub ça ne mange pas de pain.
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