J'ai trouvé cette interview de Césaire qui date de 1969, sur un site qui vaut le détour et se nomme
L'oeil du Jabiru
Ne décolérant pas de la bouffonerie du film "Royal Bonbon" de M. Najman.
Ca me fait le même effet quand je vois exposer dans les vitrines parisiennes ces figurines représentant des nègres.
Ou bien les affiches et boites de "ya bon banannia".
Evidemment, il n'est pas question de comparer en quoi que ce soit Césaire et l'auteur de "Royal Bonbon".
Quoique, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que les zen-tellectuels haïtiens trouvent ce dernier beaucoup plus "proche de la réalité haïtienne" que Aimé Césaire.
"C’est que les chaînes qui tiennent l’homme noir ne sont pas des chaînes ordinaires : ce sont des chaînes intérieures, des chaînes psychologiques…" dit Césaire.
Ah misère ! Serions-nous donc véritablement maudits pour être tombé si bas ?
Bon, halte au pathos.
Donc, de cet entretien voici un extrait dans lequel il est question de "LaTragédie du Roi Christophe."
Extrait dans lequel on voit l'intelligence avec laquelle Césaire aborde cette question de l'indépendance et de la construction d'un pays, Haïti et des autres d'Afrique - nous sommes en pleine période de décolonisation- et en quoi il s'agit bien d'une tragédie.
Vous pouvez lire l'ensemble du texte sur http://jabiru.blog.lemonde.fr
Q - De votre ouvrage sur Toussaint, passons, si vous le voulez, à la “Tragédie du roi Christophe”, dont l’action, précisément, est située en Haïti.
R - Haïti, c’est un pays qui, avec l’Afrique, tient dans mon esprit, dans mon âme, dans mon cœur une place particulière. Il était normal, par conséquent, que j’écrive une pièce sur Haïti. On peut aussi se demander pourquoi j’ai choisi l’expression dramatique. Parce que, après tout, je suis poète, fondamentalement. En fait, j’avais déjà écrit “Et les chiens se taisaient” ; il faut croire que j’étais assez hanté par le théâtre. Mais cette première pièce, je ne la voyais pas “jouée” ; je l’avais d’ailleurs écrite comme un poème. Cependant, ce texte présente pour moi une profonde importance : parce que c’est une pièce très libre et située dans son milieu - le milieu antillais. C’est un peu comme la nébuleuse d’où sont sortis tous ces mondes successifs que constituent mes autres pièces. “Le roi Christophe, “Une saison au Congo”, mais je m’intéressais déjà plus directement au théâtre - et maintenant, une adaptation d’après Shakespeare, qui s’appelle non pas “LA Tempête”, mais “UNE Tempête”. Parce qu’il y a beaucoup de tempêtes, n’est-ce pas - et la mienne n’est qu’une parmi d’autres…
Q - Vos trois dernières pièces se situent au niveau des points les plus chauds concernant le monde noir : Haïti et “Le roi Christophe” ; le Congo et Lumumba ; et maintenant, avec “Une Tempête”, vous abordez dans une certaine mesure la question raciale aux Etats-Unis…
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