Compère et Général en mal d’enfants
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12489
Déjà le titre ne dit rien qui vaille.
Non pas que je cherche la petite bête.
Mais cette manière de détourner le titre de Jacques Stephen Alexis, ne me dit rien à priori.
Ca m’évoque le titre « Royal Bonbon » du film sur le Roi Christophe
de M. Najman
Parce que jeux de mots, bons mots et tutti quanti,
sont fort souvent jeu de masques.
De pouvoir et de manipulation.
Cependant, il est bon de lire avec attention.
ceux qui ont de l'influence dans les hautes sphères
L’auteur de « Bicentenaire », on le dit, en fait partie
On lit d’abord ce qui se laisserait prendre
pour un éloge de Jacques Roumain et de Jacques Stephen Alexis
« Figures de militants et d’hommes d’action : créateurs et dirigeants de parti, avec des choix stratégiques et tactiques. Figures d’intellectuels : ouverture sur les sciences humaines pour Roumain, prolégomènes littéraires pour Alexis, réflexions sur la société chez les deux, quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée. »
Mais point n’en faut quand même !
Pour preuve, le « quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée »
qui clot la phrase comme un ravet qui soudain tombe dans le manger.
Que veut dire exactement ce "quelque chose qu’on pourrait appeler une pensée. " ?
Que l'auteur, lui, à l'inverse, en aurait une de pensée , mais de vraie celle-ci ?
A la bonne heure !
l'usage d'une forme de grossièreté erigée en valeur.
et qui fait figure de réalisme.
dans une quête incessante de reconnaissance
dans les sphères et pays où la droite "décomplexée"
C'est difficile à expliquer mais ce serait comme si,
« La mort d’Alexis ajoute du mythe à sa légende, mais les deux demeurent les références incontournables de ce qui a été ici la gauche, de ce qu’il en reste aujourd’hui. »
Et ce : "ajoute du mythe à sa légende"
Et ce cavalier : « les deux »
Et ce :"la mort "
Rappel au lecteur/lectrice : Alexis n’est pas mort comme ça.
Il a été torturé et assassiné.
Et ce ne sont pas comme dit l’auteur « des hommes (qui) l’ont tué » mais des macoutes,les miliciens d'extrême droite au service de Duvalier François et Jean-Claude .
L'auteur en arrive à l' exploit d'éviter soigneusement d'écrire les mots
Duvalier et macoutes dans un papier qui parle de Jacques Stephen Alexis.
VOIRLETTRE DE JACQUES STEPHEN ALEXIS À FRANÇOIS DUVALIER
Comme quand on voyait arriver d'Haïti dans les années 60/70/80,
ces étudiants haïtiens boursiers ou pas,
qui n'osaient pas prononcer à haute voix "parti communiste" dans les rues parisiennes
par peur d'éventuels espions de la dictature duvaliériste.
Par contre, le détournement du titre de Jacques Stephen Alexis
et le détour par une sorte d’éloge des deux auteurs
pour en arriver une attaque en règle contre une gauche
qui se serait "décrédibilisée", c'est facile ça.
VOIR Vie facile
De celle qui a fait alliance dès 1986 avec la droite ?
Ou bien de celle qui a subi la répression systématique de ses mouvements,
VOIRUn poême de feu Paul Laraque à la mémoire de son frère Guy, assassiné sous Cédras
« La gauche ne se porte pas très bien aujourd’hui. Il y a la situation internationale, mais il y a aussi ce qui s’est passé ici après le 7 février 1986. »
Ou il est de mauvaise foi.
Ou il ne s’est pas rendu compte que nous ne sommes plus à l’époque de la guerre froide.
Et qu' au contraire la " situation internationale " aura permis l’émergence de gouvernements de gauche
Le dernier cas étant celui du Paraguay où un ex-évêque vient d’être élu président.
Ou bien alors, ce serait que l’International
pour l’auteur de « Bicentenaire » ramènerait uniquement aux lieux de production de prix littéraires: l'Europe espace qui effectivement par peur du " l'autre", le "sauvage", le "barbare" se droitise à mort.
Donc, quand l’auteur nous dit en passant par ici, en passant par là , comme le furet :
C'est quoi "toutes ces choses " ?
Les assassinats ciblés, la répression sytématique des mouvements populaires ?
C'est qui ces "gens (qui ) disent "?
Les membres du Collectif Non ?
Les anciens militaire ?
Les para-militaires ?
Dans un de ses témoignages datant de 2004, le même auteur déclarait,
je cite de mémoire, "s' il y avait des élections demain, la population de Gonaïves élirait Winter Etienne comme maire" (Winter Etienne , un temps chef de gang lavalassien, passé par la suite dans le clan des Gnbistes et responsable de nombreuses violences sur les personnes."
C'est quoi cette méthode de faire porter par les autres, l'enfant, le voisin, le peuple,
ses propres "pensées" et désirs ?
Le truc du paravent, ça le connaît.
VOIR jacbayle.club.fr/livres/Haiti/Trouillot_CI_02-2004.html - 21k
VOIR www.humanite.fr/2004-03-09_International_ -Lyonel-Trouillot-Ce-sont-bien-les-Haitiens-qui-ont -
Et du para-tonerre également.
Bref.
En passant par l'enterrement de deux de ses figures de génie
Et on y arrive insidieusement avec le " c'est pour cela"
"C’est pour cela que Roumain et Alexis sont de plus en plus des icônes, s’inscrivant comme les héros de l’indépendance dans le beau passé qu’on célèbre. »
C'est aussi la remontée des égouts du secteur militaro/ macoute
Et surtout des remugles de son idéologie
On se précipite pour les transformer en "icones"
Pour cause de crime de littérature engagée.
2004, restera la date où Haïti est devenue,
Une sorte de réserve pour néocons.
Je parlais précisément hier encore de ce rapport des "zentellectuels " haïtiens
VOIRTOUS CREOLES,NON MERCI ! de G Surena
Mais je ne pouvais pas me douter qu'aussi rapidement, la mort de Césaire
- l'occasion fait le larron-
aurait été utilisée par l'un d'eux pour " décrédibiliser "
la pensée plus actuelle que jamais de Roumain et Alexis.
et les transformer en " "icones"
En tous cas, s'il y a une chose qui est claire,
c'est qu'il vaut mieux que Roumain et Alexis soient en
"panne d'enfants" pendant encore longtemps
plutôt que d'hériter d'une progéniture non désirée
d'écrivains alliés aux para-militaires.
Comme dit Césaire : VOIR Le marigot
Commenter cet article