Les pauvres ne sont pas le problème, ils sont la solution", écrit Hernando de Soto dans son ouvrage devenu un classique, Le Mystère du capital (Flammarion, 2005). Les pays du Sud regorgent de commerçants, de vendeurs, d'entrepreneurs. Qu'est-ce qui les empêche, demande l'économiste péruvien, de se développer, de faire fructifier leur capital, leurs talents ? Après des années d'études de terrain, Hernando de Soto pense connaître la réponse. Dans les pays pauvres, les trois quarts des habitants n'existent pas légalement. Ils ne possèdent pas d'extrait de naissance, de titre de propriété pour leur maison. Leurs entreprises, leurs commerces tournent sans responsabilité juridique, sans vraie comptabilité, les contrats se font à l'amiable. Les pauvres sont illégaux dans notre monde, voilà le problème. Plus exactement "extra—légaux". Ils ne peuvent passer contrat avec le centre-ville, encore moins entrer dans l'économie mondialisée. Leurs richesses constituent un immense "capital mort".
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