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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


M. Préval n'aimerait pas les politiciens d'après 1986

Publié par Elsie HAAS sur 19 Novembre 2008, 10:24am

Catégories : #EFFONDREMENT écoles

Lu dans lenouvelliste.com

    L'actualité en question     
   
Lors de son intervention à la cérémonie d'hommage au Palais national, en honneur des pompiers et secouristes, le président René Préval, pathétique et majestueux, a déterminé les causes du malheur que connaît actuellement le pays. Bien entendu, cela va de soi, il a noté les torts causés par les 30 ans de la dictature des Duvalier en rappelant ce refrain d'époque « gade you peyi mwen fè sam pito », comme caractéristique de l'état d'esprit des dirigeants dans la gestion de la chose publique. Ensuite, le président Préval a retenu la période de l'après 1986 à nos jours, celle de la « bamboche démocratique » caractérisée par une lutte acharnée des politiciens pour le pouvoir sans se soucier de l'intérêt collectif, de l'avancement du pays.
   
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 On aura tout entendu !
La conversion totale capitale au « pragmatisme » du Président Préval sur mode accélérateur se poursuit.

Ca me fait penser à Bush qui dans son récent discours continuait à répéter que le libre marché est la voie de la dignité. Ouais. Il n’y a qu’à voir l’état d’endettement des ménages étatsuniens et les gens mis à la porte de leurs maisons pour cause d’insolvabilité pour prendre la mesure de cette dignité.

Dans son allocution lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de l'effondrement de l'école de Nérette, M. Préval s’en serait pris aux politiciens d’après 1986.
Notons que comme les grenn-nanbounda, M. Préval utilise le terme de « bamboche démocratique » pour caractériser cette période d'après la dictature. Ce n'est pas anecdotique.

D’abord il faudrait rappeler qu’ayant été Premier ministre et Président au cours de cette période,  il serait  donc un des « lotus », à tout seigneur, tout honneur de cette « bamboche démocratique ».

Si Jean Dominique était encore de ce monde,  de son micro de Haïti Inter, il aurait rappelé au Président que de1986 à 1991, se sont succédés des régimes qui étaient rien moins que démocratiques.

Ensuite, il lui aurait rappelé que la dite  « bamboche démocratique » a été pendant le bref moment avant le Coup d’Etat- où il était d’ailleurs Premier ministre, reconnue par tous les experts économiques et politiques commme l’expérience jusqu’à présent la plus réussie de l’exercice démocratique en Haïti.

Cette expérience trop bien partie a  été stoppée net par les mêmes qui remettront ça en 2004. Et qui en 2006 proposeront la candidature de Préval, comme étant le meilleur candidat susceptible d'éviter un clash
Et effectivement ça a marché, jusqu’à présent.

Mais ce qui est totalement surprenant, c’est de voir M. Préval, passer totalement sous silence, les dégats commis par  l’application des directives du FMI par lui-même avec les privatisations et  par Aristide avec les zones franches et la continuité dans l’ouverture totale du pays au libre-marché.

La différence entre la politque d’Aristide et celle de Préval, c’est qu’Aristide a essayé- avec maladresse mais a essayéé quand même-  de compenser ce" tout privé" en augmentant le salaire minimum- avec beaucoup de difficultés vu l’opposition féroce des patrons comme Apaid et le reste .
Tandis que M. Préval « a  scrupuleusement fait ce qu’on lui disait de faire »

Passer sous silence l’impact négatif des Plans d’ajustements structurels et faire porter le chapeau à ce que les  néolibéraux, toujours semblent-ils très en faveur au palais, appellent « le désistement de l’Etat »- désistement dont ils sont eux-mêmes les premiers responsables, s’avère au mieux de l’enfantillage au pire de la démagogie.

Tout serait donc  de  la faute des mauvais politiciens d’après 1986 .

Ce genre de déclaration, au moment où les économies du monde sont frappées par les dérégulations afférentes au néolibéralisme, au moment où se tiennent des réunions internationales pour mettre une sorte de muselière à l’avidité des prédateurs -en attendant mieux- n’augure pas d’une volonté de cibler les vrais problèmes et d’y apporter des réponses dynamiques.

N’en déplaise  à M. Préval, ce ne sont pas "les politiciens de 1986" qui ont mis à bas l’économie de l’Argentine, ni celle de la Bolivie, ni celle de l’Equateur, ni celle du Ghana.

C'est un programme politique, appliqué par des hommes politiques, dicté par le FMI et la Banque Mondiale.

Continuer à se faire plaisir et à disculper  ceux qui ont appliqué systématiquement cette politique, en dépit du bon sens politique qui a  grassement  enrichi une minorité et appauvri  la majorité de la population , c’est vouloir se donner bonne conscience tout en poursuivant le même agenda.

Ce qui a de franchement  cocasse et totalement surréaliste, c'est que le Président est capable de faire remonter les causes du désastre haïtien à la colonisation,  et  par contre d'appliquer  une complète ormeta sur le  néolibéralisme du temps présent.

Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, n'est ce pas ?
 Tourne Manège …

J'en profite pour vous proposer cet article paru sur Marianne.fr d'un économiste polonais- avec les commentaires instructifs des internautes
 Le capitalisme compromet sa survie
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Et cerise sur le gâteau cette vidéo d'un court entretien avec le philosophe Edgar Morin qui dit  placer ses espoirs dans l'Amérique Latine.
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