Economiquement la Gwadloup vit sous perfusion, elle produit si peu, et son agriculture du fait des diktats européens (bananes qui s’exporte difficilement, on lui préfère celle d’Afrique…etc) n’est pas performante… les petits artisans ont du mal à garder la tête hors de l’eau, envahis de produits étrangers… les taxes de toutes sortes grèvent les budgets, mutilent la pêche, alourdissent les petites entreprises qui tentent de maintenir une économie sur l’île… Beaucoup de gens sont venus de l’extérieur espérant faire de « l’argent » en Gwadloup, mais il faut arrêter de penser que cette île est un paradis économique dans un monde en crise économique !
Et puis il y a une quête culturelle, une quête identitaire… elle est fortement réapparue ces derniers jours ! Quoi de plus légitime. Quarante-mille personnes dans les rues ce samedi 31 janvier pour exprimer le malaise, ce n’est pas rien !
Comment s’en sortir ?
L’Europe n’est pas très loyale envers ses Régions Ultra-Périphériques-Marines, elle ne distribue que des miettes.
La France veut garder « sa superbe » et ne semble pas en phase avec la réalité concrète du terrain. Quand on parle des Antilles en métropole, on ne voit trop souvent que « le folklore » !
Le système politique en Gwadloup est trop lourd : deux entités (la Région et le Département), c’est compliqué. Il y a une réforme de fonds à entrevoir, et sans tarder maintenant, les femmes et les hommes politiques locaux en ont bien conscience. Mais il faudra beaucoup de courage pour passer à l’autonomie… ou à l’indépendance !
Le tissu social en Gwadloup est grandement fracturé, et l’histoire pèse lourd ! Pourtant il y a du génie, de la confiance, du courage, de la bonne volonté, une soif spirituelle authentique, des idées inventives, de la création, un cadre exceptionnel, une esthétique naturelle, un humanisme fraternel inné… Il faut un sursaut ! Il faut la justice sociale ! Il faut que les éveilleurs prennent la parole ! Les jeunes ont des idées, « Initiative Jeunes » avec Mélina Seymour se lance… La Caraïbe peut permettre des liens pérennes et salvateurs… Le co-développement est à mettre en place absolument, il offre des débouchés avec nos voisins, avec Haïti, courageux pays frère qui essaie de s’en sortir. Le libéralisme économique mondial qui veut dicter sa loi et écraser tout sur son passage ne doit pas nous anéantir.
Pour l’heure, il va falloir se remettre au travail et sans léser personne et sans laisser personne sur le carreau.
Fos é kouraj a péy-la !
Jean-Marie GAUTHIER
Conseiller Principal d’Education
LPP de Blanchet – Basse-Terre
Commenter cet article