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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lu sur internet

Publié par Elsie HAAS sur 7 Février 2009, 10:49am

Catégories : #AYITI ECONOMIE

Un internaute a dit :

"Les députés ont fait fausse route. Le salaire minimum même a 200 gdes, ne suffira pas à subvenir aux besoins des travailleurs. Pourquoi:
1) l'éducation est privatisée à 80%. L'état est quasiment absent dans ce secteur combien important, et laisse le champ libre aux directeurs d'ecoles malhonnetes qui augmentent les frais d'ecolage chaque année tandis que les enfants sont reçus dans des taudis
2) la santé est privatisée à 95%. Ces dernieres années ont vu les hopitaux privés se multiplier comme des champignons, avec des prix exhorbitants la plupart du temps n'ayant rien a voir avec la qualité des services reçus.
3) le transport public est privatisé à 100%. Alors que dans la plupart des pays ce secteur est pris en charge par l'état sous forme directe ou par subvention, en Haiti, les gens a pied sont a la merci de chauffeurs de taxis et tap-taps sans scrupules qui chargent les prix qu'ils veulent aux passagers, utilisent des vehicules sales et/ou en très mauvais état, ou bien encore transportent les humains comme des animaux. Ils font des grèves n'importe quand, parfois meme tuent les passagers (eh oui, c'est arrivé!) qui osent contester leurs prix démesurés, lorsque ce n'est pas par imprudence ou a cause de freins qui on t laché.
4) aucun programme pour supporter les gens a faible revenu. aucune mesure de surveillance des prix des produits de première nécessité. une taxation mal conçue qui contribue à l'inflation et la pauvreté des familles et des entreprises (allez donc consulter le code fiscal, la structure des taxes sur la gazoline, et le mode de calcul des droits de douane et vous comprendrez!)
5) pas de système de sécurité sociale. l'ONA est une vache a lait ou mieux une caisse noire pour le gouvernement et aussi les parlementaires qui l'utilisent pour toutes sortes de basses oeuvres: paiements de leurs supporteurs (chimériques), soudoyer les politiciens vicieux, octroyer des prets faramineux a leurs femmes et maitresses, etc etc. Tout ça avec l'argent prélevé sur les salaires des travailleurs (6%)
Je m'arrête ici. J'espere que ceux qui applaudissent le député Benoit aujour'd hui comprendront un jour qu'il ne s'agit que d'un acte démagogique qui ne beneficiera qu'aux député avides de pouvoir. Ce que Greggy a dit plus haut a propos du Honduras est correct, et c'est exactement ce qui va se passer en Haiti.
A bon entendeur, salut!"

Après avoir lu cette analyse, je me pose  une ou deux questions :
Considérant que les pro-privatisations répètent comme de bons petits soldats leur mantra " hors du privé point de salut",
 comment expliquer que l'éducation privatisée à 80%, la santé privatisée à 95%, le transport privatisé à 100% donnent des résultats aussi médiocres ?
C'est à dire  au finish, une population mal et sous éduquée du primaire à l'université,
une population mal ou pas du tout soignée, une population qui est transportée comme du bétail.
Bizarrement, en France, la santé est une affaire d'Etat et c'est un des pays reconnu comme ayant un bon sytème de santé -bien meilleur que celui des USA-  les transports sont l'affaire de l'Etat et on a l'embarras du choix, métro, bus, trains. L'éducation est aux mains de l'Etat et là aussi les résultats sont bien meilleurs qu'aux USA.

 D'ailleurs, Obama n'a-t-il  pas déclaré que l'Etat doit se réinvestir dans ces trois domaines ?
Donc si je comprends bien ce qui ne marche absolument pas au niveau éducation, santé et  transport va de manière  magique, apporter des résultats mirobolants quand il va s'agir de l'eau, de l'électricité des ports, aéroports, et même de l'hôpital général qui mérite selon certains d'être vendu au secteur privé.
Il y a là une logique qui m'échappe.
J'ai lu qu'il y avait quelques 2000 étudiants haïtiens à Santiago en République Dominicaine.
Comment ça se fait  que les universités privées
- Dieu seul sait qu'il y en a en pagaille-
n'attirent pas les étudiants haïtiens ?

Je comprends parfaitement que les affairistes de tous bords puisssent trouver leur compte dans ces opérations de privatisation/ prédation.
Mais ce qui reste pour moi une énigme, et je le répète, quitte à lasser certains, c'est que le commun des mortels n'arrive pas à comprendre que la "privatisation " n'est pas une question de choix de gestion du gouvernement en fonction du développement du pays mais tout simplement un système de "gouvernance" imposé par les institutions internationales pour le bénéfice de leurs propres intérets et de leurs alliés locaux.
Ce problème est général dans le monde entier.
Ce n'est pas le gouvernement haïtien qui est incapable - la preuve il a tout privatisé comme on lui en a donné l'ordre- mais un système international qui fonctionne au détriment des peuples.
Un système qui favorise la corruption au sein des élites, le boycott au  niveau de l'Etat pour légitimer les privatisations.
Par exemple la France devait privatiser sa poste - qui est aux Etats-Unis une entreprise d'Etat- mais vu la crise a dû mettre ce projet en stand by.
C'est quand même assez clair. Il n'y a qu'à voir l'état  minable actuel des systèmes de santé, d'éducation, de retraites, etc, des USA .
Barack Obama, pour parler encore de lui, puisqu'il semble faire figure de leader en Haïiti- n'a t-il pas déclaré de manière directe : " America didn't vote for the status quo, they send us here to bring change", l'Amérique n'a pas voté pour le status quo. Ils nous ont envoyé ici pour apporter du changement.

Bon c'est ce qu'avaient crû également les gens qui ont voté pour Préval en 2006 et qui de l'espoir sont passés au désespoir- qui soit dit en passant -devarit être le nom du parti au vu des résultats.

Pourtant les  Haïtiens, de l'élite et les politiciens de leur côté, persévèrent dans la croyance en ce status quo et continuent tranquillement à se cogner la tête contre le mur.
Parce que ce status quo n'apporte aucune solution viable.
Ya beau faire des commissions, des sous-commissions, des rapports, des dons d'autobus, des formations de policiers,  des projets touristiques, des lacs collinaires, etc, on en reste à ya bon banania.
 Le délabrement d'Haïti après des décennies de privatisations le prouve.
Au contraire, ces hommes et ces femmes  creusent  le trou dans lequel le pays s'enterre.

Il est évident que pour changer, il ne s'agit pas d'avoir des "grenn"  (des couilles)
mais plutôt d' être bien équipé en synapses et en  neurones.
C'est-à-dire trouver les arguments  pour discuter  d'égal à égal
avec les bailleurs de fonds et leur faire admettre qu'on ne peut pas avoir des budgets aussi dérisoires pour la santé l'éducation, l'agriculture.
Comment un peuple sous éduqué, mal soigné et mal nourri peut-il se développer ?

Il faudrait pouvoir convaincre ces bailleurs de fonds que l'époque  du  chantage perpétuel du "tu fais ce que j'ai décidé sinon pas d'argent" est terminée.
Que chaque gouvernement a le droit  et le devoir d'agir pour protéger sa population.
Sinon il pourrait être jugé  au tribunal de La Haye pour crime de non assistance à personne en  danger.
Mais pour cela il faut un leader qui communique avec sa population, il faut une équipe soudée, il faut des plans bétons, il faut des intellectuels  humanistes.
Il faut une vision.
Tout ce qui semble manquer.

Mais attention, loin de moi l'idée qu'il s'agit d'un processus  facile.
Ce n'est pas du clic clac Kodack. Il s'agit d'une véritable lutte - pacifique bien sûr-
 pour faire admettre  les droits d'un peuple à vivre dans un minimum de sécurité matérielle et intellectuelle au 21ème siècle.
Et on peut bien comprendre que les candidats ne se bousculent pas pour mener ce combat.
qui s'apparente à celui de David contre Goliath.
En Haïti comme ailleurs.








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