Pour voir la superbe vidéo avec Jacques Dutronc et lire les paroles de sa chanson :
L'opportuniste, je retourne ma veste
Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste.
Le refrain est pas mal aussi d'actualité.
Et en même temps ça vous fait une petite visite au blog d'Elisabeth, prof de français aux USA.
Ca s'appelle pragmatisme parait-il. Un genre de loi de l'offre et de la demande.
Mais depuis l'arrivée d'Obama, le pragmatisme qui semble avoir été un des éléments ayant provoqué la ruine de l'économie des USA, n'est plus aussi bien vu. Alatraka !
Donc, de partout en ce moment jaillit au sein de ce milieu hétérogène, fait de bric, de brac et de broc, un "manje kochon" en somme, des cris de protestations indignés contre les positions prises par les USA, le Canada, la France, l’OEA, concernant l’éviction de Lavalas des élections sénatoriales.
L’éditeur en chef du journal « Le Matin de Boulos » vante - sans rire- la fiabilité des enquètes de la RNDDH, une organisation des droits de l’Homme qui a fait de la chasse aux partisans d’Aristide son fonds de commerce.
Un autre prend la défense de M. Hériveaux , sénateur Lavalas pourtant, mais en voulant l’opposer à Aristide se présente comme son meilleur ami.
Un autre encore compare Lavalas au FIS d’Algérie et défend la thèse que si le FIS n’avait pas été exclu manu militari du jeu électoral, la démocratie n’existerait pas en Algérie aujourd'hui.
Humm !!! Certains Algériens diraient plutôt que l’éviction des gens du FIS a permis au clan du président et des militaires de se partager l'argent des privatisations et la rente pétrolière. Mais passons…
Bref, de partout fusent des invectives contre l’ambassadrice des USA, avec gros mot comme il faut, extrème-droite oblige, et contre le Canada pourtant deux des grands soutiens jusqu’alors indéfectibles de ce joyeux petit monde pour qui depuis 2004 c'est carnaval tous les jours.
Que se passe t-il ? Pourquoi une pareille désaffection?
Que fait l’IRI ? La NED ? Ou est passé M. Noriega ? Bon Jessy Helmes est mort mais qui le remplace ? Où est Jeff Bush ?
Est-ce que la décision du Congrès US de lancer une enquête sur les tenants et aboutissants du coup d’Etat de 2004 embarasserait les chancelleries étrangères qui y ont peu ou prou participé en mettant l’argent des contribuables de leurs pays au service des putschistes ?
Car ça la fout mal, particulièrement en période de crise internationale, d'avoir à expliquer aux citoyens comment a été utilisé l'argent de leurs taxes.
D’où, peut-être, les passages de Mme Michaelle Jean, gouverneure du Canada, celui de la Reine d’Espagne, de M. Barnier ministre de l’Agriculture français, M. Louis Michel responsable de l’UE qui, elle, a investi pas mal d’argent dans l'entreprise coup d’Etat en finançant de 2003 à 2004 pratiquement toutes les associations et partis hostiles à Lavalas. Tout ce monde là pourrait avoir intérêt à se dégager d'une entreprise qui a fait faillite.
Debrouya pa peche !
Il paraîtrait même que pour les besoins de l’enquête sur le Coup de 2004, le Congrès pourrait demander à plusieurs personnes de témoigner, dont M. Guy Philippe, l’ancien ambassadeur US en Haïti M. Brian Dean Curran , qui avait évoqué le rôle déstabilisateur de M. Stanley Lucas et un certain nombre d’autres protagonistes de l’histoire.
C’est ainsi que la joyeuse bande des bénéficiaires du Coup de 2004, qui hier encore était les meilleurs amis de la France, des USA, du Canada, de l'UE, de l'OEA ne les aiment plus aujourd'hui. Hier encore …
Et tout aussi surprenant, voilà que Lavalas, qui hier encore fustigeait cette même communauté internationale pour son ingérence dans les affaires de l'Etat, se met à battre bravo des deux mains pour les féliciter de leur intervention dans les affaires de ce même Etat.
Vous y comprenez quelque-chose vous ?
Moi, j'aurais crû qu'ils auraient eu la décence de se taire. Ils ont déjà assez de problèmes entre eux à régler.
Mais non, les vla qui félicitent eux aussi les "zanmi d'Haïti."
Finalement, ces amis de l'international, sont les amis de qui au juste ?
De Gaulle disait que les Etats n'ont pas d'amis mais des intérêts.
Après 205 ans d'une histoire marquée par des relations plus que difficiles avec "les pays amis", c'est quand même assez inquiétant que les Haïtiens n'en soient pas arrivés à un constat similaire.
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