Mon pays dévalisé
Mes rêves à la débandade,
Sur les trottoirs en flammes
De Port-au-Prince.
Ma ville rouge et en feu,
Les chars de bois et de fer
Déambulent
Dans les rues jonchées de pneus,
Les soldats en kaki et en vert olive,
Camouflage et mascarade.
La danse insolite des démagogues,
Les doigts dans le coffre-fort,
L’or de la ville dans la poche.
Ils rêvent de chalet à Montagne Noire.
Leurs têtes sans corps
Circulent dans les boites vitrées,
Carrousel dans les rues poussiéreuses
De la ville.
Ils détestent les plaintes
Des mains vides de La Saline,
Des marécages de Cité Soleil,
Des ventres creux de Jean Rabel.
Ils détruisent le pays qu’ils appellent chéri.
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