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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le déficit d’éducation, la véritable honte d’Haïti.

Publié par Elsie HAAS sur 24 Avril 2009, 09:52am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

La mésinterprétation, volontaire ou pas,   des paroles de M. Manning, Premier ministre de Trinidad, vient souligner cruellement  ce douloureux déficit d’éducation chez les Haïtiens.

Le gang des zen a encore frappé

Les gens qui ont fait des études -ou en tous les cas prétendent en avoir fait-  ne sont  pas les derniers à propager des âneries.

L’image d’un pays, c’est  d'abord  celle que donne à voir ses élites.

Les élites haïtiennes semblent, bizarrement, tirer une jouissance particulière  de ce qu’elles appellent, « le paradoxe haïtien ».

Ce « paradoxe haïtien » se  décline, par exemple, comme suit :

-Première République Noire indépendante dans le monde/ Pays refusant de célébrer le bicentenaire de son         indépendance       
-Pays possédant le + d'écrivains dans la Caraïbe/ Pays possédant le + haut  taux d'analphabétisme dans la          Caraïbe
- Pays dont la population est à 90% créolophone/ Pays où la majorité des écrivians écrivent en français.
-Première révolution anti-esclavagiste ayant réussie dans le monde/  Unique Pays possédant des restavek           et des "esclaves" dans les bateyes de la RD.
- Pays  le plus pauvre de l'hémisphère ouest/
Pays possédant le + de millionaires dans la Caraïbe.
- Pays où les agriculteurs ont un savoir faire le + évolué dans la Caraïbe/ Pays qui importe ses fruits et                 légumes.
       
 La liste de ces "paradoxes"  étant très longue, arrêtons-nous là.

Que montre ces quelques exemples du « paradoxe haïtien » ?

La première chose qui saute aux yeux c’est que cette liste reflète l'existence d' au moins 2 réalités différentes qui s'opposent.

La deuxième observation c’est que, ce soit disant paradoxe semble avoir bien des points communs avec ce qu'ailleurs, sous d'autres cieux,  on n'hésiterait pas à considérer comme une histoire violente d’exploitation  et de survivance  de la société coloniale.

 Si vous réfléchissez, à chacun de ces fameux paradoxes, vous vous apercevez que chacun d’eux reflète l’histoire de ce pays, qui s’est construite à partir de l’indépendance, de l’assassinat de Dessalines sur la marginalisation du plus grand nombre par une minorité.

La marginalisation du plus grand nombre/ Captation des ressources matérielles et intellectuelles par un petit nombre.

Ca, ce n'est   pas un paradoxe. Mais purement  et simplement, une lutte de classes.

Pardon du gros mot pas tout à fait  aussi joli et élégant que le mot d'ordre révolutionnaire, grenn-nanbounda

Mais c'est Warren Beaty,  en personne, lui-même, financier milliardaire des USA,  gourou du monde économique international qui a déclaré  : "La lutte  des classes existe bien ...et c'est mon camp qui l'a gagné."

Tout au long de l’histoire d’Haïti, c’est cette marginalisation présentée sous la forme de « paradoxe » qui se poursuit.

François Duvalier est l’un parmi les présidents d’Haïti, dont la politique a  le mieux incarné cette mystification dite "paradoxe haïtien"

Président noiriste/ Population Noire maintenue dans l’analphabétisme.

Président intellectuel/ Création des tontons macoutes qui répriment d'abord les intellectuels.

Président nationaliste/ Ouverture de l’économie à la mafia. Utilisation des finances de l’Etat à des fins personnelles.

Président défenseur des intérêts du peuple/ Vente sous contrat des travailleurs haïtiens aux planteurs de la RD, population abandonnée à la misère, analphabétisme, absence de soins, etc.

 La plupart des hommes/femmes politiques haïtiens, des intellectuels qui traficotent depuis 1986 ont été éduqués à partir de valeurs prônant  l'exploitation, le non-respect du peuple, la violence physique et verbale, la loi du plus fort,  le mépris de la démocratie, l'intolérance, la délation,  les affabulations, etc.

Ces valeurs sont les leurs. Ils/Elles les ont intégrées depuis l'enfance, en même temps qu'ils ont appris  par coeur sur les bancs de  l'école, les oeuvres essentielles  de leur titanesque et nasillard maître à penser.

C’est pourquoi, + de 50 plus tard,  il leur est impossible  de rompre avec la papadocratie. Rompre avec l'idéologie et les valeurs de la papadocratie, serait  remettre en question  toute une partie de leur vie,  de leurs croyances, de leurs manières de fonctionner, etc. C'est comme si on demandait à un drogué, de rompre  brutalement avec ses habitudes. Sans  l'apport d' une structure de soutien psychologique, affectif et matériel, le drogué retournera, comme le cheval à l'écurie, à sa drogue. De même pour  les héritiers de la papadocratie.

En Haïti

Je pense donc je suis

A été remplacé par

Je suis lettré donc  j’ai raison

Quand on voit, à partir de ce syllogisme, ce que ces lettrés  élevés à la sauce du papadocquisme - école et universités borlettes, enseignants macoutisés suite à l'exil d'une majorité de cadres- ont fait d’Haïti.

  Eh bien, on pourrait ajouter à la liste des paradoxes, celui-ci:

Un pays où les lettrés sont censés omniscients/ Un pays où les sciences de l'éducation  brillent par leur absence.

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