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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le FMI étrangle les pays pauvres, par Mark Weisbrot (VO)

Publié par siel sur 28 Mai 2011, 09:40am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Article paru en 2009. En ce moment, je fais mes fonds de tiroir. Le mois de mai étant superbe ça ne donne pas envie de rester trop longtemps devant le clavier. Et puis cet article, pratiquement prémonitoire au vu de l'évolution politique en Haïti jusqu'aux élections présidentielles, reste d'actualité.

Le FMI ne verse pas les fonds promis à la Turquie et la Lettonie car ces deux nations n’ont pas mis en oeuvre les mesures d’austérité exigées en contrepartie. Depuis des décennies, l’aide financière internationale est conditionnée par l’adoption de plans d’ajustements structurels, qui se traduisent par une réduction des dépenses publiques. En cette période de crise, ces mesures sont encore plus néfastes qu’à l’accoutumée. La réduction des salaires des fonctionnaires, les coupes sombres dans les programmes sociaux ne font qu’ajouter aux difficultés de la récession internationale. A juste titre, l’économiste Mark Weisbrot, co-directeur du Centre for Economic and Policy Research, déplore que le Congrès américain ne se saisisse pas de l’octroi de fonds supplémentaires aux réserves du FMI pour modifier les règles du jeu. Mais contrairement aux idées reçues, les USA, s’ils disposent d’un droit de véto, ne sont pas les seuls responsables en la matière. L’ensemble des droits de vote de l’Europe pèse plus que ceux de Washington. Ainsi, les politiques du FMI sont aussi de notre responsabilité. Mais qui s’en soucie ?

Par Mark Weisbrot, The Guardian, 13 mai 2009

Vous pouvez lire l’article   très intéressant mais en anglais ici:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2728


La situation d’Haïti est d’autant plus difficile

que la majorité de  population haïtienne est illettrée.

Et que pour paraphraser Castro, la bourgeoisie traditionnelle, la classe moyenne

et les autres sont des analphabètes économiques

auxquels il est facile de faire avaler n’importe quelle couleuvre.

 

Surtout quand cette couleuvre parle un  "franse bannann", lourd et  prétentieux à souhait.

Dans la lutte de classes en Haïti, les G184  -ceux quidétiennent le pouvoir réel-

ont compris

qu’il suffisait de flatter cette classe moyenne

en lui faisant croire qu’elle est super-intelligente,

qu’elle fait partie du "club d'excellence"

des "Blancs d’honneur" , des "Nègres d'exception"

de la "Crême de la crême"

pour que celle-ci devienne complètement gaga, soumise

complice de la prédation en se faisant agent de la désinformation.


D’où la désinformation permanente.

On va vous affirmer catégoriquement  que le FMI, c’est fini.

Et on ajoutera que ceux qui luttent contre la camisole de force

que l’institution impose aux pays pauvres sont des nuls,

des kongos,  des bossals, des ennemis d’Haïti, des apatrides

et toutes les insultes propres au registre des paltoquets d’extrême droite.


D’où  la propagande constante

On va vous comparer l’incomparable

en vous sortant des chiffres montrant les résultats soit-disant positifs-

 soit-disant parce que reposant sur un endettement très fort qui à long terme appauvrit le pays

(vous savez un peu comme les Etatsuniens seraient supposés très riches parce qu’ils ont dix cartes de crédit dans leur portefeuille  )

-des régime Latortue puis Préval, et ceux du gouvernement d’Aristide entre 2001 et 2004.

Il n’est pas besoin d’être un expert ni un fin économiste pour comprendre d’emblée

qu’il n’est ni scientifique, ni honnête de mettre en parallèle

un gouvernement  qui ne reçoit aucune aide pour cause de blocage de fonds 

et un gouvernement qui au contraire croule sous les aides.

Mais comme dit si bien Audiard ( scénariste français, célèbre pour ses dialogues de films) :

«  Les cons ça osent tout c’est même à ça qu’on les reconnaît »


  Par ailleurs c’est sous  le gouvernement d’Aristide

qu’il y a eu le + d’investissements privés et le moins d’emprunts.

C’est sous Latortue et Préval qu’il y a eu le - d’investissements privés et le plus d’emprunts.

C'est à dire que le pays s'est le plus appauvri. (je ne parle pas des riches hommes d'affaires

qui à l'inverse engraisse quand l'Etat s'appauvrit)

 


Ce n’est pas un zen, une rumeur, ce n’est pas une interprétation  fantaisiste des chiffres,

c’est écrit noir sur blanc sur le site du FMI en Haïti .

Site que chacun peut consulter si  un jour l’envie lui prendrait

de se faire une petite toilette du cerveau pour se désencrasser les neurones.

Rapport FMI/Haïti


Les « pragmatiques technocrates papadocrates » (les voleurs)

ne disent pas que l’argent emprunté sous Aristide en 2003

qui sera débloqué après son départ,

celui emprunté par Latortue et Préval,

 que tout cet argent devra être remboursé par le gouvernement,

c’est-à-dire par l'ensemble des citoyens haïtiens.

 

C’est un schéma similaire à celui de la « dette de l’Indépendance » versée

pendant des années à la France

qui a drainé  toutes les rentrées financières d’Haïti vers la France

et non pas vers le développement du pays.

 

D’où une manipulation systématique


Tout cela est connu et reconnu, a fait l’objet de diverses analyses, thèses, etc.

Mais les idéologues d’extrême droite,

les  technocratespragmatiques papadocrates

continuent avec indécence et audace à  s'en prendre à   tout  Haïtien

 qui  s'élève  contre ce système de prédation en le faisant passer pour  nul, ignare, ennemi d'Haïti.

 

Ces héritiers des Duvaliers n'hésiteraient pas

  une seconde à passer des menaces verbales

à l'élimination physique si nécessaire.

Ils prennent plaisir à rabâcher dans les oreilles des « chrétiens vivants »

des histoires stupides de nostalgie du temps de la « perle des Antilles ».

Le temps où leurs pères et mères avaient les chaînes aux pieds

et qu’à Bordeaux, Nantes, la Rochelle, Dieppe, etc.

les esclavagistes faisaient ripailles,

se faisaient construire de gigantesques hôtels particuliers 

avec l’argent du commerce de bois d’ébène et offraient des « négrillons » à leurs copains.


A cette époque aussi, on trouvait  pas mal d’intellectuels

français pour passer en dérision les anti-esclavagistes,

se moquer de leur humanisme, les ridiculiser en parlant de  leurs belles paroles,

de leurs belles âmes.

« Quels idiots !  Quels médiocres ! » disaient-ils.


Eux, les pro-esclavagistes étaient  des "gens de bien" pragmatiques;

et leur « bonne gouvernance » (à l’époque le vocable n’était pas à la mode)

 voulait qu’un tête de nègre ça vaut tant,

ça rapporte tant à l’économie et basta.

Time is money.

 

Ils disaient que les Nègres étaient incapables de comprendre

qu’il fallait dépenser de l’argent pour les nourrir, les loger, les « blanchir »;

et que toutes ces dépenses là leur côutaient beaucoup

et que les Nègres devraient leur en être reconnaissants.

Et puis, qu'en + de celà, ils les faisaient baptiser,

ce qui permettrait à ces Nègres

quand ils mourraient, d'aller au paradis,

privilège auquel ils n'auraient jamais eu droit s'ils étaient restés en Afrique.

 

D’ailleurs pas mal d’analogies sont possibles

avec   ce qui se passe aujourd’hui en Haïti,

sauf que ce n’est pas à Bordeaux, Nantes, etc.

mais en RD, en Floride

que les gwo zouzoun Blancs, Mulâtres, Noirs se font construire des villas.

 

Les idées d’extrême droite n’ont pas de frontières,

elles ne sont pas liées à une époque.

Les idées d’extrême droite sont simples:

 elles se basent sur le profit maximum,

l’exploitation des plus faibles, la répression des contestataires et la loi du plus fort.


On a vu dans le documentaire :" Les Maîtres de la Martinique "

comment les descendants d’esclavagistes

se sont reconvertis dans le commerce de l’importation

qui maintient les habitants de l'île dans la dépendance économique et psychologique à vie.

 

Le schéma est + ou - le même en Haïti, avec en plus cerise sur le gâteau,

dénigrement de la lutte pour l’indépendance et  apologie de "la colonisation positive »

et un service après vente assuré par les zentellectuels du "Collectif Non."


Un ami me disait – je ne vais pas vous citer son nom parce qu’avec la « restauration macoute »

le "dechoukay de la dignité"

le retour des JR Estimé,

c’est un Fort Dimanche 2 privatisé à la Ericq Pierre qui nous pend au nez.

Alors « atansyon pa kapon »

- cet ami donc me disait que ces zentellectuels

nous avaient poignardé dans le dos, que  la fierté haïtienne en avait pris un sacré coup en 2004 .

Le choc du coup d’Etat, de l’occupation, du retour des militaro/macoutes/duvaliéristes

et de la Peur, comme pochette surprise pour le bicentenaire de l’Indépendance,

m’a dit-il,  nous a lessivé.

Naomi Klein, me rappelle t-il, a bien décrit cette stratégie

de sape des énergies, de déshumanisation des populations

en vue de leur imposer les pires conditions de vie et de travail.


 "Tu n’as encore rien vu mon ami", lui ai-je répondu,

"Attends un peu que le « Moloch Tropical » sorte sur les écrans de cinéma .

Et  là, mon vieux,  avec la Citadelle ou pas, tu vas en prendre plein les dents.

Tu vas avoir droit à une de ces descriptions des Haïtiens,

que  tu n’auras plus qu’à  te mettre à genoux

et  à demander pardon aux Blancs pour le fait que tes ancêtres

aient osé se rebeller

et le supplier de reprendre le pays,

de te repasser les fers aux pieds, à toi et à tous tes descendants."


Cet ami –dont je ne citerai pas le nom pour cause de

« restauration macoute »

et assassinats ciblés d’opposants politiques progressistes depuis 2004-

m’a dit qu’il avait été en colère

quand il avait vu le film « Royal Bonbon ».

"Mon ami," lui-ai-je dit,

"tu n’as encore rien vu, prépares-toi au pire avec « Moloch tropical ».

Vaut mieux, si tu décides que tu iras voir ce film,

que dès aujourd’hui, tu t’inscrives à un cours intensif de yoga 

ou bien que tu te convertisses au Bouddhisme

pour apprendre à rester zen et à gérer tes émotions en toutes circonstances."


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