Les fous de la privatisation pensent que le salut d’Haïti, qui est, rappelons-le, -un des pays le plus privatisé du monde- réside dans encore plus de privatisations. Selon ces experts, privatisation = bonne gestion.
Ils sont totalement enfermés dans la croyance qui veut que, moins il y a d’Etat, mieux la société se porte. Alors même que les pays occidentaux ont toujours rechigné à appliquer les recettes du tout privatisé, et subventionnent leur agriculture, leur industries, etc.
Si c’est si bon, pourquoi ne le font-ils pas chez eux ?
Pourquoi les USA, sont-ils entrain de nationaliser des entreprises privées en faillite ?
Nos "fous" de la privatisation restent persuadés que quand le toît d'une maison fuit, il faut passer la maison au buldozer!
Les fous du christianisme pensent que le vodou est à l’origine des malheurs haïtiens. Ce n’est pas la société injuste et inégalitaire qui provoque le chaos. Non .Cest le vodou seul qui est responsable de la déforestation, de l'analphabétisme, de l'absence de soins de santé, du " massacre des cochons noirs", de l'importation du riz miyami, des restavek, des conditions de vie déplorables des Haïtiens dans les bateyes, de la corruption, du trafic de drogue, de l'injustice, etc, etc.
Les fous de l’armée, quant à eux, pensent carrément que le salut d’Haïti passe impérativement par la refondation de l’armée; une armée qui a montré son savoir faire humaniste pendant tout le temps de son existence.
LES STRUCTURES DE LA REPRESSION
Il paraitrait qu’ils s’apprêtent à discuter de cette question vitale pour la nation, encore une fois et comme par hasard, en République Dominicaine dans les prochains mois.
Les fous du français, eux, sont persuadés que la valeur d’un individu se mesure à ses fautes de français. Alors même que ces vigilants miliciens et autoritaires censeurs qui se réclament d'un "club de l'excellence" ne se privent pas d’en faire, comme je l’ai noté.
La dernière attaque, après celles contre la Sénatrice et contre l’artiste Shabba, s'est manifestée contre un texte écrit en hommage au père Jean Juste.
Il est évident que relever les fautes de français, de grammaire de quelqu’un qui écrit un hommage à un ami disparu, ne peut être considéré que comme une grossièreté qui n’honore en rien la personne qui a en a pris l’initiative.
Ce comportement trivial témoigne d'une absence de décence, de savoir vivre, d'éducation, de respect, d'honneur, d'intelligence, de modestie, d'empathie, de respect de soi.
Ce comportement insensé relève soit de la stupidité, soit d'une profonde aliénation, soit encore d' une volonté délibérée de « casser » le message du texte en privilégiant la forme au dépens du fond.
Sur le net, ce type de messager, s’appelle un troll. Sa fonction étant de faire dévier le sujet, de détourner l’attention des internautes, de manière à éviter le fond du débat.
Fond du débat qui en l’occurrence est que le père Jean Juste a été un défenseur des Haïtiens, qu’il a été injustement incarcéré à partir de rumeurs parce qu’on lui reprochait ses liens avec Aristide, et que sa santé physique et son moral en ont pris un coup.
Et que dans n’importe quel pays qui respecte ses citoyens, au vu de son combat mené courageusement pour défendre les immigrés haïtiens, le père Jean Juste aurait été honoré.
Au lieu de cela, nous avons des prétentieux/sentencieux qui s'arrogent le droit, de manière totalement niaise, infantile et arrogante, de corriger les fautes de français :
« Mais cela n'empêche d'attirer l'attention sur ce texte de Bell Angelot, ancien directeur général du Ministère de l'Intérieur, professeur d'Université, Chercheur, etc »
Pour ma part, je me permettrai d’attirer l’attention de l'autoproclamée experte en langue française, sur l'absence dans sa phrase de la 2ème partie de la négation : ne…pas.
On dit et on écrit : "Mais cela n'empêche Pas."
Son texte étant très bref, on peut imaginer ce qu’aurait pu donner une narration plus étoffée !
Ceux qui applaudissent, qui congratulent ne sont pas souvent les mieux placés :
"Les phrases longues alourdissent le style en faisant entorse à la clarté du texte."
On ne dit pas "faire entorse" mais " faire une entorse à"
Je ne souhaiterais pas rentrer dans le jeu stupide de ces "fous du français", qui confondent incorrection avec audace, malhonnêteté avec intelligence. Cependant, il m'est difficile de résister devant la perche tendue :
"qu'on est pas obligé de se soumettre aux lois de la grammaire?
Eh oui, on n'est pas obligé "de se soumettre aux lois de la grammaire "et d'intégrer le fait que la négation comprend obligatoirement 2 termes : ne... pas . N'est-ce pas !
Les grenn-nanbounda , les paltoquets d'extrême droite, qui auraient été accueillis par des familles paysannes lors de leurs déplacements en province, se souviendront peut-être du lit mis à leur disposition, des plus belles tasses de café sorties du buffet pour l’occasion, de la politesse. Ce sens de l’hospitalité, du respect, n’a rien à voir avec la maîtrise ou non du français.
Dans la culture haïtienne paysanne, le respect ainsi que l’honneur représentaient des valeurs importantes, avant l’arrivée du papa et de son bébé. Ces gens-là, filles et garçons de cour des Duvalier, ont décidé que la « reconnaissance est une lâcheté ».
Alors, on peut comprendre dans quelle mouvance idéologique s’inscrit la « dénonciation » des fautes de français de quelqu’un, en deuil, qui a pris sa plume pour témoigner de sa reconnaissance envers le père Jean Juste pour le combat qu'il a mené en faveur des Haïtiens démunis, au nom de tous les Haïtiens.
On aime à dire que les Haïtiens sont vaccinés contre les microbes, vu qu’ils survivent dans un environnement ultra pollué.
Il faudrait ajouter qu’ils le sont également contre la honte et la connerie !
Honneur et respect au Père Jean Juste !
L’arbre a été coupé mais les racines repousseront.
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