VOIRhttp://www.sourcewatch.org/index.php?title=International_Foundation_for_Election_Systems
Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de l’IFES et de ses actions en Haïti. Il s’agit d’une institution, basée à Washington, dont l’objectif est de fournir aide financière et technique aux pays en développement pour « strengthen transitional democracies », pour consolider les démocraties en transition.
Un paragraphe assez long est consacré à Haïti.
Bon c’est hyper triste et carrément dégoutant.
Je vous traduit une partie des déclarations de Tom Griffin, avocat et militant pour les droits Humains.
They went down [to Haiti] as part of a USAID package, with a multi-million dollar plan to, basically, fix the judicial system – that was what they operated under. It was really a plan to oust Aristide. The IFES workers I was able to isolate and talk to in confidence, completely take credit for ousting Aristide.
C’est la couverture derrière laquelle ils agissaient. Les employés de l’IFES auxquels j’ai pu parler de manière confidencielle, étaient complètement pour l’éviction d’Arsitide.
They started with this theory that the judicial system was corrupt in Haiti, and that it had to be turned around and cleaned out.
From that premise came that if the judicial system was corrupt, Aristide, who is controlling them is most corrupt, and he must go.
A partir de ce constat, ils ont décidé que si le système judiciaire était corrompu, Aristide qui le controlait devait être le plus corrompu et devait partir.
So, there was no unity in the Haitian judicial bar or in the judiciary, and IFES went out and formulated groups that never existed or united pre-existing groups, gave them sensitization seminars, paid for people to attend, paid for entertainment and catering, and basically built group after group, and then they realized that in order to be successful they had to reach out from beyond the lawyers and judges.
Alors, il n’y avait pas d’unité au barreau haïtien et dans l’institution judiciaire, et l’IFES s’est mis à former des groupes qui n’ont jamais existé ou à unifier des groupes pré-existant, leur a organisé des séminaires, a payé pour que des gens y assistent, a payé pour les spectacles, les divertissements, la restauration, et a pratiquement construit groupe après groupe. Puis, ils ont réalisé que s’ils voulaient réussir, il leur fallait aller au-delà du groupes des avocats et des juges.
They reached out to student groups and business groups to get a bigger economic behind them. They also reached out to human rights groups – which they actually paid off to report human rights atrocities to make Aristide look bad. It just sort of snowballed.
Ils ont approché les groupes d’étudiants et d’hommes d’affaires pour s’assurer une plus grande assise économique eux. Ils ont aussi approché les groupes des droits humains – qu’ils ont effectivement payé afin de faire des rapports sur des atteintes atroces aux droits humains de manière à dénigrer Aristide. Ca fait un effet boule de neige.
They bought journalists, and the IFES associations grew into the Group of 184 that became a solidified opposition against Aristide. What is probably most interesting is that Gerard Latortue, the prime minister, was an IFES member for a couple of years before of the ouster of Aristide last year.
The myth that he had been plucked from pool-side on March 1st, the day after the coup, to become prime minister was pretty much debunked – he was in the planning for a couple of years. Bernard Gousse, the justice minister who is in charge of the prisons and the police, was in it for many years. He was a sensitization speaker coming to talk in the US on behalf of IFES.
Le mythe selon lequel il aurait été choisi par un groupe de sages, le 1er mars, le jour suivant le Coup, pour devenir Premier ministre a été déboulonné – il était dans le plan depuis deux ans. Bernard Gousse, le ministre de la Justice, faisait partie du plan depuis de nombreuses années. Il était un orateur « sensationnaliste » venant parler aux USA sous le parrainage de l'IFES
—Tom Griffin, Interviewed on Flashpoints
Mais par souci d’informer les jeunes générations qui ne maîtriseraient pas forcément l’anglais, je m'y suis sans enthousiasme attelée.
De toutes les manières, comme dit et (trop) répété, l’historique de ce coup d’Etat de 2004 et les différents protagonistes seront parfaitement connus dans les années à venir.
Comme on a su, qui étaient les les financiers et les acteurs de celui de 1991 qui malheureusement n'ont jamais été punis.
L'impunité entraîne toujours plus de désastres.
Ce qui est vraiment tragique, c’est le mal causé à la population haïtienne et au développement du pays par une poignée de gens.
Ce mal, c’est nous toutes et tous, Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur, qui en subissons les effets et qui continuerons malheureusement à les subir pendant de nombreuses années.
Il est toujours facile de descendre dans un trou, mais en remonter c’est une autre paire de manche.
Tout ceci, lectrices et lecteurs attenti(ve)fs et conscient(e)s, vous le pressentiez, n’est-ce pas ?, malgré le rouleau compresseur de la désinformation et des zen, simplement il était difficile de croire qu'une machination aussi bien huilée soit possible.
5 ans plus tard, l'AP dans ses dépêches formule : "éviction d'Aristide organisée par la France et les US."
Les témoins n’ont pas encore parlé. Certains pensent écrire.
Certains ont déjà emporté leurs secrets dans leurs tombes.
La question lancinante qui demeure c’est:
Comment et pourquoi des Haïtiens honnêtes - il y en a quelques uns quand même au sein des GNBistes-
ont marché dans le plan de l’IFES
et accepté de voir leur pays occupé par les forces de l'ONU, l'année du bicentenaire de l'indépendance ?
Par crédulité?
Par cupidité ?
Par aliénation à la parole du "Blanc" ? - le "Blanc" ayant toujours raison ?-
Par peur ?
Par ?
L’histoire le dira aux générations futures.
Mais il n’empêche que, présentement, un machiavélisme aussi froid, serre le cœur et porte à désespérer de lendemains meilleurs.
Parce que une autre question terrible se pose :
à quel homme, à quelle femme peut-t-on faire confiance quand on voit la facilité avec laquelle il et/ou elle peuvent être "achetés " ?
Un des grands problèmes que rencontre la démocratie en Haïti c'est la "crise de confiance".
"Yo tout sou bluff," disent les Haïtiens, pour rendre compte de l'absence de convictions du personnel politique.
Regardez comment les députés ont retourné leurs vestes dans l'affaire des 200 gourdes.
Regardez comment ils se sont tous tus dans l'affaire des dollars envolés de Port-de-Paix.
Regardez comment ils ont regardé ailleurs dans l'affaire du ressortissant haïtien décapité en place publique en RD.
Regardez...
Et c'est à cela qu'on reconnaît la "restauration macoute" : la cupidité, le silence, la peur et la méfiance
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