Je pensais vous mettre des images du stand, mais jusqu'à présent le copain, Badol,
qui devait m'envoyer les photos ne l'a pas fait.
Cette première expérience, il faut l'avouer, n'était pas formi/ formidable.
Au départ, une copine devait s'ocuper de la restauration, ç'est son métier.
Et en réalité ce stand c'était son projet.
Elle voulait faire du business.
Moi je lui passais simplement mon assoc.
pour lui donner un coup de main.
En échange de quelques sous pour l'association.
Eh bien, mezanmi, par un retournement de situation,
voici que non seulement j'ai été impliquée
jusqu'au cou,
mais en plus, je me suis retrouvée responsable de l'opération.
Comme le commerce, c'est pas vraiment mon truc.
Il paraît que je met trop de temps et de soin à faire les ti-punch !
Comme en plus, on a eu un stand plus grand que prévu.
Il nous manquait les livres, les peintures, les sièges pour faire un petit salon de consultation sur les réalités haïtiennes.
A part ça, j'ai vu une vingtaine d'Haïtiens, tout émus de voir la banderole Haïti.
Voir leurs yeux s'illuminer.
Lire leur fierté " Nous aussi on est là !"
Ca faisait chaud au coeur.
Vous connaissez, comme moi nos compatriotes, ils sont au départ restés assez loin pour nous observer.
Et puis, la musique Konpa que des amis avaient apportée, a fait tomber la méfiance initiale.
Et on a pu discuter du pays.
L'un d'eux, me disait avoir été là-bas au mois de décembre dernier.
Et que c'était la désolation.
Les gens cachent leur misère et tentent d'avoir un visage "frais" m'a dit-il.
Il m'a raconté comment les gens se déplacent avec un mouchoir et de l'eau pour nettoyer leurs visages après des kilomètres faits à pied dans la poussière pour se rendre à leur lieu de travail.
Ces jeunes compatriotes sont passés par la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Martin
Ils m'ont également parlé des mauvais traitements subis par les Haïtiens dans ces DOM français.
Vue, notre organisation informelle,
c'était clair que nous n'étions pas des "gwo zouzoun" décidés à utiliser Haïti pour se faire du blé (de l'argent).
Donc nous avons pu parler + ou - à coeur ouvert.
J'ai rencontré aussi une vieille amie, Aïlo A., monteuse de cinéma,que je n'avais pas vu depuis des siècles.
Ce qui m'a fait grand plaisir.
Mon ami de jeunesse, Tobias E, avait fait 700 bornes(kilomètres) pour venir me donner un coup de main.
Il avait apporté du vin d'Apte, pensant le vendre.
Mais, la seule et unique boisson que nous avons vendu à gogo, ça a été le "petit punch".
Les Français, adorent ça.
Et, c'est grâce au petit punch que nous sommes rentrés dans nos frais de location de l'espace.
Quelques personnes ont réclamé du Barbancourt.
La honte totale: on n'en avait pas.
Sinon, j'ai raté tous les débats,
notamment Domota une des "stars" invitées
tous les concerts
dont celui de Manu Tchao
toutes les ventes signatures de livre
dont celui de Salim Lamrani sur Cuba
C'est ça quand on est de l'autre côté de la barrière.
Sinon, trois jours dans cet espace gigantesque
rempli de stands de tous les pays du monde c'est un marathon dingue.
Faut pas oublier que ça commence dès le matin
pour finir tard le soir.
Nous étions d'un côté flanqués par le stand du Brésil
de l'autre la Côte d'Ivoire
2 concurrents de poids.
600 000 personnes sont passées dans cette fête de l'HUMA.
Et il n'y a pas eu d'incidents graves.
Le directeur de cette fête est un homme jeune, la quarantaine,
mince comme un fil de fer et éveillé, attentif, organisé
Vu l'efficacité avec laquelle il manageait son équipe
tous des bénévoles
ça c'est inouï !-
une équipe qui va des services de sécurité
aux services de santé et de nettoyage
et cette foule de 600 000 personnes
Sans compter les exposants,
toujours calme, respectueux et souriant, ce directeur
je lui ai dit pour rire, mais en même temps j'étais sérieuse
qu'il suffirait de lui donner Port-au-Prince pendant six mois
pour que tout rentre en ordre.
Un autre truc marrant, c'est la relation des Haïtiens de la classe moyenne
avec la Fête de l'Huma,
vous savez tous ces gens qui ont eu si peur des Duvalier
qu'ils leur ont obéi au doigt et à l'oeil
et qui aujourd'hui, légèrement gênés
d'avoir été des adeptes de la politique, de la morale, de l'éthique
et la culture de la padocratie
présentent François Duvalier
comme le bienfaiteur du peuple haïtien.
Alors que le Ministre de l'économie , M. Woerth appartenant à l'UMP
est venu discuter avec les militants de gauche,
des compatriotes en sont encore à se demander
si aller à la Fête de l'Huma, n'allait pas les mettre dans la
catégorie de "communistes".
Comme si les 600 000 personnes présentes
-beaucoup de jeunes-
étaient des communistes!
Si je comprends bien,
Plus facile de se réunir à la RD
que d'aller à la fête de l'HUMA!
Ce sont à des petits détails comme ceux-là qu'on se rend compte
à quel point le "brainwash" de la papadocratie a été intériorisé.
Ca me rappelle quand on voyait ces boursiers du gouvernement
de F et de J-C Duvalier, chuchoter dans les rues de Paris,
le mot "communiste."
Comme s'ils invoquaient le diable en personne.
Boursiers qui se retrouvent aujourd'hui dans toutes les sphères de l'administration
et notamment à la Primature.
Bonjour les dégats !
Enfin, l'année prochaine, on remet ça.
Mais cette fois-çi en tenant compte de l'expérience
et en corrigeant les erreurs.
A la proxima vez !
Donc, à septembre 2010 à la Courneuve !
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