Un lecteur m'ayant demandé de "prouver"
ce que j'ai résumé par "une bibiothèque non, un buste aurait suffi"
concernant l'observation de Lyonel Trouillot
face à" l'excellente initiative" de la sénatrice Beauplan Supplice, au nom bien choisi,
de baptiser une bibliothèque du nom de la directrice de Fort-Dimanche,
prison où ont été torturés
et où sont morts des milliers d'opposants aux 2 Duvalier,
dont l'écrivain Jacques Stephen Alexis
auquel ce même Lyonel Trouillot a piqué le titre de son dernier roman" La belle amour humaine"
P'têt ben qu'on pourrait faire une statue de Mme Max Adolphe
serrant dans ses bras Jacque Stephen Alexis.
Pourquoi pas ?
On appellerait ça la "réconciliation duvaliérienne."
qui serait la suite de la "révolution duvaliérienne".
Dans le pays à l'envers, dans le pays tête en bas,
où toutes les valeurs sont celles des grenn-nanbounda (violence et inujstice)
où les assassins d'hier se sont mutés miraculeusement en donneur de leçons
et trônent à des commissions de justice;
dans ce pays où les comédiens avec ou sans lunettes noires
sont devenus des modèles de civisme et de réussite,
toutes sortes de cruautés et de perversités sont possibles.
Je voudrais rappeler que Le Monde du Sud,
ne pratique pas l'art de mentir vrai ni du zen.
Ce qui est discuté, critiqué, analysé est du domaine public.
Ce n'est ni du "papamadi", ni du "j'ai entendu que quelqu'un aurait dit qu'il aurait vu," etc.
Je voudrais vous rappeler le traitement
qui est fait des tortionnaires et fils de tortionnaires en RD
où jusqu'à présent aucune apologie du dictateur Trujillo n'est admise par la loi.
En RD celui qui ferait l'apologie d'un criminel de l'époque de la dictature
et nommerait une bibliothèque à son nom serait considéré lui-même comme un criminel
et passible de peines de justice. C'est ainsi. Ils font de l'éducatin et de la prévention
pour empêcher la prolifération des cinglés et la contamination de la population.
Disons que là-bas, la déclarations de L. Trouillot
sur le buste qui serait suffisant pour honorer la mémoire
d'une des collaboratrices les plus proches des 2 Duvalier
une "partner in crime"
aurait soulevé un tollé dans les milieux intellectuels.
En Haïti, depuis 2004, l'outrage à la dignité est banalisé.
Tout le monde trouve ça normal. Oui après tout pourquoi pas un buste
pour Mme Max Adolphe ? Pour Ti Bobo, pour Ti Roro,
pour Ravix Rémissainthe et les autres.
On pourrait même demander à Martelly d'édifier un monument, en hommage aux macoutes,
aux zenglendos, aux paramilitaires et à toutes ces merveilles d'hommes et de femmes
qui avant "ces vingt cinq dernières années" ont oeuvré pour la prospérité d'Haïti
en vidant les caisses de l'Etat pour en transférer le contenu
dans leurs comptes en banques perso.
VOIR 1980 Duvalier fils et les 16 millions de dollars empruntés au FMI et disparus en quelques semaines
Vous voyez, la différence entre ces deux pays, Haïti et la RD,
ce n'est pas comme dit le Baron de Ti-Malice de Time is Money
parce que les gens de la RD ont une mentalité business et les Haïtiens pas (ce qui est faux au passage)
mais c'est que les gens de la RD ont eu la volonté farouche de rompre avec les années de la dictature Trujillo et ils ont pris les lois et les mesures nécessaires pour ça.
les Haïtiens de la classe moyenne, au contraire, en redemandent des gros bleux macoutes,
ils sont nostalgiques de l'armée Kraze zo, du beau temps des léopards, du SD,
des gros ventres, des chaînes, des bagouses, des gourmettes en or
sans oublier le koko makak, le djak, les trivialités, les insultes, les viols,la pédophilie
( ce qui est vrai) VOIR AYITI EXTREME DROITE
Et ça, messieurs dames, ça fait une différence gigantesque, phé-no-mé-nale !
pour le futur de ces deux moitiés d'îles.
D'un côté de l'île des dirigeants qui veulent aller de l'avant
et ne plus se laisser piéger par la fascination de l'homme fort, du caudillo
qui va tout régler dans le pays
qui a fait pendant longtemps le malheur de l'Amérique Latine.
De l'autre des élites qui ne rêvent que de se re-vautrer dans la fange
du duvaliérisme.
Ce n'est pas la mentalité pro-business qui fait la différence
mais la volonté déterminée des dirigeants de la RD de ne pas retomber dans l'enfer.
Voici donc le passage de la chronique qui fait très brièvement allusion à cette affaire.
Voir pour mieux comprendre le cynisme à nul autre pareil des duvaliéristes Haiti-Mémoire : Non à la réhabilitation des criminels !
SIM PA RELE / La chronique de Lyonel TROUILLOT
« Jésus, Marie, quelle décadence ! Quelque chose est pourri dans mon rayaume
Radio Kiskeya / jeudi 26 août 2010
Il y a l’odeur de la pauvreté. Des immondices.
Il y a l’odeur des crimes de sang, et la culture de l’oubli. Une bibliothèque municipale portant le nom d’une tortionnaire, tristement célèbre, à l’époque où l’on tuait des jeunes gens. Son nom était le symbole de la répression, de la barbarie. Une bibliothèque à son nom, la honte. Qu’elle ait aidé sa ville natale, et qu’on y garde d’elle la mémoire d’une bonne marraine, on peut comprendre. Un buste, mais pas une bibliothèque, symbole du savoir et de la liberté.
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