http://blackagendareport.com/content/haiti-raped-us-2004-and-still-bleeding
"The Haitian people are not allowed to speak."
Les Haïtiens ne sont pas autorisés à parler.
Cette phrase dans le texte m'a frappée
et m'a portée à réfléchir.
Pourtant sur les radio, on entend un tas de gens parler
donner leur avis, protester.. Tout ceci bruyamment.
Mais cette parole bruyante est orchestrée, comme celle des zentellectuels
pour tourner en rond
pour ne pas faire sens
pour ne pas s'ouvrir vers l'action.
Si entre 1986 et 1991(année du 1er coup d'Etat contre Aristide)
la parole était une conquête de la toute neuve liberté,
à partir de la répression sauvage de 1991
cette parole est enfermée
par ceux qui luttent contre le droit du peuple haïtien au bonheur.
Après 1991, vu le nombre élevé de victimes parmi les militants,
beaucoup de voix pertinentes ont disparu,
d'autres se sont exilées et ne sont jamais revenues
d'autres ont été cooptése et se sont rangées du côté du système répressif.
Et puis, il y a eu la formation de ce corps d'intellectuels bizarroïdes
mi-figue, mi-raisin, sans réelle convictions, le cul entre deux chaises
se levant à droite, se couchant à gauche et vice-versa.
Ils ont remplacé les anciens, ceux qui s'étaient exilés pour fuir la dictature
Ils ont comblé le vide laissé par les assassinats , les disparitions et l'exil
d'une nouvelle génération, celle de 1986, pleine de promesses, de volonté et de joies.
Le rôle qui leur a été dévolu, notamment depuis 2004,
c'est de remplir tout l'espace consacré à Haïti dans les média francophones.
On ne doit entendre qu'eux.
L'impératif est de monopoliser
pour ne pas laisser de place à des voix discordantes.
Confisquer la parole.
Ils me font penser aux 2 aides dans le Château de Kafka
gesticulant, montant et descendant,
sévères ou faisant les clowns
représentants du château et des maîtres
qui ont pour mission d' apporter des informations brouillées,
des ordres confus
qui gardent les
gens du village et l'arpenteur
dans une constante attente,
dans une permanente inquiétude,
dans la soumission à l'arbitraire et à l'absurde.
C'est ce discours confus,
comme celui des 2 aides dans Le Château de Kafka
qu'on entend sur les radios en Haïti
et qu'on lit dans les journaux d'ici.
Un discours en forme de boucle comme un lasso qui
attrappe tout ce qui pourrait être sujet à débat constructif : Roumain, Alexis, les classes,les couleurs, l'insécurité...etc
et Kouik resserre la corde et lui coupe le sifflet.
Et puis ça recommence, ça repart : Roumain, Alexis, les classes, les couleurs,
l'insécurité et Kouik à nouveau on resserre la corde et lui coupe le sifflet.
Et ainsi de suite.
C'est ainsi que les Haïtiens ne sont pas autorisés à parler.
C'est-à-dire qu'ils sont autorisés à parler pour ne rien dire.
Ils n'ont pas le droit de parler des contrats des mines d'or, de cuivre et d'argent
ils n'ont pas le droit de parler du salaire et des per diem du président
ilsn'ont pas le droit de parler du choix d'installer une université et une zone franche sur des terres fertiles.
Ils n'ont pas le droit de parler de la taxation des appels téléphoniques et des transferts d'argent.
Etc, etc.
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