Extraits
Le projet de déplacement voulu par le gouvernement et les organismes internationaux pose de sérieux problèmes. En effet, les 460 camps de rescapés qui se dressent aujourd’hui à Port-au-Prince logent, pour la plupart, des gens qui ont habité dans des quartiers limitrophes. Et, bien que les Haïtiens accordent une importance particulière à l’éducation de leurs enfants, une résistance s’organise. “Nous sommes tous logés à quelques pas de chez nous”, explique Ti-Djo, un des occupants d’un camp de fortune situé en plein cœur de Pétion-Ville, “cela facilite nos déplacements et nous permet de vaquer plus facilement à nos occupations afin de pourvoir aux besoins de nos familles. Imaginez que quelqu’un qui habite à Jalousie soit envoyé à la Croix-des-Bouquets, comment fera-t-il dans les conditions actuelles pour venir travailler tous les jours à Pétion-Ville ? poursuit-il. Si l’Etat veut vraiment nous venir en aide, il doit d’abord commencer par nous aider à déblayer nos maisons. Sinon, ce sont des cadavres qu’ils emmèneront à la Croix-des-Bouquets”, lance le récalcitrant.
Dans les autres camps, la situation n’est pas différente. Pour inciter les gens à partir, le gouvernement promet des rations d’aide alimentaire, la création d’emplois et des services de toutes sortes (écoles, hôpitaux, etc.), voire d’hypothétiques titres de propriété. Mais les citoyens n’en démordent pas. Ils ne veulent pas quitter les lieux. “Après nous avoir empilés comme des animaux dans leurs camps, nous serons une fois de plus livrés à nous-mêmes et les belles promesses vont rapidement s’évanouir”, résume l’un d’eux. Le camp installé dans le lycée Toussaint-Louverture est le symbole d’une situation qui s’enlise. Au début de la semaine écoulée, les élèves de l’établissement ont attaqué à coups de pierres les sans-abri qui occupent la cour du lycée. “La situation risque chaque jour un peu plus de dégénérer”, craignent les voisins.
VOIR http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/12/les-refugies-refusent-de-quitter-leurs-tentes
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