Un article publié par Grand soir et traduit par Manuel Colinas Balbona.
Voici un modèle de bonne gestion des ressources. D’après un rapport du diplomate irlandais
Roger Cassement, de 1899, le gouvernement colonial de sa majesté Léeopold II, roi de Belgique, remettait à chaque soldat présent au Congo un nombre déterminé de cartouches dont il devait justifier l’usage avec une stricte exactitude dans l’exercice de ses tâches au service des compagnies exploitantes du caoutchouc. Pour faite la preuve qu’il n’avait pas gaspillé une seule cartouche, à la fin de la journée, chaque soldat devait remettre une main droite (oui, une main humaine) pour chaque balle manquante dans sa cartouchière. Certains, mal nourris, trichaient : ils utilisaient quelques cartouches pour chasser et ensuite ils coupaient la main d’un Congolais vivant en guise de certificat de bonne conduite dans leur service. Rien qu’en six mois, on avait comptabilisé 6.000 Congolais assassinés ou mutilés, un par cartouche ou peut-être davantage parce que pour économiser leurs munitions, nous dit Cassement : « des soldats tuaient les enfants à coup de crosse ». Continue reading ‘Calcul de vies par Santiago ALBA RICO’

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