Permettez-moi de vous remercier pour ce texte si juste et poignant qui me touche personnellement .
VOIRmondialisation.ca,Les ravages des dictatures amies de l’Occident
Pour plusieurs raisons.
La première c’est que lors de mon premier voyage en Algérie vers 1981
j'avais été agréablement surprise de rencontrer des gens qui, apprenant que j’étais d’origine haïtienne, m’ont tout de suite parlé de Toussaint Louverture
Et non pas de papa doc (Duvalier) et les tontons macoutes, auxquels l’évocation du mot Haïti étaient, à l’époque, automatiquement reliés.
Ensuite, parce que votre description des effets et conséquences de la dictature correspond à ce qui se passe encore aujourd’hui dans une Haïti théoriquement démocratique après que 29 ans que la dictature des 2 Duvalier
aient pris fin en 1986.
Une autre grande réussite de la dictature c’est d’avoir fait en sorte, comme vous le dîtes, que : « l’arbitraire, l’aberration et l’absurde se partagent le quotidien des gens et finissent par s’imposer comme des normes de fonctionnement de la société. » même dans un contexte dit démocatique comme celui d’Haïti aujourd’hui.
Vous dîtes, « C’est le pire résultat que peut produire une dictature chez un peuple. »
Et Cette autre phrase qui définit parfaitement l’état de décomposition de la société haïtienne :
« Après quoi, le chaos peut s’installer durablement en s’abreuvant de tout ce qui est négatif chez les gens, haine, méfiance et violence, annihilant tout esprit d’appartenance commune. »
C’est exactement ce que Leslie Péan, écrivain et économiste haïtien, appelle : « l’ensauvagement macoute » qui explique en dehors des interférences étrangères l’incapacité de l’opposition à se structurer.
Comme vous, j’ai été écoeurée d’entendre des Haïtiens souhaiter qu’après 206 ans d’indépendance, la France revienne dans son ancienne colonie de Saint-Domingue, ou bien que le Canada ou les USA en assurent la tutelle.L’indécence est également chez nous au rendez-vous, où certains en arrivent à « magnifier » le bon temps de la colonisation positive ou celui de la dictature.
Et finalement, je partage votre colère non seulement contre le pouvoir mais contre tous ses complices, notamment les intellectuels, qui ont œuvré à leur manière « en disséminant partout le poison du désamour; ce sentiment qui conduit à haïr ce que nous sommes et à dévaloriser tout ce qui nous représente aux yeux des autres. »
Si l’Algérie devait se sortir un jour de la dictature, elle ne devrait pas faire l’impasse de la case justice. Elle devrait refuser de céder aux sirènes de la « réconciliation » qui ont pour objectif de maintenir les bourreaux et leurs réseaux en place. Ne pas suivre le mauvais chemin d’Haïti,mais plutôt,
comme en Amérique Latine, faire en sorte que les crimes ne restent pas impunis
de manière à ce que peur, méfiance et haine puissent disparaître de l’univers quotidien des citoyens
Aujourd’hui, 22 ans après la fin de la dictature en Haïti, le chaos est organisé par ceux-là même qui se trouvaient au pouvoir à cette époque
et leurs héritiers.
Je vous souhaîte du courage et "la paix du coeur", nous en avons tous bien besoin.
Et je vous transmets mes meilleurs vœux avec les mots de l’écrivain
Jacques Stephen Alexis, assassiné en 1961, à l'âge de 39 ans, par Duvalier
LA BELLE AMOUR HUMAINE
| Jacques Stephen ALEXIS (1957) |
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