Nicolas Sersiron - 10/05/2010 10:20:00
Le tremblement de terre d'Haïti, s'il avait eu lieu en Floride ou à Cuba n'aurait sans doute fait que quelques centaines de morts. Si celle que l'on appelait la perle des Antilles n'avait pas été obligée de payer pendant 127 ans une rançon à la France, elle ne serait pas aujourd'hui dans un tel état de catastrophe humaine et environnementale. En 1804, 400 000 esclaves ont vaincu le corps expéditionnaire napoléonien après s'être libérés. Ils ont fondé la première république noire. Charles X en 1830 a exigé, avec la menace d'un nouveau débarquement armé, que les colons soient dédommagés à hauteur de 21 milliards de dollars actualisés, l'équivalent du PIB d'une France de 30 millions d'habitants à cette époque. Ils ont été contraints de couper tous les arbres et d'exploiter toutes les richesses pour payer. Alors qu'on est dans ce cas au delà d'une dette odieuse et historique, il s'agit d'une rançon, Nicolas Sarkozy en visite express en février 2010 a offert généreusement l'annulation d'une dette majoritairement odieuse de 300 millions de dollars, dont une grande partie avait été créée par les dictateurs sur-corrompus Papa doc et Baby doc. Ce dernier vit tranquillement en France depuis 20 ans. Aucun pardon de la France n'a été prononcé.
Madagascar a été colonisé pendant moins d'un siècle par la force militaire française. Son peuple a été réprimée par les armes et la torture, en 1947, après une tentative d'émancipation, faisant près de 100 000 morts, dont la majorité de son intelligentsia et de ses cadres - plus de 2 % de la population a été assassiné. Toutes les richesses de ce pays, jusqu'à l'indépendance en 1960, on été exploitées par la France. Elle a accumulé une dette historique envers le peuple malgache et une dette environnementale. Pourtant, la France n'a jamais reconnu ses dettes, ni moralement, ni financièrement. La forêt a quasiment disparu, le pays se désertifie comme Haïti et le chaos politique qui y règne dégage de forts relents de Françafrique et de pétrole. Depuis 30 ans le budget de ce pays a été consacré jusqu'à 50 % au remboursement de la dette publique au profit des créanciers du nord.
L'article : http://www.lexpansion.com/afrique/dette-odieuse-versus-dette-ecologique_231881.html
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