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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haiti, Une autre crise menace… Par AMELIA DUARTE DE LA ROS

Publié par siel sur 30 Mars 2012, 10:31am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

 

DEPUIS HAÏTI
Une autre crise menace…
AMELIA DUARTE DE LA ROSA, envoyée spéciale
S'il était possible ne serait-ce qu'un instant d'imaginer Haïti sans séisme, sans maladies, et sans tous ces siècles de pillage, d'endettements et de dictatures, il resterait une autre calamité à résoudre : la déforestation si importante qu'Haïti risque, selon les experts, de devenir le premier désert de la Caraïbe.
Haïti – qui possédait autrefois un système de plantations forestières exubérant – occupe 27 750 kilomètres carrés de l'île d'Hispaniola, dont 2% seulement sont boisés. La désertification, résultat d'une coupe indiscriminée démarrée à l'époque coloniale, représente un des problèmes majeurs de sécurité alimentaire pour la plus grande partie de la population.
L'utilisation de charbon végétal pour la cuisson des aliments, le brûlage des forêts, la contrebande et le commerce du bois sont les principaux responsables de ce désastre.
Un rapport réalisé par le Programme de l'ONU pour le développement estime que les trois quarts de la demande énergétique du pays sont satisfaits par le bois, et que 70% de la population utilise le charbon pour cuisiner. Par ailleurs, l'étude signale que les réserves forestières haïtiennes disparaissent à raison de 15 à 20 millions d'arbres par an, d'où une transformation de la géographie du pays, notamment dans les environs des Gonaïves dans le département d'Artibonite, et dans certaines régions du nord-est du pays.
Conséquence de ce problème d'environnement : Haïti apparaît comme un des pays détenant l'indice de risque le plus élevé de la planète.
La coupe de la couverture végétale a entraîné la destruction des écosystèmes, l'augmentation de l'érosion – d'où une perte annuelle de 15 millions de mètres cube de terre cultivable –, l'instabilité des sols, la disparition des nappes phréatiques et la disparition ou la sédimentation des rivières.
Par ailleurs, du fait de la déforestation, les conséquences des tempêtes tropicales et des pluies torrentielles se sont considérablement aggravées : l'érosion des sols, les inondations et les glissements de terrains sont plus fréquents, et le nombre de victimes plus important.
Malgré la destruction de l'environnement, peu de stratégies ont été mises en œuvre – à court terme ou à moyen terme – pour apporter une solution.
Même s'il y a plusieurs années des associations locales ont démarré avec peu de succès des campagnes de reboisement, le plan de reconstruction de la Commission intérimaire de Reconstruction d'Haïti – dirigée par l'ancien président nord-américain Bill Clinton – et le rapport du Département d'État étasunien ignore le problème, et ne démontre aucun intérêt pour un éventuel reboisement.

Quant au gouvernement haïtien, il a lancé un plan d'investissement de reboisement massif pour les cinq prochaines années. Selon les déclarations à ce journal de M. Hébert Docteur, ministre de l'Agriculture :
« le travail de reboisement est un défi et un problème national. Actuellement, nous développons un programme intéressant avec le Venezuela, mais nous avons besoin de l'aide de nombreux gouvernements. »  

Malgré la gravité des difficultés auxquelles Haïti doit faire face pour sauver la nation, les solutions doivent viser des objectifs à long terme capables d'assurer la protection de l'environnement, des programme de reforestation, ainsi que l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique énergétique qui apportent de nouvelles opportunités économiques pour Haïti.
Commentaire : Non seulement comme dit l'auteur, le plan de la Commission de reconstruction dirigé par Clinton ne "démontre aucun intérêt pour un éventuel reboisement.", mais pire, mille fois pire encourage le déboisement. On le voit dans l'implantation de la zone franche à Caracol sur disent les experts," les terres les plus fertiles de la région".
Voir  la série d'articles très documentés sur alterpresse.

Ce projet de Caracol est un crime.
Un coup de poignard dans le dos du peuple haïtien auquel on fait miroiter la possibilté de quelques emplois au dépens de l'économie à long terme de leur pays.
Les USA avaient déjà fait une opération de ruine du paysannat avec l'extermination des cochons du pays.

Ils ont récidivé avec le riz. Le très puissant ancien président des USA s'est excusé en prétendant qu'il ne savait pas qu'en injectant du riz bon marché subventionné par le gouvernement US en Haïti, cela tuerait la production de riz d'Haïti.

Mon oeil ! Le dumping est une guerre économique qui a toujours  été utilisée par les empires pour ruiner les économies des pays et les rendre dépendants.

Maintenant c'est non seulement l'agriculture qui est menacée mais tout l'écosystème riche de l'espace choisi pour établir la zone franche de Caracol.

Le très puissant ancien président des USA,  ne pourra pas dire qu'il ne savait pas cette-fois ci,  puisque des études lui ont été remises montrant que le choix d'implanter Caracol dans cette zone était mauvais et qu'un autre site plus adéquat  devait et pouvait  être trouvé. 
M. Clinton n'entend rien ?  Si.  Il entend la voix du capital.
Il sera toujours temps de s'excuser après le désastre.

Mais le vrai scandale n'est pas le comportement des étrangers ou des hommes d'affaires locaux.
Tous les "Baron de Ti-Malice de Time is Money " de toutes les couleurs, sont,  comme disait Marx,  capables de te vendre la corde pour les pendre, tant la possession de l'argent les obsède.

Le vrai scandale, c'est de voir cette société haïtienne,  cette dite élite dans son ensemble, à l'intérieur et à l'extérieur d'Haïti, amorphe, soumise, sans voix, laissant se développer sous ses yeux le saccage de leur pays.
Comme d'habitude, seul le peuple peut compter sur le peuple.
Et il est seul, avec les organisations qui le représentent à opposer une résistance.
Autant dire le combat de David contre Goliath. 

  

 

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