Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Il Était une Fois : Hillary, Billy et Micky Martelly par Castro Desroches

Publié par siel sur 9 Mai 2011, 09:26am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

 

 

    « Si tu veux vraiment mourir, commence par te taire, mais si tu veux vivre, parle, parle plus fort que le fracas de ton corps. » Frankétienne (Ultravocal).

 

     En décembre 1975, un couple de jeunes mariés recevait un billet d’avion  pour une lune de miel dans l’univers surréel de la République du Cauchemar de Baby Doc. Vous avez bien deviné. Il s’agit d’Hillary et Bill Clinton. C’était l’époque où le tigre ensanglanté allait réaffirmer sa tigritude en dévorant, entre autres, un jeune journaliste du nom de Gasner Raymond. Papa Doc avait publiquement exprimé son amour pour la sauvagerie de ses Tontons-Macoutes et le fils suivait allègrement la voie (la voix) du sang. En filigrane, Jean Do, Kompè Filo et tous ces autres héros du micro se lançaient à l’assaut de la Maison Duvalier. Marcus, Liliane engagés dans la bataille contre les lianes épaisses de la répression et de la corde au cou. Pèlin Tèt de Frankétienne contre le Trou Foban de la mystification Jean-Claudiste. Sueurs froides dans la fièvre de la création artistique. Les forçats du clavier et du stylo accueillirent avec enthousiasme la politique de défense des « doigts » de l’Homme du Président Jimmy Carter. Le reste, on verra ce qu’on verra.


     L’effort fait les forts, répétait à tue-tête Maître Pongnon, professeur de langues mortes. Mais Fort Dimanche ouvrait encore largement ses portes aux forts en thème. On y perdait rapidement son latin et son grec. Heureux les pauvres en esprit, ils deviennent, à l’image de Baby Doc et de Micky, présidents d’Haïti.


     Fort-la-Mort. Fosses communes. Fausses accusations de conspiration par des Macoutes constipés dans le Ventre de Port-au-Prince. Atteinte à la sureté intérieure de l’État c’est moi. Je vous arrête parce que vous avez l’air suspect. Avez-vous le mot « communiste » dans votre dictionnaire ? Croque-morts. Certificats de décès. Pompes funèbres Paret Pierre-Louis. La mort subite et violente devenait de la poésie pure au Salon de l’Ange Bleu. Nous annonçons avec infiniment de peine, la triste nouvelle de la mort de. Portés disparus. Vaines recherches aux Recherches Criminelles. Veines ouvertes d’Haïti. Vanne de sang. Le sang du flamboyant.


     Le Giraumont ne produit pas de calebasses. La vache enragée ne produit pas de lait condensé Nestlé. 1975. Haïti, jardin d’Eden pour touristes en quête d’exotisme et de sensations fortes. Pomme de discorde ? Le fruit défendu de la parole. Echappé du roman de Graham Greene, Aubelin Jolicœur prend la pause à l’Hôtel Oloffson. Images burlesques de Tonton-Macoutes déambulant dans les rues de Port-au-Prince avec leur uniforme gros bleu, leur mouchoir rouge, leurs lunettes noires, leur mitraillette, leur machette et leur boîte d’allumettes. Scènes folkloriques. Vodou. Bandes carnavalesques. Pimpantes beautés créoles. Images de carte postale. « Un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit », selon le Docteur Jean-Price Mars. « Le peuple le plus docile » du monde, selon l’écri/vain haïtien Micky Martelly, candidat au prix Nobel de la bêtise. Comme Eliézer Pitite-Caille, le personnage de Justin Lhérisson, Micky n’a pas étudié l’Histoire. Il l’a devinée.


     Haïti chérie, il n’existe pas de plus beau pays que toi. Le coup de foudre du couple Clinton était instantané. Un moment Kodak. Sourire Colgate. Déclaration d’amour pour toujours. Vœux de retour dans la candeur de nos vingt ans.  « Mon enfant, ma sœur songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble. » Rêves idylliques. Face cachée de la médaille de fer et de l’enfer duvalierien. « Nous sommes fascinés par ce pays. » « Nous aimons cet endroit. »    


     A peu près à la même époque, un jeune homme de 15 ans, Michel Martelly obtenait le droit de vie et de mort sur ses concitoyens en acquérant sa carte de Tonton-Macoute. Gros bleu ton sur ton. Carte blanche. Aux « armes » bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Pendant que les jeunes gens de son âge et de sa classe étudiaient le Cid, lui, il s’intéressait surtout au pouvoir de l’homicide. Ciné-théâtre El Dorado. A l’affiche : L’Homme au Pistolet d’Or. « Quand tu tires sur un homme, il faut toujours l’achever pour ne pas être tué un jour par cet homme. » Ciné Palace : Le Dernier Jour de la Colère. Crépitements de balles dans la salle. Les Tontons-Macoutes se prenaient pour les gringos et les pistoleros du Far West. Ceux qui meurent, c’est leur affaire. « Ne faut-il pas tuer les Haïtiens de temps en temps pour leur apprendre à vivre ? » C’était Roger Gaillard avec sa plume incisive, ancrée dans le réel de la République Exterminatrice. 


     36 ans plus tard, la lune de guêpe avec Haïti continue pour la plus belle. Les mêmes acteurs (Billy, Hillary et Micky Martelly) se retrouvent aujourd’hui sur la scène obscène pour un nouvel épisode de la saga haïtienne vers l’au-delà. La lente descente aux enfers dans l’incandescence de l’indécence. Naissance du monstre sacré sous la supervision  des  « maîtres de ce monde, les maîtres avec leurs prêtres, leurs  traîtres et leurs reîtres. »


      Le dimanche 30 janvier 2011, deux semaines après le retour inattendu de Baby Doc sur le lieu du crime, la cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton arrivait en Haïti avec, cette fois, dans son sac une mission bien précise: s’assurer que Micky Martelly (candidat de sac et de corde) allait passer au second tour de la mascarade électorale. Conseil Electoral Provisoire sous pression. Récital de chant et de chantage avec Préval. Avec sa clairvoyance coutumière, M. Frantz Duval, rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, éclairait notre vacillante lanterne. « Il a fallu que la communauté internationale torde quelques bras, annule quelques visas et menace au creux de l'oreille les uns et les autres pour que les faiseurs de rois restent à leur place, celle de gentils figurants. »


     Alors que les résultats définitifs de ces  élections n’étaient même pas encore publiés, Micky a été reçu en grande pompe à  Washington en tant que président élu. La bienvenue aux Etats-Unis, M. Micky, Président d’Haïti. A Washington, on a confondu vitesse et précipitation. Compliments avec beaucoup de piment. Le Président Barack Obama a échappé cette fois à l’embarrassante séance de tête-à-tête avec « tête calée ». Mais son tour viendra. Et ce sera très peu plaisant. Rencontre au sommet avec un clown  impudique devenu Président d’une République d’opérette. La politique « a des rigueurs à nulle autre pareille. On a beau la prier, la cruelle qu’elle est… »


     « Nous sommes derrière vous… » a déclaré avec euphorie Hillary à Micky Martelly. En effet. Le vrai pouvoir derrière le trône en Haïti, c’est Bill Clinton. Micky, c’est le vice-président ou le Président du Vice. Assagi par les ans, Clinton va s’occuper des choses « sérieuses » tandis que Micky pourra donner libre cours à ses mauvais instincts. T Vice. Top Vice. Droit de cuisage. Chantage. Ta maman ceci, ta maman cela. Mâle des maux et des gros mots. « C’est mon bozo qui m’a mis là. » Oui, mais dans quel état ?


     Micky est amnistié par des pasteurs sans jugement. Bénédiction empressée du « révérend » C. Jeune et de ses pairs de l’église très peu catholique. Les pasteurs incultes des Cultes et des forces occultes de la Zombification. Les Sectes et les insectes qui inoculent la maladie incurable de la léthargie et du rêve éveillé. Les tsé-tsé.


     Selon un article publié à Métropolehaiti.com, Micky a soutenu le 13 avril 2011 à Radio Shalom que « la Bible est son livre de prédilection. » Depuis quand ? Et avant ? Quand vous vous êtes « livré » à la scandaleuse dépravation qui a perverti la jeunesse haïtienne. La Bible serait-elle réduite aujourd’hui à un « charme », un gris-gris, un sortilège, un talisman porte-bonheur pour gagner les élections ? Le Pasteur Muscadin a cru bon d’ajouter son propre ingrédient, son grain de sel ou de « ciel », à la poudre aux yeux : « l'élection de M. Martelly n'est pas le fruit du hasard mais est le résultat d'une planification divine. » Encore une fois, la grande question philosophique de l’utilité et de l’essence du verbe Être. L’être ou le néant ? Ce qui est certain, c’est que beaucoup de ces pasteurs savent bien conjuguer le verbe Avoir en tout temps et en tous lieux. On ne peut pas leur demander d’être aussi savants que Louis Pasteur mais au moins ils savent compter : la dîme, la collecte, les fidèles, les infidèles, les agneaux de Dieu, les brebis galeuses, le bon, la brute et le truand. Ils savent faire des calculs arithmétiques et politiques. Ils savent chanter des cantiques à la gloire de l’hérétique. Donner l’absolution instantanée pour les crimes passés, présents et à venir. Embrasser le mal et embarrasser les chrétiens sincères. Faire des miracles. « Convertir » le mal en bien. Défier la décence et les lois de la pesanteur. Marcher sur les eaux marécageuses pour entrer dans la fosse au lion. Transformer le poison en poisson. Entrer dans le ventre du poisson et espérer y vivre ivres de joie pendant cinq ans. Prier pour un nouveau mandat. Et encore un autre. « L’enfer, c’est les autres ». Les barbus de tout poil qui ont le « toupet » de résister aux avances indécentes de « tête calée ».


     Micky Président : une « planification divine » ? Les mécréants ne seront-ils pas tentés de conclure hâtivement que Dieu ne connaît pas le goût de sa bouche ? Adieu cousine oh, les  intentions et les malversations que l’on prête à Dieu !


     Ayant reçu la sainte onction, Micky est en état de grâce. Il s’apprête à faire ses propres miracles. Parmi ses priorités : la résurrection de l’Armée défunte. « Cette Armée s’occuperait surtout de la reconstruction… » « Cette Armée doit être prête à intervenir en cas de catastrophe. » Cette Armée ceci, cette Armée cela. Une nouvelle Armée autochtone d’occupation pour remplacer la Minustah. Création miraculeuse d’emplois avec cette Armée. Une Armée de chômeurs armés prêts à mater toute tentative de révolte contre la tentation totalitaire.  

     Micky (à ne pas confondre avec la version inoffensive de Disneyland) apparaît donc comme le parfait cobaye dans le labo de l’expérimentation pour la création d’un gouvernement de Doublure.  Il parle fort mais il est nul. Déclarations à l’emporte-pièce dans le spectacle folklorique d’un président cousu de fil rose. Combat épique entre l’être et le paraître.  Entre masques et visage.


     Le choix du prochain Premier ministre apparaît déjà comme une question épineuse pour le dictateur en herbe, le dictateur au pied plat. Si Jean-Max Bellerive est maintenu à son poste (comme le veut le vrai chef d’orchestre Bill Clinton), Micky perd automatiquement toute crédibilité. Adieu « changement », vive la continuité. S’il choisit un PM parmi ses proches duvaliéristes (Daniel Supplice, Gervais Charles, Jean-Robert Estimé) il risque de se faire rabrouer par les manitous de l’Unité qui tentent de s’imposer à la Chambre à travers des magouilles de dernière minute. Comme s’il en était encore besoin, le CEP vient à nouveau d’exposer à la face du monde, la vraie nature des « élections » qui se sont déroulées récemment en Haïti. Houleuses protestations. Déclarations enflammées par-ci, par-là. Incendie. Nouvel appel à l’Eau EA devenue pompier en Haïti. Tardive démission. Postures de dernière minute. Restés en poste jusqu’à la fin, les architectes de l’imposture redeviennent des chérubins et des séraphins. Enfin, cette faim de pouvoir qui provoque l’anémie falciforme, la déformation des traits, l’émaciation du visage et la déconstruction des valeurs. Ces pots-de-vin quotidiens qui abîment la peau malgré les promesses de « Palmolive à l’huile d’olive et votre peau restera toujours jeune ». Ah, ce « Jeune » qui revient comme un refrain sous cette plume possédée par la pleine lune et qui dans la distance offre pourtant une vision si claire de la terre d’Haïti qui est bleue. 


     En tant que Parti « majoritaire », la bande à Préval pourrait même vouloir designer le prochain Premier ministre. Ah ! Les joies de la cohabitation avec Micky. Imaginez un PM qui se prend pour Gérard Latortue et qui brandit la Constitution à la face du « bandit légal » : le Président « règne », le PM dirige le gouvernement. Le compte à rebours à déjà commencé et les masques s’apprêtent à tomber pour révéler le nouveau visage du malheur qui pour une fois avait un avertisseur très sonore.


    Il est évident que les « puissances amies » ne sont pas très favorables à l’instauration d’un régime démocratique et progressiste en Haïti. Financés et armés par les maîtres de ce monde, les Duvalier ont pu s’accrocher au pouvoir pendant 29 ans. Avec Micky Martelly, c’est l’émergence d’une version revue et corrigée du Jean-Claudisme. Le grand problème sera de savoir comment faire du nouveau avec de l’ancien. Comment entrer dans la modernité avec la restauration du statu quo ante. Face à ce plan macabre, la Presse haïtienne doit renouer avec ses traditions d’indépendance et de vigilance. Une Presse déterminée coûte que coûte à barrer la route à la restauration du fascisme tropical de sous-développement. 

 

Castro Desroches

Cdesroches2000@aol.com
--

Commenter cet article

R
<br /> <br /> Bonjour - je ne dis pas de ne pas s'exprimer. Je dis tout simplement que des critique constructives seraient plus interessant. Pour les PM, c'est vous qui mentionner un de ses proches<br /> Duvalieriste (Supplice, Gervais Charles, JR Estime). Moi je dis tout simplement que c'est du blah blah blah. Attendons donc qu'il fasse son choix de PM et on verras s'il s'agit d'un d'entres eux<br /> et vous comprendrez pour-quoi j'ai eu a ecrire plus tot sur votre distance de la realite du jour.<br /> <br /> <br /> Vous parlez de "dictateur en herbe" et "dictateur a pied plat". Pour un homme qui rentre sur la scene politique il y a a peine 8 mois, a quelques jours de sa prestation de serment et lire ce<br /> genre de choses me pousses a me demander si vous etes bien au courant de ce qui ce passes en Haiti et de qui il s'agit. C'est tout.<br /> <br /> <br /> Pour rappel, Michel Martelly a democratiquement gagner ses elections avec 67% du suffrage et avait en face de lui TOUTE la classe politique traditionnel (sauf Duvalier bien sur). En Haiti nous<br /> avons raz le bol de ses apatrides destructeurs et la majorite les a claquer la porte sur le nez. Les eternels opposants devront s'aligner ou se faire ridiculiser.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> Adye o!<br /> <br /> <br />   M. Sassine, pourquoi vous obstinez vous à me préter des mots qui ne sont pas les miens.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   "Pour les PM, c'est vous qui mentionner un de ses proches Duvalieriste (Supplice, Gervais Charles, JR Estime)."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Je n'ai jamais écrit ce truc la. Et même s'il avait été diffusé sur mon blog<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> ce serait une reprise d'agence de presse, qui d'ailleurs en ont fait mention.<br /> <br /> <br />   "Vous parlez de "dictateur en herbe" et "dictateur a pied plat""<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Encore une fois, ses expressions ne sont pas de moi.<br /> <br /> <br /> Encore une fois, si vous parlez de l'article de M. Desroches<br /> <br /> <br /> adressez vous à lui directement.<br /> <br /> <br /> Il a eu le courage de publier son adresse mail.<br /> <br /> <br />   Votre phrase<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> "Pour rappel, Michel Martelly a democratiquement gagner ses elections avec 67% du suffrage "<br /> <br /> <br />   me rappelle étrangement  celle-çi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   "Au moins, 99,9 pour cent des électeurs ont approuvé par référendum la présidence à vie de Jean-Claude Duvalier, a déclaré le gouvernement ce vendredi." <br /> (New-York Times 28 juillet 1985)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://srv03.admin.over-blog.com/index.php?id=1035837968&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=201305050731<br /> <br /> <br />   Il me paraît utile de  rappeler aux lecteurs ce que vous savez parfaitement,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> à savoir qu'il s'agit de 68% de voix remportées sur 22% de l'électorat,<br /> <br /> <br /> Soit 1 million de personnes ayant voté)<br /> <br /> <br /> Sur 4millions possédant une carte électorale<br /> <br /> <br /> Donc sur 4M d'électeurs , 3 M se se sont pas déplacés pour voter.<br /> <br /> <br /> Martelly est effectivement élu.<br /> <br /> <br /> Mais par une minorité du corps électoral.<br /> <br /> <br /> Ce sont les faits et les chiffres.<br /> <br /> <br />   "Les eternels opposants devront s'aligner ou se faire ridiculiser."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Propos qui renvoient à ceux prononcés en 1985 par M.Jean-Robert Estimé<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> et relayés dans un article du journal Le New York Times<br /> <br /> <br />   "Le ministre des Affaires étrangères M. Jean-Robert Estimé a dit" L'opposition a maintenant le choix , soit elle coopère , soit elle abandonne."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> New-York Times 28 juillet 1985<br /> UPI<br />  <br /> <br /> <br /> "En Haiti nous avons raz le bol de ses apatrides destructeurs "<br /> <br /> <br />   Votre utilisation du terme d'"apatride"<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> pour qualifier les gens de la diaspora<br /> <br /> <br /> me stupéfie.<br /> <br /> <br /> Ce vocabulaire est quand même assez révélateur d'une époque que nous<br /> <br /> <br /> espérions révolue.<br /> <br /> <br /> Et son usage par quelqu'un  éduqué issu d'une "grande famille" dont les ancêtres<br /> <br /> <br /> ont quitté leur pays pour aller chercher une vie meilleure en Haïti<br /> <br /> <br /> est inquiétant.<br /> <br /> <br /> Quelles pourraient être les conséquences<br /> <br /> <br /> de cette stigmatisation<br /> <br /> <br /> si elle devait être inculquée à des gens moins éduqués?<br /> <br /> <br />   Vous n'êtes pas sans savoir que ce terme d'apatride a été utilisé<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> par le régime Nazi à l'encontre des Juifs pour légitimer<br /> <br /> <br /> leur extermination.<br /> <br /> <br /> Je préfère penser qu'il ne s'agit chez vous que d'une manifestation intempestive de "ras le bol"<br /> <br /> <br /> plutôt que  d'une tentative d'intimidation.<br /> <br /> <br />   Adye o! M. Sassine, j'espère que vous n'allez pas me "kamokeniser".<br /> <br /> <br /> Ma famille de pensée a déjà bien donné.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Leurs ossements sont  sur l'ensemble du territoire d'Haïti.<br /> <br /> <br />   Et parce que si j'aime la conviction, la taquinerie ne me déplaît pas.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Vous remarquerez que le futur président Martelly a adopté ma formule "Peuple haïtien"<br /> <br /> <br /> pour s'adresser à la population. Il me doit donc un copyright.<br /> <br /> <br /> Business is business, n'est-ce pas.<br /> <br /> <br /> Sur ce, je vous souhaite une bonne fête d'intronisation et bien du succès dans vos entreprises.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> J'ai reagi au blog parce-que je vois citer des noms de "Premier Ministrables", des references avec des mots tel que "dictature, de plans macabres, de continuite avec Jean-Max Bellerive, etc. etc,<br /> qui montre tout simplement que vous n'etes pas au courant de ce qui se passe en Haiti. Loin de la. Qu'est ce que vous lisez en France que nous n'avons pas acces en Haiti? C'est "gens de passages"<br /> des six derniers mois c'est ce qu'ils rapportent? Ce que vous ecrivez dans votre blog?<br /> <br /> <br /> Aussi essayer de faire comprendre que Bill Clinton serait autre qu'un Envoye Special de l'ONU????<br /> <br /> <br /> Ce pays a ete detruite par les dirigeants des 20 dernieres annees qui, grace a "Micky", ont ete rejeter de la scene politique et mis a la poubelle pour de bon.<br /> <br /> <br /> Donnez donc aux nouveau dirigeants Haitiens l'espace et le respect meriter pour qu'ils puissent travailler, finalement, pour ce peuple meurtrie. Essayez de regarder a l'avant et travailler pour<br /> une meilleur Haiti.<br /> <br /> <br /> RS<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> Je n'ai pas cité de noms de Premiers ministrables, c'est vous même qui leur octroyez ce titre.<br /> <br /> <br /> J'ai cité les noms de ceux qui sont dans l'entourage de Martelly.Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?<br /> <br /> <br /> Que M. Supplice ait fait sa carrière sous la dictature de Duvalier François. C'est un fait.<br /> <br /> <br /> Vous voulez m'empêcher de donner cette information sous prétexte que je ne vis pas en Haïti ?<br /> <br /> <br /> Alors, il faudra interdire le net dans le pays pour sassurer que certaines informations ne circulent pas.<br /> <br /> <br /> Quant à votre affirmation que le pays est dans cet état à cause de ceux qui l'ont géré depuis<br /> <br /> <br /> les dernières années.<br /> <br /> <br /> Permettez_moi de vous dire que seuls les gogos peuvent y croire.<br /> <br /> <br /> Pour ma part je dirais plutôt que le pays est dans cet état à cause de l'obstruction systématique des groupes, personnes et entités qui ont systématiquement utilisé tous les moyens pour le mettre<br /> dans cette situation afin d'en ramasser les pots cassés.<br /> <br /> <br /> Je sais que nous ne serons pas d'accord. Cest comme au cinéma tout dépend de la lecture.<br /> <br /> <br /> Pour certains les Indiens sont des méchants et les Cowboys des gentils. Pour d'autres, dont je fais partie c'est le contraire. Tout dépend d'où on se place.<br /> <br /> <br /> Quant à l'histoire de Clinton, il faudrait en parler avec M. Desroches dont j'ai diffusé le texte, le trouvant particulièrement bien écrit et informatif.<br /> <br /> <br /> Enfin, quant à l'injonction de faire taire la critique pour le bien du pays, permettez-moi de vous dire que ça cest du blabla, pour les gogos.<br /> <br /> <br /> Dans toute démocratie, la critique des gouvernants est indispensable. A moins de s'en remettre à eux comme à Dieu, ou bien comme à la créature "immatérielle", n'est-ce pas !<br /> <br /> <br /> Vous avez sans doute accès aux même informations que nous avons ici. La différence c'est qu'elle n'est pas traitée.<br /> <br /> <br /> En définitive, quel est votre objectif ?<br /> <br /> <br /> Avoir des citoyens responsables ou des moutons qui réagissent à la voix de leur maître ?<br /> <br /> <br /> Pour ma part, ne vous en déplaise, je continuerai à écrire et à diffuser les textes qui me semblent pertinents- bien entendu du point de vue de l'Indien et non de celui du cowboy.<br /> <br /> <br /> Cordialement,.<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> J'ai bien lu votre blog. Il est evident que vous n'etes pas en Haiti et tres, tres, tres d'apprehender la realite du jour.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> Bonjour M. Sassine,<br /> <br /> <br /> Contente que vous ayez pris sur votre temps pour lire mon blog.<br /> <br /> <br /> D'avoir le nez sur le guidon ne garantit pas qu'on appréhende la distance à parcourir.<br /> D'avoir le nez sur quelque chose n'apporte pas la garantie d'être un meilleur observateur.<br /> Dans bien des cas c'est précisément le contraire : la vue peut-être, courte, partisane et subjective. Et au jour le jour.<br /> De fait, si pour appréhender la situation politique et économique d'un pays comme Haïti, la condition sinequanon, serait d'y habiter, il ne nous resterait plus qu'à fermer les livres, mettre fin<br /> aux discussions avec les<br /> compatriotes de passage, ne pas lire la presse et s'interdire de diffuser les témoignages d'autres personnes.<br /> L'enfermement en quelque sorte dans un monde -celui d'Haïti- qui pense vivre<br /> en dehors du temps, dans une logique qui lui serait propre, genre centrifugeuse<br /> En somme le projet de Duvalier François.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Eh bien non, M. Sassine.<br /> <br /> <br /> L'éducation nous apprend qu'on peut analyser une situation  globale bien que n'étant pas immergée dans le quotidien de la réalité.<br /> <br /> <br /> Les propos de M. Desroches ne témoignent pas moins de la réalité haïtienne que ceux qu'un homme d'affaires, tel que vous, pouvez tenir. Les deux sont à prendre en compte.<br /> <br /> <br /> Il n'y a pas ceux qui sont sur le terrain, les bons et ceux qui sont dans la diaspora les mauvais.<br /> <br /> <br /> Ceux qui sont dans la diaspora ont également vécu en Haïti et continuent à avoir des liens avec le pays et de ce fait ont suffisamment d'informations pour se faire leur propre opinion.<br /> <br /> <br /> <br /> Et puis, pour terminer, j'ai vu que M. Martelly était allé à Pandiassou rencontrer Francklin Armand.<br /> Eh bien, figurez-vous que lors de mon dernier séjour en Haïti, la majortié<br /> des personnes d'un certain milieu que j'ai rencontrées, n'avaient tout bonnement jamais entendu parler de son travail.<br /> Or, moi qui venais de France, je m'étais rendue à Pandiassou et avais aussi eu l'occasion de travailler avec les enfants de rue au quartier de Petite<br /> Place Cazeau. Ce fût également pour moi l'occasion de présenter Francklin Armand à des personnes qui vivaient depuis trente ans en Haïti.<br /> Vous voyez.<br /> On peut être à la fois très loin et très proche.<br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> <br />

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents