L'ancien patron de Fayard publie un livre raillant son métier. Le Tout-Saint-Germain frémit. On lui reproche de cracher dans la soupe, et certains confrères estiment que c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Rencontre et explications.
Il est ce que l'on appelle un géant de l'édition. Le grand public ne connaît pas forcément Claude Durand, mais des millions de lecteurs ont lu certains des auteurs qu'il a introduits en France. Soljenitsyne, c'est lui. García Márquez également. Entre Cent ans de solitude et L'Archipel du Goulag, cela fait tout de même quelques générations durablement marquées par ces oeuvres mythiques. Claude Durand est aussi un éditeur de coups: La Face cachée du Monde, c'est encore lui, tout comme Une jeunesse française, révélant le passé vichyste de François Mitterrand. Durand a également sorti en 1979 un premier roman (La Nuit zoologique, Grasset) qui a obtenu le prix Médicis. Aujourd'hui, il ne dirige plus la maison Fayard sur laquelle il a régné tant d'années, mais y conserve un bureau et une trentaine d'auteurs.
Il fait surtout beaucoup de bruit ces jours-ci en publiant sous pseudonyme un second roman moquant le monde de l'édition avec une réjouissante férocité. Le milieu germanopratin cherche à y reconnaître quel acteur de l'édition incarne tel personnage soidisant fictif. Le néophyte, lui, découvrira l'envers du décor d'une industrie secrète, voire méconnue. Et ce n'est pas toujours joli...
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