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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le FMI, shylock d’Haïti

Publié par siel sur 5 Mars 2011, 10:25am

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

Pour information. Shylock est un usurier dans "Le Marchand de Venise"pièce de Shakespeare link

Cet article date d'après le séisme de 2010. Comme il paraîtrait qu'il y aura bientôt, après le carnaval, des "élections démocratiques" (voui,voui!) en Haïti, ce serait intéressant que les 2 concurrents puissent dire aux électeurs de quelle manière ils comptent appréhender la question des prêts sous conditionalité du FMI.

Et celle de la spirale infernale du paiement des dettes plus élevé que les prêts reçus :"En 2008, un rapport du Center for International Policy a montré qu’en 2003, Haïti a dépensé $54,7 millions pour son service de la dette, alors que l’aide internationale totale pour les soins de santé, l’éducation et les autres services n’a été que de $39,21 millions".

Les dettes des 2 Duvalier que le pays continue à payer, alors que l'ex-dictateur et son entourage de coquins, qui ont vidé les caisses de l'Etat, sont tranquillement en train de boire leur whisky à la Montagne Noire (quartier huppé au-dessus de Port-au-Prince).

Les dettes de Latortue "La dette haïtienne se chiffre à $891 millions, presque toute contractée après 2004, donc après le coup d’État qui évinça Aristide et mis Latortue au pouvoir." 

qui fait pour l'heure tranquillement ses petites affaires en Afrique en attendant  le moment

où il pourra, si ses copains les Manigat sont élus, retrouver un poste de ministre.


 Vous et moi, savons qu'il n'y a pas grand chose à attendre de ces élections,

 

vu que cette bande se tient par la barbichette pour piller le pays.

Pour exemple,

le directeur de campagne de Mme Manigat est le frère d'un député Unité.

Et vous trouverez

des croisements similaires chez Martelly également ou Zenny, le maire

de Jacmel  qui soutient sa candidature, a été élu sénateur sous la bannière de l'Unité.

Boulos, lui, soutient Manigat, laquelle, comme par hasard

a été acclamée à Fort-Liberté, qui se trouve, comme par hasard,

être le"fief" de ce même Boulos, qui avait été restitué

dans ses droits "de sénateur à double nationalité"

par les "juges indépendants"du Tribunal de Fort Liberté.

Rien que du hasard.

 

Un vrai méli-mélo.

Un "manje kochon",

un vrai monde à l'envers

comme l'aiment les

2 bandes de duvaliéristes en compétition

pour s'emparer du pouvoir.


Duvaliéristes qui retrouvent  avec entrain

leurs anciennes habitudes, moeurs, us et coutumes

de brigandage, intimidations, arrogances, mensonges

sous l'oeil amusé de l'international

qui a un dossier sur chacun d'entre eux.

 

Le retour de Duvalier Jcl  et l'impunité dont il jouit

sont signes que le casino rouvre grand ses portes,

que le pillage reprend de plus belle.

Avec "l'opportunité" de la reconstruction

et la connivence des "pays amis" d'Haïti,

on peut s'attendre à ce que

le  crime contre le peuple haïtien

prenne sa vitesse de croisière.


Imaginez-vous cette chose absurde : ce sont ceux qui ont tout cassé depuis 1957

qui sont appelés à reconstruire !

Ils ont été  acteurs et/ou complices du désordre de la paix des cimetières pendant 29 ans

Ils ont été acteurs et/ou financiers du désordre des coups d'Etat, pendant les 25 années suivantes

Les grands renards sont invités à rentrer dans le poulallier.



 

Imaginez que des familles pauvres, disons dans Hochelaga-Maisonneuve, se retrouvent à la rue à cause d’un incendie. Sans assurances, ces familles doivent compter sur la solidarité pour s’en sortir. Arrive maintenant un shylock qui propose à ces familles des « prêts d’urgence » assortis de conditions sévères et de taux d’intérêts élevés. Que diriez-vous ? Nul doute que vous en seriez scandalisés. C’est pourtant ce que le FMI vient de faire en Haïti.


 

Dans le programme d’aide d’urgence qu’il vient d’annoncer, le FMI ne fait que poursuivre le même genre de politiques qui ont fait d’Haïti une zone d’extrême précarité, même avant le tremblement de terre. En grande pompe, le FMI a annoncé un nouveau prêt de 100 millions à Haïti. Haïti a désespérément besoin de ce prêt, mais celui-ci a été fait selon un programme doté de conditionnalité.


La conditionnalité de l’aide est le principe de « bonne gouvernance » selon lequel les prêts fournis par le FMI et la Banque Mondiale le sont en fonction de conditions définies par les bailleurs de fonds, conditions qui doivent évidemment être respectées par l’emprunteur. Les prêts fournis par le FMI sont généralement assortis de conditions plus sévères que les prêts de la Banque Mondiale, car le FMI agit en tant que prêteur d’urgence, alors que la BM fourni du financement pour des projets à long terme. L’aide du FMI, c’est un peu comme quand vous allez à la banque pour faire une consolidation de dettes: les taux d’intérêts seront élevés et les conditions de remboursement sont sévères.


Le journal en ligne The Nation rapporte en effet que des activistes pour l’annulation de la dette lui ont expliqué que les conditions de la nouvelle aide annoncée par le FMI incluent des hausses de tarifs d’électricité, un gel des salaires du secteur public et des mesures « anti-inflationnistes », un euphémisme cher aux économistes pour désigner le contrôle des salaires, et ce dans un pays où les salaires comptent parmi les plus bas du monde. En un mot, le FMI saute sur un pays exsangue pour lui imposer des mesures d’ajustement structurels largement connues pour être désastreuses.

 

Petite histoire d’un pays enchaîné
La vulnérabilité d’Haïti aux désastres naturels et à la famine, la pauvreté endémique, la déforestation et le manque flagrant d’infrastructures ne sont pas des phénomènes accidentels. Le fait de dire qu’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental passe sous silence les causes de cette pauvreté: Haïti a été mis dans cette situation par la France, les États-Unis, le Canada, – bref les nations occidentales riches – et par le FMI et la Banque Mondiale.


Pour Haïti, c’est donc ici l’histoire qui se répète. Depuis sa lutte héroïque pour l’indépendance (obtenue en 1804) et l’abolition de l’esclavage, principalement menée contre la France, mais aussi contre les autres puissances coloniales de l’époque qui s’étaient liguées contre la toute nouvelle république, Haïti a été la proie des puissances impériales. Dès 1825, le nouvel état Haïtien a dû s’endetter de manière importante auprès de la France, celle-ci exigeant sous la menace militaire une compensation pour les pertes subies par les planteurs blancs suite à l’abolition de l’esclavage. Cette dette extrêmement importante, qui représentait jusqu’à 80% du PIB estimé d’Haïti au XIXe siècle, n’a été remboursée entièrement qu’en 1972 !

 

Après la dictature des Duvaliers, l’élection d’Aristide et le coup d’État militaire de Raoul Cédras, la junte militaire commença a appliquer les nouvelles politiques du « consensus de Washington », nom donné à l’ensemble des politiques d’appauvrissement prônées par les institutions internationales actives dans l’aide au développement. Le retour d’Aristide au pouvoir à l’aide d’une intervention militaire américaine, en 1994, a été accompagné de l’obligation, pour celui-ci, de suivre les politiques d’austérité budgétaires prônées par le FMI et la BM.

 

Un exemple catastrophique de ces politiques a été la libéralisation du marché du riz dans les années 1990. Suite à la libéralisation de ce marché, les importations de riz en provenance des États-Unis ont progressivement remplacé la production locale de riz, laissant les paysans Haïtiens sans revenus et renforçant la dépendance des haïtiens vis-à-vis des marchés internationaux.

 

Dans la même période, l’aide internationale a envahi Haïti, au point où près de 80% des services normalement fournis par l’État proviennent des ONG, et que ceux-ci ont des budgets souvent plus importants que les ministères qui leur correspondent. Cette omniprésence des ONG internationales sert à mieux contrôler le gouvernement Haïtien. Par exemple, à la fin des années 1990, Aristide décide d’augmenter légèrement le salaire minimum sous la pression populaire. Résultat: l’aide internationale, principalement américaine, se tarit.

Voilà ce que c’est, la conditionnalité de l’aide: obliger les « bénéficiaires » de l’aide à ouvrir leur marchés au dumping des pays prêteurs, avec comme conséquence la déstabilisation des économies locales. Obliger les « bénéficiaires » à devenir – ou rester – des pays de cheap labour et de main-d’oeuvre surexploitée, sans possibilité d’augmenter les maigres salaires. Enfin, une instrumentalisation des ONG permet la constitution d’un espèce de gouvernement parallèle.


Mais la situation Haïtienne va encore s’empirer dans les années 2000. Quand Aristide gagne les élections législatives et présidentielles de 2001, on lâche contre lui les organisations d’une pseudo société civile – en fait les représentants de la bourgeoisie industrielle – qui se constituent en « opposition démocratique » et minent la crédibilité du gouvernement en place par des accusations répétées de fraudes électorales relayées par les organisations américaines d’aide et de soutien à la « démocratisation ». Ces accusations répétées, ainsi qu’une guérilla d’anciens tortionnaires de Duvalier, probablement financée par la CIA, finissent par causer le départ d’Aristide et l’invasion d’Haïti par le Canada, les USA et la France en 2004. (voir ici pour plus de détails)

 

Aristide, miné par la corruption, affaibli par sa docilité envers les politiques du FMI et de la BM, ne pourra alors profiter du soutien populaire qui lui aurait été nécessaire pour affronter à la fois la guérilla et sa propre bourgeoisie. Les USA installent alors Gérard Latortue, un ancien fonctionnaire international, qui appliquera docilement les politiques dictées par le consensus de Washington jusqu’à la victoire électorale de René Préval, le dauphin d’Aristide, qui poursuivra les mêmes politiques d’obéissance envers les puissances occidentales.

 

Le problème de la dette
En 2008, un rapport du Center for International Policy a montré qu’en 2003, Haïti a dépensé $54,7 millions pour son service de la dette, alors que l’aide internationale totale pour les soins de santé, l’éducation et les autres services n’a été que de $39,21 millions. En d’autres mots, Haïti, un pays dévasté par la pauvreté, a continué à voir sa richesse être extraite du pays et dirigée vers l’étranger.


La dette Haïtienne se chiffre à $891 millions, presque toute contractée après 2004, donc après le coup d’État qui évinça Aristide et mis Latortue au pouvoir. Elle représente une somme faramineuse pour un pays ruiné, en proie à des désastres à répétition, et qui est étranglé par les grandes puissances qui le maintiennent dans un état de dépendance et de pauvreté révoltant.


L’attitude de Shylock du FMI vis-à-vis Haïti fait partie d’un processus international qui permet au capital de maintenir certaines zones « périphériques » sous la dépendance des pays riches et puissants, qui s’en servent comme réservoir jetable de main-d’oeuvre à bon marché, et comme terrain de déversement de leurs surplus agricoles, au mépris des conditions de vie des populations locales. Pour Haïti, le seul véritable espoir de changement réside dans l’abolition de ce système inique.


PS: Une autre dégueulasserie: Gildan quitte Haïti à cause du tremblement de terre.

Si vous voulez donner pour aider, l’UCL vous conseille une organisation

Commenter cet article

S
<br /> <br /> Je pense que la solution ne pourra venir que des pays émergeants en ce qui concerne l'agriculture dans les pays en développement. En effet, ceux-ci ont initié la culture dans les pays d'Afrique<br /> subsaharienne par exemple, en Zambie, il y a  maintenant une surenchère et une concurrence entre les offres des différents pays émergeants et maintenant aussi celles des<br /> Occidentaux qui s'intéressent à "l'équitable" sans oublier les bonnes affaires, chacun voulant offrir mieux bien entendu, image oblige. Les économistes sont optimistes concernant les chances de<br /> développement de l'Afrique sur le long terme. Encore faut-il pour cela diversifier sa coopération dans tous les domaines, ce qui n'est pas le cas d'Haïti qui reste dramatiquement sous domination<br /> américaine. <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Le programme s'appelait PL480 et concernait aussi la farine. Ce plan était destiné à stabiliser les prix des produits de base. Les Etats-Unis sont friands de ce type de collaboration qui<br /> leur permet de booster leurs exportations sous couvert d'aide alimentaire, aide payante en effet car le riz était vendu et pas à n'importe qui, il fallait avoir une certaine surface<br /> financière pour bénéficer du titre de distributeur, seuls les gros commerçants avaient donc accès au programme. Le cycle de Doha sur les échanges commerciaux mondiaux devrait déboucher<br /> sur des perspectives intéressantes pour les pays les plus pauvres, les grands pays d'Europe et d'Amérique du Nord se sont engagés à ne plus subventionner leur agriculture à l'exportation et à<br /> donner une chance aux agriculteurs haïtiens entre autres. Je n'y crois guère, justement à cause de l'aide alimentaire dont on ne parle pas et qui risque de devenir l'argument de poids avec en<br /> plus une composante morale : "Donner à manger aux plus démunis". Il suffira donc de comptabiliser  les subventions sur d'autres programmes "humanitaires" et le tour sera joué.<br /> <br /> <br /> On pourrait  s'engager à produire cette aide alimentaire sur place, dans chaque pays concerné, là ou c'est possible bien entendu comme en Haïti pour le riz, le maïs, le mil<br /> etc...Je le propose à des consultants de l'USAID qui trouvent l'idée merveilleuse mais se voient répondre en haut lieu que c'est plus facile à dire qu'à faire...C'est surtout le cauchemar des<br /> lobbies agricoles du Nord.<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Produire sur place pour remplacer les denrées importées<br /> <br /> <br /> en vue de redistribution gratuite se heurterait comme vous l'avez dit aux lobbies du Nord<br /> <br /> <br /> mais aussi au risque que cette production soit récupérée par ceux-là mêmes qui, aujourd'hui, font commerce de riz importé. C'est-à-dire qu'ils obtiennent que cette agriculture se fasse sur leurs<br /> terres avec les subventions qui vont avec.<br /> <br /> <br /> Le rapport de forces étant au détriment des cultivateurs, il faudrait pour y remédier une politique "aggressive"  et planifiée de l'Etat de développement de l'agriculture.<br /> <br /> <br /> Mais là on entre dans le politique.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> A propos de la disparition du riz national au profit des importations américaines, il faut préciser que la "transaction"a fait l'objet d'un véritable complot. En effet, les Etats-Unis ont<br /> instauré un programme d'aide alimentaire en raison du prix élevé de cette denrée, base de l'alimentation du peuple haïtien. L'USAID a offert une "aide alimentaire" consistant en une<br /> importation massive de riz américain qui ne serait pas destiné à être distribué gratuitement aux déshérités mais à être vendu après déduction d'un montant compensatoire négatif afin de fixer<br /> son prix juste au dessous du prix de vente du riz produit en Haïti. Ce riz blanc américain a été déversé massivement sur le marché haïtien surtout pendant les années d'embargo. Le résultat de<br /> s'est pas fait attendre après quelques mois, le riz national a été pratiquement éradiqué et les paysans de l'Artibonite popérisés sont allés s'entasser dans les bidonvilles de Cité Soleil. Bien<br /> entendu, dès que le succès du "montage" a été constaté, le "libéralisme " et le "commerce"ont repris leur droit jusqu' nos jours mais avec un monopole de fait du riz US en Haïti...<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Merci pour ce complément d'informations.<br /> <br /> <br /> J'ignorais que l'"aide alimentaire " fournie par USAID était payante.<br /> <br /> <br /> De plus il faut ajouter que ce commerce de riz Miyami a fait la fortue de pas mal d'acteurs haïtiens<br /> <br /> <br /> issus de la classe moyenne. Cette "collaboration" à la ruine des producteurs de ruiz de l'Artibonite<br /> <br /> <br /> doit être également relevée.<br /> <br /> <br /> Clinton s'est "excusé", mais pas les commerçants importateurs responsables de complicité dans cette ruine de la production local de riz.<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />

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