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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le grand Sud: Une tradition de mobilisation.Par Alin Louis Hall

Publié par siel sur 5 Février 2014, 16:10pm

Catégories : #CULTURE

Plan-de-Jeremie-histoirePlan ville de Jeremie

Par Alin Louis Hall

Mise en Contexte - Expédition de Saint-Domingue :

Louis Thomas Villaret de Joyeuse arriva le 3 février 1802 devant le Cap. Le 6 février, Rochambeau débarqua dans la baie de Mancenille et s'empare de Fort-Dauphin. Leclerc établit son quartier général au Cap. Pendant ce temps Latouche-Tréville et Boudet s'emparèrent de Port-au-Prince et de Léogâne et obtinrent la reddition du général Laplume. Dans les dix premiers jours, le corps expéditionnaire occupa les ports, les villes et une grande partie des terres cultivées.

Fin avril 1802, début mai, l'ordre fut rétabli peu à peu dans l'île. Le commerce reprit dans les ports. Les généraux insurgés négocièrent la conservation de leurs biens ainsi que de leur grade. Ils s'accommodèrent de leur condition au point où, n'ayant aucune envie de recommencer la guerre avec Toussaint, le dénoncèrent au général en chef. En juin, sentant le danger, Leclerc convoqua le rebelle à une entrevue et le fit arrêter. Toussaint est ensuite déporté en France.

Pendant ce temps, la fièvre jaune décimait l’armée française, qui ne comptait plus que 8 à 10 000 hommes, à peine en état de servir. Réfugié sur l'île de la Tortue, pour tenter d'échapper à la maladie, Leclerc succomba à son tour, le 1er novembre 1802.Étant l'officier le plus ancien, Rochambeau prit le commandement. Il déteste les Mulâtres plus encore que les Noirs. André Rigaud est déporté en France bien avant Toussaint sous les dénonciations mensongères de Laplume. Dans la Péninsule du Sud où ils étaient plus nombreux, les Mulâtres avaient vite compris qu'ils n'y avaient plus rien à attendre de la France. Ils s'unirent aux Noirs.

LA CONSPIRATION DE DOMMAGE ET LE JAILLISSEMENT DES FORCES D’EN-BAS.

Vers le début de Juillet 1802, le Capitaine-Général Charles Leclerc se vantait de la réussite du désarmement dans le Sud. Cependant, le vent de résistance, qui soufflait dans le nord, s’était déjà répandu dans le sud. Les premiers signes apparents de conspiration armée se manifestèrent à Corail, près de Jérémie où cinq mois plus tôt le colonel Jean-Baptiste Rousselot dit Dommage avait tenté vainement de résister à l’arrivée de l’Expédition. Pendant que Dessalines, Christophe, Laplume collaboraient avec Leclerc et livraient les bandes de Congos de Petit-Noel-Prieur, Caca-Poule aux Français, les forces d’en-bas commencèrent à organiser effectivement la résistance dans le Sud.

Les Français découvrirent un vaste réseau de conspiration entre les ouvriers de ville et ceux des plantations. L’insurrection générale sur toutes les plantations de la Péninsule et l’élimination de tous les Blancs étaient imminentes. Toussaint Jean-Baptiste, boucher de profession, était à la tête du mouvement. Ses principaux complices étaient sa femme, Lazare, Malbrouk et Claude Chatain. Ce dernier était un déserteur de Jérémie. Aux interrogatoires musclés qui s’ensuivirent, ils répondirent qu’ils étaient à la solde d’André Rigaud. Malheureusement pour eux, Rigaud avait été déporté deux mois auparavant. Huit autres présumés complices furent également arrêtés. Transportés aux Cayes, Toussaint Jean-Baptiste, sa femme, Malbrouk et Lazare furent exécutés. En connexion avec ce projet de soulèvement, six autres travailleurs furent arrêtés. Parmi les détenus, Cupidon et Pierrot de la plantation Etienne. Ce dernier était considéré comme une menace pour la société tant les punitions le rendaient plus téméraire.

Le 6 juillet 1802, les dix-neuf conspirateurs de Corail arrivèrent aux Cayes. Le 10, les Français découvrirent que l’insurrection s’était propagée dans toute la ville. La propagande et l’agitation avaient gagné les troupes coloniales Noires au soulèvement et à la rébellion contre le gouvernement. Moins d’une semaine avant l’arrivée des prisonniers de Corail, deux Noirs avaient déjà attaqué et bastonné le Commandant de la Milice des Cayes. Leur but était, dès que la révolte éclaterait, de libérer leurs acolytes de Jérémie, les autres prisonniers et d’incendier la ville.

Pendant ce temps, les Noirs de la ville des Cayes s’étaient réunis et avaient élaboré un plan d’action qui anticipait une fusion avec la rébellion des troupes noires de la ville. Dans la nuit du 9 juillet, ils étaient à peu près une centaine à se réunir à la maison de Cofi. Au milieu des discussions orageuses, ils ne réalisèrent pas qu’ils étaient encerclés par le Commandant Berger. Ils se dispersèrent rapidement et lancèrent un appel aux armes. Immédiatement, on battit la générale dans toute la ville. La garnison coloniale noire tenta de se soulever mais fut neutralisée à temps par un bataillon européen.

Il n’est pas évident que la conspiration de Cofi et la rébellion de la garnison Noire des Cayes furent planifiées en coordination avec l’insurrection de Corail. Il n’en demeure pas moins que ces mouvements coïncidèrent. S’ils n’avaient pas été découverts à temps, leurs répercussions auraient été considérables. Alors que les forces Noires étaient neutralisées aux Cayes, la contagion du mouvement de la Grand'Anse continua à se propager jusqu’à Léogâne où déjà Lamour Dérance organisait les marrons sous son autorité.

Pendant cet intervalle, l’assassinat d’un Blanc à Aquin, Casamajor, annonça la reprise de la rébellion armée. Exploitant l’effectif réduit des troupes européennes, Charles, un lieutenant Noir de la milice locale, s’empara du Fort de la ville avec un groupe de déserteurs. Le 27 Août, les insurgés occupèrent Saint-Louis. A l’injonction qui lui est faite par Laplume, Joussaume, le commandant Noir d’Aquin, refuse de marcher sur Saint-Louis. Il est arrêté, envoyé à Port-au-Prince et exécuté.

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