De confession musulmane, Jean William Jeanty représente dignement le département des Nippes au Sénat de la République. Homme rectiligne et de principe, il n'est pas du nombre des sénateurs imprévisibles qui changent de parti politique ou de camp à chaque conjoncture. Portrait d'un militant politique devenu sénateur de la République.
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| Le sénateur Jean William Jeanty | |
| (Photo: James Alexis) | |
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Parler de la vie du sénateur Jean William Jeanty est comme ouvrir une page d'histoire de la ville de Miragoâne ou du département des Nippes. Après ses études primaires chez les Frères de l'Instruction chrétienne, le jeune Jeanty est contraint de venir compléter le cycle secondaire à Port-au-Prince au collège Georges Marc. Puis il étudie le génie civil à l'université Ruben Leconte. C'est la seule longue période de séparation entre Jean William Jeanty et Miragoâne, où il a pris naissance le 20 juin 1959 dans une famille de six enfants.
Les années passées à Port-au-Prince apportent de grands changements dans la vie du Miragoânais. D'abord, il tourne le dos à l'Eglise catholique que son école et ses parents l'avaient contraint de fréquenter dans son adolescence. « Je suis resté loin de Dieu pendant une trentaine d'années », confesse le deuxième sénateur des Nippes, qui s'est converti à l'Islam depuis une quinzaine d'années. « Je suis redevenu croyant après avoir vécu des choses extraordinaires dans ma vie », indique celui qui se présente comme un homme simple et ouvert.
L'image de l'adolescent religieux et soumis que projetait Jean William Jeanty change peu à peu. Lecteur assidu, dès l'âge de 15 ans, des ouvrages sur les théories socialistes, et membre de plusieurs cellules clandestines de réflexion, le jeune Jeanty affiche des comportements qui étonnent ses parents. « J'ai dû à un certain moment laissé le toit familial pour incompatibilité de caractère avec mes parents », confie Jean William Jeanty, qui était à l'époque en avance sur beaucoup de jeunes de son âge. Sous la dictature des Duvalier, lire les ouvrages de Max, de Lénine et de certains auteurs haïtiens comme Gérard Pierre-Charles est assimilé à un crime de haute trahison par le pouvoir dictatorial de l'époque. Jean William Jeanty court de grands risques. Tout soupçon sur ces activités pourraient être fatale pour lui et ses parents qui, pour éviter d'être persécutés, restent loin de la politique.
L'article : http://www.lenouvelliste.com/articles.print/1/101017
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