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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Les Haïtiens et le créole

Publié par siel sur 8 Septembre 2011, 09:33am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Qaund je dis Haïtien je me réfère à la classe moyenne.

Les autres, la majorité, n'ont pas droit à la parole

sur un sujet qui les concerne en premier chef.

Les élites commerçantes, elles s'en foutent,

ce n'est ni leur problème, ni leur histoire.

Ca doit les faire marrer de voir les Haïtiens mariner dans leur marigot.

 

Sur les forums haïtiens de manière récurrente se présente le sujet créole/français.

Il y a les irréductibles francophiles

Leurs arguments se résument à : le créole n'est pas une langue.

C'est un patois.

"notre vernaculaire" qu'ils l'appellent avec une déléctation hébétée.

"Son orthographe ne tient pas la route, faut l'écrire comme le français"

  "le créole isole la population."

 

L'isole de quoi ? De qui ?

Des imbéciles qui veulent réinventer la roue ?

Les Japonais qui sont les seuls à parler leur langue sont-ils isolés ?

 

A celà les francophiles répondent.

Non, mais le japonais est une langue.

Evidemment, n'ayant jamais fréquenté de Japonais

et n'ayant  pas non plus  étudié le processus de formation d'une langue,

ils ne savent pas que le japonais de même que la culture japonaise,a fait de nombreux emprunts

à des langues étrangères dont le chinois principalement

et accessoirement l'anglais.

De manière intelligente, ils ont japonisé les mots étrangers.

Ce que font d'ailleurs les créolophones constamment.

 

Ce qui est étonnant c'est que ces "ennemis " du créole
écorchent  sans pudeur la langue française

Ils et eIles font très  souvent  des contre sens.

Un exemple : la Madone des Zen a interprété le mot "perle" dans un de ses commentaires

comme une appréciation.

Pour elle, une perle c'est joli- comme dans  Haïti perle des Antilles.

- qui n'était pas jolie du tout-

Elle ignore que perle peut avoir une différente acception et signifier une sottise.

Du coup, la voilà se vantant de ses perles.

An mwe !

 

Ces contre sens sont nombreux sur les forum haïtiens

sans parler de l'affichage de galimatias, conséquence d'un vocabulaire

et de concepts mal maîtrisés  VOIR «...les différentiels interindividuels de gains qui sont les conséquences en termes d’appréciations salariales ...»

 

L'usage fréquent, quasi général d'un français, ronflant

paré de  vocables inapropriés

enlève tout sens au discours

augmente confusion et charivari

torpille la circulation des idées

et aide à la stagnation et au conservatisme de la société haïtienne

 

Duvalier François dans son programme de création d'un pays à l'envers

est parvenu à  inculquer aux Haîtiens  que son modèle d'imposteur

: le mec qui se campe en révolutionnaire et qui n'est qu'un simple margoulin revanchard

est  un idéal indépassable.

 

Les Haïtiens de la classe moyenne

n'ont pas assimilé que leur  langue fait partie du patrimoine national

et que ce n'est pas en parlant un français bannann  comme Duvalier François, qu'ils deviendront

Français et civilizés.


Ils se raccrochent pathologiquement au temps de" la Perle des Antilles"

où leurs ancêtres étaient des esclaves créolophones

et où leurs  maîtres parlaient français.

 

Dans ces cerveaux de coconut, deux siècles et quelques années plus tard

rien n'a changé.

Parler français c'est s'identifier au maître = être "civilizé"

pareler créole c'est s'identifier à l'esclave = être barbare.

 

Il n'y a rien à faire.  Ils n'ont pas lu Césaire ni Fanon,  ni Jacques Stephen Alexis, ni Galeano, ni...

D'ailleurs ils ne lisent pas.

Ils jaquottent.

Ce pourquoi Duvalier François leur avait interdit la lecture de livres "subversifs"

et leur avait refiler son catéchisme duvaliérien, lequel à son avis, devait suffir

à cette classe moyenne "reformatée".

Il suffisait d'apprendre par coeur et de répéter.

 

Ils sont incapables de saisir la beauté, l'exploit que révèle la création d'une langue

par des gens jadis considérés comme moins que des biens meubles;

Un exploit dont il faudrait être fier, le porter à bout de bras et l'imposer au monde

se transforme comme la révolution de 1804 en une tare.

 

Les duvaliéristes prétentieux, grandiloquents et arrogants aux gros ventres

jouent un rôle important dans ce rejet du créole.

Ils ont sué pour apprendre le Français et devenir des "personnages,"

Duvalier leur a offert quelques bourses pour qu'ils arrivent à ce qu'ils sont aujourd'hui.

Pas question que de nouveaux venus créolophones viennent challenger

ces majestées enflées.

 

Par contraste, quand on lit le français de ceux qui maîtrisent leur langue maternelle

et sont capables de l'écrire correctement

il n'y a pas photo.

Dans les deux langues fançais/créole ils s'expriment correctement

avec aisance.

Et leurs idées sont structurées. Elles vont de l'avant.

A contrario celles des francophiles tournent en rond petit patapon

quand elles ne font pas du sur place.

 

Un pays dans lequel les idées des lettrés font du sur place

parce qu'ils n'on pas les moyens, les termes, le vocabulaire, les expressions

nécessaires au développement et à l'enrichissement de leurs pensées et analyses

a pour conséquences directes l'obsucurantisme.

 

Et la formation d'une corporation d'alphabétisés/bétifiés

de frusrés, revanchards et agressifs à la Duvalier .

  Puisque crispés sur le parler français à tout prix

au dépens de  la réalité de leur créolophonie.

 

Parler un français bannan pour les duvaliéristes

représentent une rente à vie, l'assurance du maintien

du statu quo qui leur offre des miettes

en monnaie sonnante et trébuchante.

 

Voici la conclusion que j'ai tirée à la lecture des arguments des francophiles :

l'éducation en créole représente une menace contre leur statut de "neg save"

contre leurs bourses et leur pouvoir avec l'arrivée d'une génération de créolophones brillants

capables de maîtriser plusieurs langues.


 Une menace contre la prétention généralisée des élites intellectuelles

et l'exploitation des élites commerçantes.

Bref,  une attaque contre une rente de situation dominante à vie,

le rêve des duvaliéristes, aujourd'hui retrouvé avec leur président Martelly.

 

Ce sont  donc des enjeux économiques qui sont derrière

cette défense pathologique de l' enseignement en français;

et pas du tout comme ces comédiens le prétendent

le souci de permettre à la population de s'émanciper.

 

 

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