J'ai lu ça sur le site de Alterpresse :
"Le chef de l’État haitien a confié cette semaine à la presse que la probabilité de ce séisme qui pourrait être encore plus important que celui du 12 janvier de magnitude 7,3 constitue une de ses plus grandes préoccupations.
Préval indique que le tremblement de terre de janvier a fait 300.000 morts, 300.000 blessés et détruit 250.000 maisons.
Les régions les plus exposées sont l’Ouest, le Sud-est, le Nord, le Nord-est et le Nord-ouest, souligne le président, qui indique que le gouvernement se penche sur la situation avec le concours d’experts des Nations-Unies.
Selon Préval, les démarches gouvernementales visent à l’établissement d’un plan de prévention. « Le délai est court, il faut faire vite », a insisté le chef de l’État. "
VOIR : http://www.alterpresse.org/spip.php?article9443
Je me suis demandée, comme tout un chacun, d'où pouvaient venir les affirmations d'une telle précision de M. Préval.
Un tour sur le site de l'USGS ( US Geological Survey)
à la rubrique : Information sur les tremblements de terre dans le monde par pays.
World Earthquake Information by Country/Region
Et à mon grand étonnement, Haïti ne figure même pas dans la liste des pays étudiés.
VOIR http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/world/
Bizarre, bizarre, surtout après le séisme du 12 janvier.
Ne me décourageant pas pour autant, je poursuis ma recherche et je trouve ceci :
Can We Predict Earthquakes?/ Peut-on prévoir un tremblement de terre ?
"The recent, devastating earthquake in China has sparked discussion about whether earthquakes can be predicted. USGS scientist Mike Blanpied sets the record straight on what science is capable of."/Le récent tremblement de terre dévastateur en Chine a soulevé une discussion sur les possibilités de prévoir ou pas les tremblements de terre. Le scientifique Mike Blanpied a expliqué clairement de quoi la science était capable.
Voici ce que dit donc clairement le scientifique Mike Blanpied à propos de prédiction.
"I simply want to make the point that well we don't have a method for predicting earthquakes as discussed. There is grounds for optimism. There is increased amounts of data, new theories and powerful computer programs and scientists are using those to explore ways that earthquakes might be predicted in the future. We can certainly hope that someday we'll be in a world where an earthquake can be anticipated and predicted before it occurs"/ Je voudrais simplement confirmer que nous n'avons pas de méthode pour prédire les tremblements de terre. Nous avons des pistes. Il y a un grand nombre de rapports, de nouvelles théories et des programmes d'ordinateurs puissants que less scientifiques utilisent pour chercher comment prévoir dans le futur des tremblements de terre. Nous pouvons espérer qu'un jour nous serons dans un monde où les tremblements de terre pourront être anticipés et prévus avant qu'ils n'arrivent.
VOIR : http://www.usgs.gov/corecast/details.asp?ID=76
Pourtant, paradoxalement, il a été dit que deux ou 3 personnes ont prévu le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti.
Parmi elles, M. Dieuseul Anglade, directeur du bureau des Mines en Haïti,
et un certain M. Paul Mann, géologue, lors d'une conférence en Haïti.
Laissons tomber pour l'instant, le cas de M. Dieuseul Anglade. Nous y reviendrons par la suite.
Voyons qui est ce M. Paul Mann et ce qu'il dit :
Since 2002, much of the support for my research has come from the oil industry. I have co-led two multi-year projects funded by a consortia of oil companies. From 2002-2006, Lesli Wood (UT Bureau of Economic Geology) and I led the DM2 project that focused on the Trinidad area. From 2005 to the present, Alejandro Escalona (UT PhD, 2003, now Associate Professor, University of Stavanger, Norway) and I are leading the Caribbean Basins, Tectonics, and Hydrocarbons Project (CBTH) that covers a much larger geographic area of the Caribbean region:
Depuis 2002, la plus grande partie de mon financement (support) vient de l'industrie du pétrole. J'ai co-dirigé 2 projets à long terme subventionnés par un consortium de compagnies de pétrole. De 2002-2006, Lesli Wood (UT Bureau de Géologie Economique) et j'ai dirigé le projet DM2 focalisé dans la région de Trinidad. De 2005 à aujourd'hui, Alejandro Escalona( UT Phd, 2003, actuellement Professeur associé à l'Université de Stavanger en Norvège) sommes à la tête du Projet Bassin Carribéens, Tectoniques et Hydrocarbones (CBHT) qui couvre une partie géographique plus importante de la région de la Caraïbe.
Donc, M. Paul Mann, qui se trouvait en Haïti en mars 2008 où il assistait à une Conférence de Géologie de la Caraïbe fait des recherches sur la Caraïbe, recherches financées essentiellement par les compagnies de pétrole.
VOIR http://www.ig.utexas.edu/research/projects/cbth/
Vous pouvez également trouver une carte des ressources minières de a Caraïbe et de l'A du Sud, ici :
http://www.ig.utexas.edu/research/projects/caribbean/publications/Nelson_minerals_Carib_2008.jpg
Cette carte date de 2008 et au niveau d'Haïti comporte les terrains aurifères exploités actuellement
par Eurasian Minerals.
Enfin en ce qui concerne les "prédictions" prétées par la presse à M. Paul Mann, ou à d'autres personnes, voici ce que dit ce même M. Paul Mann lui-même :
"All attempts to precisely predict the exact date of major earthquakes on the many plate boundaries and seismically active intraplate aeras on the planet have ended in failure." Toutes les tentatives pour prédire précisément la date exacte d'un important tremblement de terre sur toutes les régions sismiques de la planête ont été des échecs."
Il ajoute :
Since we could not determine the exact date of the future rupture based on the available information, our work was not an earthquake “prediction”. A better term to describe the study would be “forecasting”, similar to the way this term is used by meterologists, who “forecast” future weather trends but cannot “predict” exact weather conditions on specific dates weeks or months into the future./ Vu qu'il est impossible de déterminer une date dans le futur à partir des informations que nous avons, notre travail n'était pas une "prédiction" de tremblement de terre. Un meilleur terme serait "estimation", comme celui utilisé par les météologues, qui font une estimation des prochaines tendances climatologiques mais ne peuvent pas "prédire" le temps exact qu'il fera à telles dates, semaines ou mois dans le futur.
Donc, contrairement à ce qui a été répété dans la presse, M. Mann, qui, comme on l'a vu, travaille sur la géologie de la Caraïbe en même temps qu'il repère pour ses sponsors d'éventuels champs pétrolifères, n'avait pas prédit de tremblement de terre. Il avait "estimé" que ce tremblement de terre pourrait arriver. Ce que pour ma part, je trouve déjà surprenant, une telle coïncidence entre l'estimation en 2008 et la matérialisation en 2010. Mais, ça c'est un autre débat.
Par contre, que penser de cette "prédiction" de M. Préval, qui défie toutes les connaissances scientifiques en la matière ?
Un don de voyance ?
Une information "top secret" ?
En tous les cas, si d'après la "prédiction" de M. Préval, Haïti devrait subir dans peu de temps un tremblement de terre bien plus violent que celui du 12 janvier, et que selon cette même "prédiction", quasiment l'ensemble du pays serait touché, le peuple haïtien pourrait se demander, vu l'état du pays trois mois après le séisme, comment le Président d'Haïti compte répondre à cette menace selon lui imminente ?
En instaurant l'état d'urgence pendant 18 mois ?
En vidant les zones à risques de leur population ?
C'est à dire de" l’Ouest, le Sud-est, le Nord, le Nord-est et le Nord-ouest,"
En appliquant le plan de reconstruction proposé par l'international ?
C'est-à-dire, reconstruire "vite" avant que tout ne soit rapidement détruit à nouveau ?
Ou bien planter "vite" des mangos, des routes, des ports
des sweatshops, des zones franches, des installations minières, dans les zones à risque
auparavant vidées de leur population ?
Bizarre, bizarre...et à suivre avec une attention redoublée.
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